L'ARMEMENT DE LA PAIX
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Le journal la France se trompe fort s'il croit que, pour nou6 faire taire, il suffit de nous crier à tue-tête que nous âommes l'Absolutisme.
Ce nom n'a rien qui nous effraye.
n y a absolutisme ef absolutisme.
Il y a l'absolutisme qui prohibe la liberté ou qui la tolerô, h son gré ; cet absolutisme, c'est le despotisme, C'OSt l'arbitraire ; nous le détestons, nous le repoussons.
S y a l'absolutisme qui admet la liberté ftu même titr^ due le potttoir, et qui lui reconnaît les mêmes droits ; cet absoW tîsme, c'est le pouvoir non divisé et la liberté itidivii^ible Se mouvant parallèlement dans leur orbite ; ô'èst Ifit liberté du pouvoir et le pouvoir de la liberté ; c'est, en d'antres termes , le pouvoir viril et la liberté féconde. Cet absolutisme. C'est le ndtre. Lorsque nom disons : û'i»t le n6tre, nous nons trompons; c'est celui d^ Tut^ot^ le seul véritablement ^nd minis^ q«e la France ait jamais en, etqtd, s'il n'eût pas, en 1776^ été indignement chassé comme n'étont qu'un t( ûhatkttan étadmi^ mêtrationn^ eût été la Révolution de il9è avec tous ses bienfaits et ses progrès, sans ses excès et ses désastres, la Révolution tu^ télaîre desoendanidu trône jûsqa!à la rue, au lieu de la Révolo-
tioQ populaire, montant de la rue jusqu'au trône et le renversant.
L'injuste article auquel nous avons à répondre est intitulé : l'absolutisme financier. Cet article irréfléchi nous accuse d'avoir déserté l'école libérale pour passer dans les rangs de l'école dictatoriale.
Cette accusation se fonde sur ce que nous sommes de l'avis de M. de Persigny contre M. Fould, au lieu d'être de l'avis de M. Fould contre M. de Persigny.
M. Fould est ministre des finances , ef M. de Persigny n'est plus ministre de l'intérieur; ce n'est pas une raison pour que nous cessions de penser et de soutenir ce qu'en 1836, le premier et le seul à cette époque, nous pensions et nous soutenions ; ce qu'en 1847 nous pensions et nous soutenions encore contre M. Thiers attaquant M. Duchâtel.
Le journal qui nous accuse déclare qu'un grand emprunt destiné à l'outillage de la France, appliqué à l'armement de la paix, ce serait « la dictature de tÉtatj ce serait t absolutisme financier » ; sa doctrine, c'est qu'il faut laisser exclusivement à (( r initiative industrielle^ à la liberté du travail r^^ le soin de compléter nos chemins de terre, nos chemins d'eau, nos chemins de fer, d'améliorer nos ports, de mettre les populations à l'abri des inondations, etc., etc.
Soit I mais alors que l'État renonce à sa tutelle ; qu'il ne soit plus tuteur !
Pas de demi-tutelle !
Qu'il restitue aux conctmunes leur entière liberté : liberté d'élire leur maire, liberté de s'administrer à leur gré, de s'im* poser ou d'emprunter à leur choix.
Qu'il rende aux contribuables la liberté de se réunir, la liberté de s'associer, la liberté, sous toutes les formes, de dire ce qu'ils pensent.
Qu'il cesse de tout réglementer : les banques, la Bourse, les agents de change, les marchés à terme, le taux de l'intérêt de l'argent, etc., etc., au risque de tomber dsmsles contradictions les plus grossières et les inconséquences les plus monstrueuses.
Que nous ayons toutes les libertés locales et personneDes dont jouissent les Anglais, les Américains, les Belges, les Italiens, les Suisses, et nous tiendrons volontiers l'État pour
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quitte et libéré. Ce qu'il y aura à faire, Tinitiative individuelle le fera pleinement.
Mais ces libertés nécessaires, les avons-nous? Avons-nous le pouvoir qu'elles nous donneraient d'empêcher les interventions armées, les inmiixtions inconsidérées et les expéditionB lointaines traînant derrière elles les emprunts écrasants et l'instabilité, plus écrasante encore que les emprunts ?
Il faut opter :
Un régime ou l'autre !
Ou la tutelle ou la liberté ;
Ou la centralisation ou la décentralisation.
Pas de mélange qui fasse que l'on n'ait pas les avantages et que l'on ait les inconvénients des deux régimes opposés.
Maïs c'est précisément ce que ne comprend pas le journal la France. Il confond et mêle tontes les idées, même ceQes qui 6ont incompatibles entre elles ; et lorsqu'il les cite, il les dénature.
Ainsi il imprime en grosses lettres et nous fait dire :