‹ Le succès; questions de l'année 1866Chapitre 49 sur 205 · L'AKMÉE DE LA PAIX · texte numérisé non relu

L'AKMÉE DE LA PAIX

30 avril 1866.

Le journal la France^ qui est pour la paix armée^ n'est pas pour Varmée de la paix. ■

Il n'approuverait pas que le gouyernement français fît entendre ces paroles viriles autant que pacifiques :

« Quelle que soit la puissance qui attaquera^ je me rangerai immédiatement du côté de la puissance attaquée. »

Selon le journal la France, parler ainsi ce serait « interve- )) nîr, ce serait ajouter gratuitement une complication à toutes }) les complications qui existent déjà en Europe, sans que la » France pour cela eût à défendre son honneur et ses inté- » rets. »

De la part de la France, ce langage a lieu de nous étonner.

Lorsqu'il s'agissait, en 1863, d'intervenir en Pologne et de déchaîner la guerre en Europe, ce journal n'avait pas les scrupules qui paraissent le retenir lorsqu'il s'agit d'assurer la paix et de l'empêcher d'être troublée de la façon la plus grave ; car nul ne peut prévoir, nul ne peut dire où s'arrêterait la guerre, si elle éclatait entre l'Autriche et la Prusse, celle ci ayant avec elle ritalie.

La France entretient une armée qui lui coûte plus de i million par jour, conséquemment plus de 365 millions par an, et qui soumet chaque année cent mille hommes, la fleur de sa jeunesse, Télite de sa population, à l'obligation du tirage au sort. Si cette armée ne sert pas à diriger la guerre, qu'elle serve donc à quelque chose ! qu'elle serve à maintenir la paix!

Pour toute réponse à la Franoe, nous nous bornerons à lui poser cette simple question :

Oui ou non, croit-elle que la Prusse osât attaquer TAutriche, oîi que l'Autriche osât attaquer soit la Prusse, soit l'Italie, si la Prusse et l'Autriche étaient l'une et l'autre certaines que la France prendrait immédiatement la défense de la puissance attaquée contre la puissance offensive?

Si le journal la France est de notre avis, si le journal la France croit, avec le journal la Liberté^ que dans ce cas l'Autriche pas plus que la Prusse, et la Prusse pas plus que l'Autriche, n'oseraient tirer l'épée du fourreau, ce serait alors que l'armée française mériterait de s'appeler glorieusement : l'armée de la paix.

S'il en était ainsi, peut-être cesserions-nous de regretter les 367 millions qu'elle coûte par an I

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