UN CONGRES
8 avril 1866.
Quoiqu'il n'ait été suivi d'aucun effet, quoiqu'il n'ait reçu de la part de l'Angleterre, représentée par son ministre des affaires étrangères, lord John Russell, qu'un refus blessant, l'appel adressé le 4 novembre 4863 aux souverains n'en restera pas moins l'un des actes les plus mémorables du règne de l'empereur Napoléon III.
L'insuccès d'une tentative ne prouve pas plus qu'elle n'était pas grande que le succès ne prouverait qu'elle était juste.
iMaintenant ce sont les journaux anglais, c'est le Daily News et le Daily Telegraph qui insistent sur la nécessité et l'urgence du congrès, dont l'idée fut si inconsidérément repoussée il y a trois ans par la presse britannique. Qu'ils persistent, et ils peuvent compter sur notre concours le plus énergique et le *plus persévérant, car les idées qui nous ont rallié n'ont paè de plus intrépides et de plus fidèles défenseurs que nous !
S'il faut au congrès européen, qui a tant de motifs impérieux de s'assembler, un prétexte plausible, que la question qui divise l'Autriche et la Prusse et menace d'armer ces deux puissances rivales l'une contre l'autre soit ce prétexte ! Aussi bien, l'affaire des duchés de l'Elbe est une affaire incontestablement européenne.
Elle est européenne par le traité conclu à Londres avec le Danemark, le 8 mai 1852, traité signé par le baron de Ku-
UN CONGRÈS 9i
beck pour TAutriche, par le comte Walewski pour la France, parle comte de Malmesbury pour T Angleterre, par M, Bunsen pour la Prusse, par le baron de Brunnow pour la Russie, et enfin pour la Suède et la Norvège par le baron de Rehausen, Elle est européenne par le considérant de ce traité contracté entre sept puissances, et conçu en ces termes :
« Considérera que le maintien de Viniégrité de la monatthiie dmunse,
ut AUX INXéBÊTS GÉNÉRADX DE L'ÉQUILIBRE EUROPÉEN^ OSt d'unC hOUtê
importance pour la conservation de la paix,.. »
Elle est européenne par les accessions successives du Wurtemberg, de la Hesse-Électorale et du Hanovre au traité de Londres.
Elle est européenne par cette déclaration formelle de M. de Bismark à la tribune de la Chambre des députés prussiens, dans la séance du !•' décembre 1863 :
a La position de la Prusse est réglée en premier lieu par le traité de Londres de 1852. On peut regretter qu'il ait été signé; mais il Ta été, £T l'honneur, cohme la phudëncEj commande que nous ne laissions