‹ Le succès; questions de l'année 1866Chapitre 151 sur 205 · LES DROITS DE LA LOGIQUE · texte numérisé non relu

LES DROITS DE LA LOGIQUE

22 8ept<^mbre 1866.

Le journal qui s'est donné la tâche d'être l'organe de la majorité du Corps législatif, le PaySy traduit ainsi la situation actuelle de la France :

« L'opinion publique approuve les agrandissements de la Prusse et de ritalie; et^ par cela même qu'elle les approuve^ elle croit nécessaire de les imiter. On peut donc^ selon nous^ caractériser ainsi les préoccupations de la France : attente générale et confiance profonde. »

Nous, nous traduisons ainsi cette situation :

Attente générale et instabilité profonde.

Et conmient ne serait-ce pas l'instabilité, quand c'est la menace suspendue au-dessus de la tête de quatre souverains et d'une république :

Le roi des Belges,

Le roi de Hollande,

Le roi de Bavière,

Le roi de Prusse,

La république helvétique?

Autant nous eussions compris que la France jouât, au mois de mai 1866, la partie telle que nous l'avions indiquée

dans l'article intitulé : trois contre un ; partie jouée sans aucun risque, sans aucun péril; partie jouée en toute sûreté, autant nous comprenons peu la politique qui consiste à annoncer ce qu'elle ne fera pas,, à menacer sans frapper, à ébranler sans renverser, à assenibler des nuages pour Tunique satisfaction de faire Tobscurité.

Croit-on que le comte de Bismark fût arrivé à ses fins comme il y est arrivé sans laisser à l'opposition européenne le temps de se condenser, si, l'an 1865, il eût bruyamment et inconsidérément annoncé à l'Europe qu'il imaginerait contre l'Autriche un prétexte qile celle-ci aurait l'ingénuité et l'imprudence de rendre plausible; que ce prétexte motiverait la guerre; que la guerre donnerait la victoire la plus éclatante à l'armée prussienne sur l'armée autrichienne; que cette victoire mettrait aux pieds du roi de Prusse plus que l'hégémonie de l'Allemagne, puisqu'elle ne tardera pas à placer sur sa tête la couronne d'empereur des Allemands?

S'il fallait chercher la pensée du gouvernement français dans les gros mots signés par les trois rédacteurs en chef que Mé le ministre de l'intérieur a autorisés les derniers, à savoir : MM. Frédéric Terme, Auguste Vitu et Granier de Cassagnac, notre avis est que ce serait à la fois de la politique à contrefiens et à oontre-tempse

Le doute que nous venons d'exprimer, le doute qui nous Assiège ne fût pas entré dans notre esprit, si l'auteur de la circulaire du 16 septembre, tenant à honneur de ne pas se contredire, eût osé résolument conclure au désarmement à l'américaine au lieu de Conclure à l'armement à la prussienme.

La logique ne perd jamais ses droits.

La suprême sanction de toute afflrmation, c'est raccord des actes avec les paroles. De bonne foi et raisonnablement, que faut-il attendre des paroles lorsqu'elles sont démenties par les actes?

Page 1