‹ Le succès; questions de l'année 1866Chapitre 184 sur 205 · PRODUIT NET · texte numérisé non relu

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Le 1*' janvier 1862, les États-Unis à eux seuls comptaient 55,589 kilomètres de chemins de fer, tandis que V Europe tout entière n'en comptait encore que 55,681 .

C'est dans cette immense impulsion donnée par les États- Unis à toutes leurs voies de circulation, et non aÛleurs, que se trouve Texplication de leur immense puissance financière, si mal comprise par M. Cucheval-Glarigny. Si la France souhaite d'approcher de leur prospérité, elle fera comme eux ; si elle veut se consumer dans le marasme et chercher dans la guerre le remède à ce marasme, elle fera ce que lui conseille le rédacteur en chef actuel de la Presse,

Qu'importe de quelle façon le budget d'un État s'aligne et se solde ! Ce qui importe, c'est que l'impôt rende au contribu€d)le plus qu'il ne lui prend ; ce qui importe, c'est que l'impôt n'appauvrisse pas l'imposé; ce qui importe, c'est qu'il l'enrichisse !

Que l'impôt soit judicieusement assis et économiquement perçu; et, s'il n'est pas détourné de son cours, loin de tarir la richesse publique, il fera l'abondance du travail, comme l'irrigation qui arrose les prairies fait l'abondance du bétail. S'il est mal employé, l'impôt, si faible qu'il soit, sera excessif; s'il est bien employé, l'impôt, si considérable qu'il soit, ne sera jamais pesant. Ne nous lassons pas de le répéter : ce qui importe, ce n'est pas le chiffre de l'impôt, c'est son emploi encore plus que son assiette, ce qui n'est pas peu dire ; car l'assiette de l'impôt est au contribuable ce que la selle est au cheval, qu'elle blesse ou qu'elle préserve, selon qu'elle a été bien ou mal placée.

Le mot de fétichisme appartient à M. Cucheval-Glarigny.

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Un fétichisme auquel il serait bien temps de mettre fin, c'est le fétichisme du budget, lequel consiste à se prosterner la face contre terre devant ce faux dieu qui se nomme l'Équilibre financier et qui va de pair avec TÉquilibre européen, comme dans rOlympe le dieu Vulcain allait de pair avec le dieu Mars, son frère.

Quand donc en finirons-nous avec Targot financier et les superstitions financières !

Supprimons sans retard et sans pitié toutes les dépenses inutiles, et n'ajournons ni ne marchandons aucune dépense profitable! Toute dépense profitable n'est jamais qu'une avance, et l'impôt, lorsqu'il agit comme semence, est, en effet, le meilleur des placements. Qui commanditera la France si ce n'est pas elle-même?

Notre conclusion est celle-ci : Beaucoup, beaucoup de travaux publics et pas d'expéditions lointaines ni d'interventions inconsidérées! Beaucoup, beaucoup de bras employés aux chemins communaux, aux routes, aux chemins de fer, aux canaux, aux ports, aux bassins de radoub, aux travaux d'irrigation et de drainage, à l'assainissement des communes urbaines et rurales, même à l'embellissement des villes ! Aussi peu de bras que possible occupés au maniement du fusil et au balayage des casernes !

Le fétichisme des travaux publics ^ — qu'on retienne bien ce que nous allons dire! — il n'y a plus que ce que M. Cucheval- Clarigny nomme ainsi et que ce que, nous, nous nommons la glorification de la paix, qui puisse serrer le frein et arrêter la France sur la piente fatale où nous la voyons près de rouler et de verser dans le gouffre.

M. Paulin Limayrac l'a proclamé il y a quelques jours, dans le Constitutionnel y à son de clairon ! A propos de la réorganisation de l'armée, complétant Vinscription maritime et soumettant à Vinscription territoriale et à l'apprentissage des armes TOUS les Français valides âgés de vingt ans, il a dit : « Ce sera le réveil en France de V esprit militaire )> .

Nous ajoutons :

Le réveil en France de l'esprit militaire, ce sera la guerre contre la Prusse.

La guerre contre la Prusse, ce sera l'alliance de la Prusse avec la Russie.

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