SI VIS PACEM, PARA PACEM
fiter de Foccasion propice offerte par les notes comminatoires adressées à TAutriche par le comte de Bismark, notes hautaines, presque insolentes; il n'y avait qu'à insister pour que, placée entre la cession du Holsfein à la Prusse et la cession de la Vénétie à l'Italie, le gouvernement autrichien se prononçât pour cette dernière.
Nous connaissons l'objection de l'empereur d'Autriche, la voici textuellement :
« Si Ton veut m'enlever la Vénétie, qu'on l'essaye ; si le sort des armes décide contre moi, je m'y soumettrai; mais je n'aurai pas failli à l'honneur de ma couronne, qui ne me permet pas de souscrire à un arrangement en vertu duquel l'Autriche serait, tôt ou tard, éloignée de la mer et cesserait d'être une puissance maritime. »
A cette objection, la France répondait :
« Vous garderez Trieste, qui vous sera garanti par un traité que l'Europe tout entière sera invitée à signer; et, loin de cesser d'être une puissance maritime, de petite puissance maritime que vous êtes, vous en deviendrez une grande par la pleine possession du cours du Danube, qui vous donnera accès sur deux mers, la mer Noire et la Méditerranée. Ce sera vous qui serez la gardienne de la neutralité des Dardanelles, le jour où, d'elles-mêmes, tomberont -des mains du sultan les clés du détroit. A nous trois, l'Autriche, la France et l'Italie, nous tiendrons le nœud de la question d'Orient, que nous dénouerons quand il en sera temps, mais alors sans aucun risque pour la paix du monde. Le véritable honneur de votre couronne, ce sera la gloire d'un tel dénoûment. »
A cette réponse de la France, surtout si le prince Napoléon eût été chargé d'aller la lui porter, l'empereur d'Autriche, nous n'en doutons pas, eût fait pour la Vénétie ce qu'a fait, il y a quelques années, le roi de Prusse pour le canton de Neufchâtel.
Est-ce que l'honneur de la couronne du roi de Prusse a souffert la plus légère atteinte le jour ou Neufchâtel n'a plus appartenu qu'à la Suisse ?
Au lieu d'être en présence de M. Cohen, que ne sommesnous en présence de Sa Majesté l'empereur d'Autriche! Nous lui dirions :
« Sire, Votre Majesté se trompe ! L'honneur des souverains
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n'est plus de se faire battre et de ne se soumettre qu'au sort des armes, ainsi que ledit Votre Majesté ; Thonneur des souverains, c'est maintenant de demander au génie de la paix la gloire que le passé a demandé trop longtemps au génie de la guerre. Le sort des armes, c'est la force victorieuse ; soyez ce que vous pouvez être, la justice triomphante I A ce titre, l'histoire vous consacrera l'une de ses plus belles pages. Croyez-moi, sire, ce sera cette page qui fera oublier la page tachée de sang où sont inscrites sans revanches les défaites de Montebelle, de Palestro, de Turbigo, de Magenta, de Marignan, de Solferino, et enfin la perte de la Lombardie* »
Cette fois M. Cohen, à qui nous demandons pardon de l'avoir quitté un instant pour parler à Sa Majesté l'empereur d'Autriche, cette fois M. Cohen trouvera-t-il que notre article a justifié son titre ?
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