LES NEUTRES DE FAIT
16 décembre 1866.
Le journal la France publie un excellent article sous ce titre ; les neutres de droit. Il donne à la Suisse et à la Belgique les conseils les plus paternes ; il leur dit :
« Tous préparatifs d'armement en Mie du dehors est une renonciation à la neutralité. Dès que cette pensée se manifeste avec un caractère d'authenticité officielle, toute puissance a le droit de dire :
« Vous violez les traités; c'est contre moi que vous vous préparez à » la guerre. Et il me plaît d'affirmer (et vous n'avez aucun moyen de le » nier) que c'est en faveur de mes ennemis éventuels que vous pré- )) méditez d'abandonner votre neutralité de droit. »
» Probablement, si ces pensées viennent aujourd'hui à quelques es* prits, ce n'est pas aujourd'hui qu'on les manifestera; mais qu'il en soit pris note, qui pourrait en douter?
» Venant de France, ce que nous écrivons ici ne saurait être équivoque pour nos deux voisins, neutres de droit. La France touche à la Belgique et à la Suisse par des populations non-seulement sympathiques, mais presque homogènes de langues, de mœurs, d'intérêts. Pourquoi donc, dans le discours du président du Conseil fédéral, pourquoi dans tous les discours prononcés en Belgique, à propos de récentes solennités, ces annonces d'armement et ces notes retentissantes de clairons patriotiques? Encore une fois, ce patriotisme commet la plus étrange et la plus périlleuse méprise. Il déchire les traités protecteurs des neutres. »
Très-bien pensé et très-bien exprimé I Mais ce qui s'applique