LE FÉTICHISME DES TRAVAUX PUBLICS
L'alliance de la Prusse avec la Russie, ce sera la contrepartie de l'alliance de la France avec l'Angleterre et le Piémont en 1854; ce sera la revanche et la condamnation des victoires de l'Aima et de Sébastopol; ce sera la destruction de l'œuvre du Congrès de Paris de 1856, œuvre que la Russie déteste à l'égal de la haine que la France porte à l'œuvre du Congrès de Vienne de 1815; enfin, ce sera peut-être la remise aux mains de la Russie des clés du détroit des Dardanelles et de Constantinople , sans aucune compensation pour la France !
Et lorsque l'on ne marchanderait pas à une guerre inégale contre la Prusse et la Russie les milliards que nous coûterait cette guerre, on marchande les millions à la paix, qui ne durera que si l'on n'épargne rien pour la glorifier !
C'est stupide.
Le rédacteur en chef de la Presse^ ancien rédacteur en chef du Constitutionnel et ancien rédacteur principal de la Patrie^ M. Cucheval-Clarigny repousse avec hauteur et dédain l'intervention de l'État dans les travaux publics, intervention qui n'a lieu, dit-il, ni en Angleterre ni aux États-Unis.
Cela est vrai, aux États-Unis et en Angleterre l'État n'est pas tuteur, mais aussi la nation n'y est pas mineure.
Un régime ou l'autre I
Nous ne demandons pas mieux, pour notre compte, que de renoncer à la tutelle de l'État, mais alors que la nation soit déclarée majeure ! qu'elle entre en possession d'elle-même ! qu'enfin elle soit libre ! qu'elle ait la liberté de la commune ! qu'elle ait la liberté de réunion et d'association !
Pas plus qu'un particulier, un peuple ne saurait être ni mineur à demi, ni majeur à demi.
Ou que l'État ne fasse rien, ou qu'il fasse tout !
Encore une fois, un régime ou l'autre !