‹ Le succès; questions de l'année 1866Chapitre 174 sur 205 · ENSEMBLE · texte numérisé non relu

ENSEMBLE

Habitants Autriche 37,000,000

37,«oo^oao

Et ce que nous savons, ce que nous avons appris, ce que nous avons puisé à bonne source nous permet d'ajouter et d'affirmer que, même après la signature de son traité d'alliance avec l'Italie, très-certaiuement la Prusse n'eût pas encore osé affronter les risques d'une guerre contre l'Autriche si Ma le comte de Bismark n'avait pas cru pouvoir compter sur la neutralité de la France.

Nous l'avons dit en mars 1866, et nous le répétons en novembre 1866 sans craiadjpe, <^tée f^iiiSi) d'être conti^dit : Si la

La RIVAfclTÉ D'ALLIANCES 4t»

ï'raiicé eût hatltcmetit dètJlaré qu'elle «'ûnij^it à TAutriôbe dans le cas où TAutriche serait attaquée par la Prusse, ou qu'elle s^unirait à la Prusse daus le cas où la Prusse serait Ëittaquéé par rAutriche, la guerre ne se fût pas allumée. La Praûce est donc fondétô à dire au nouvel empire allemand qui se lève : « Votre unification est l'œuVré de ma neutra* lité. ))

On le voit, tous les faits, sans en excepter les plus récents, confirment l'exactitude des observations d'où nous avons tiré Tart de prévenir la guerre.

ID novembre 1866.

La Prusse et la Russie s'unissant, complétant à elles deux le chiffre de cent millions d'habitants et devenant ainsi les maîtresses de la destinée du reste de l'Europe, tel est le risque qu'il faut prévoir.

Si la solennité que la France a mise à annoncer la réorganisation de son armée et le remplacement en toute hâte de ses anciens fusils par des fusils nouveaux, des fusils Chassepot, a eu pour effet de jeter précipitamment la Prusse dans les bras de la Russie, il ne faut pas se le dissimuler, c'est un très-grave événement , car ce serait pour le coup qu'il y aurait rupture complète de l'équilibre européen, sans possibilité de le rétablir. Où trouver les cent millions d'habitants à opposer aux cent millions de l'aUiance russo-prussienne?

Il y a des instants décisifs dans la vie d'une nation : ce sont ceux où les fautes commises deviennent irrréparables.

Qu'il s'agisse de peuples ou qu'il s'agisse d'individus, les fautes qui s'amassent composent une mesure qu'on peut atteindre sans danger, mais qu'on ne saurait dépasser sans péril.

Or, plus nous regardons de près dans le jeu de nos adversaires actuels ou futurs, et plus nous nous affermissons dans la conviction qu'il n'y a plus pour la France d'autre bonne politique extérieure qu'une bonne politique exclasivement intérieure.

II n'y a effectivement qu'une bonne politique exclusivement intérieure qui puisse étouffer dans son germe ou paralyser dans ses mouvements l'alliance russo-prussienne : car, si nous nous trouvions aux prises avec eUe, que vaudrait l'appoint de l'Autriche et de l'Italie, en admettant que nous pussions compter sur cet appoint?

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