‹ Le succès; questions de l'année 1866Chapitre 186 sur 205 · LA QUESTION ROMAINE · texte numérisé non relu

LA QUESTION ROMAINE

22 novembre 1866.

La stricte exécution de la convention du i5 septembre 1864, c'est-à-dire la ponctuelle évacuation de Rome par nos troupes, a cessé d'être une question; mais ce qui en est encore une, c'est de savoir si, après le départ des régiments français, le pontife souverain pourra rester à Rome ; et, s'il y reste, combien de temps il y pourra prolonger son séjour et sa souveraineté temporelle.

Notre avis est que les Italiens feront bien d'user de toute leur influence sur les Romains pour convaincre ceux-ci qu'ils auraient plus à perdre qu'à gagner en faisant violence au temps. Le pape Pie IX est né le 13 mai 1792, donc il a soixantequatorze ans : pourquoi ne pas attendre patiemment que le pouvoir temporel s'éteigne en sa personne? Son âge ne commande-t-il pas ce ménagement? Souvent on regrette de n'avoir pas eu assez de respect et de patience, jamais d'en avoir eu trop.

Nous, qui n'avons à compter avec aucun parti, nous oserons dire la vérité. Or la vérité, c'est que la chute prématurée du trône pontifical serait pour le roi d'Italie un embarras au moins aussi grand que pour l'empereur des Français.

Rendons-nous-en compte par une hypothèse : supposons le fait accompli; supposons qu'un mouvement ait éclaté à Rome ; supposons que ce mouvement ait eu pour conséquence le départ, la fuite du pape ; supposons que le plébiscite dont il

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