‹ Le succès; questions de l'année 1866Chapitre 76 sur 205 · LA LETTRE DE L'EMPEREUR · texte numérisé non relu

LA LETTRE DE L'EMPEREUR

ment châtiées, ne se seront-elles pas attiré ce juste châtiment parleurs provocations téméraires?

Soit! Quelque chose qu'il advienne, ce ne sera pas sur notre tète que retombera la responsabilité de Tinconséquence et de l'imprévoyance. Si la guerre, cette idolâtrie à laquelle ont été Pi sont encore sacrifiées tant de tictimes humaines, trahit une fois de plus son impuissance à rien fonder de grand et de durable, ce ne sera pas nous qui en serons humilié et affligé pour elle; car notre idéal ne s'appelle ni la guerre ni la gloire, il se nomme la pai^i ot la liberté»

Mais alors pourquoi, depuis 1882, l'Empire n'a-t-il pas été systématiquement la paix?

MM. Paulin Limayrac et Cucheval-Clarigny, qui nous ont fait l'honneur de nous interpeller, voudront-ils bien prendre la peine de nous l'expliquer?

LA VENETIE DELIVREE

6 juillet 1866

La France, l'Europe n'auront pas lu sans étonnement, dans le Moniteur y les lignes suivantes :

d Un fait important vient de se produire.

« Après avoir sauvegardé l'honneur de ses armes en Italie^ l'empereur d'Autriche, accédant aux idées émises par l'empereur Napoléon dans sa lettre adressée le 1 1 juin à son ministre des affaires étrangères, cède la Yénétie à l'Empereur des Français et accepte sa médiation pour amener la paix entre les belligérants.

(( L'empereur Napoléon s'est empressé de répondre à cet appel et s'est immédiatement adressé aux rois de Prusse et d'Italie pour amener un armistice. »

La Vénétie délivrée par la victoire de la Sadowa ! L'œuvre inachevée du comte de Cavour complétée par le comte de Bismark !

Si nous pouvions jamais cesser de haïr et de mépriser la guerre, ce grand fait, ce fait glorieux nous réconcilierait avec elle ; mais comment pardonner à la guerre tout le sang qui vient d'être versé, lorsqu'il eût été si facile de l'épargner? Lorsqu'il eût suffi que l'Autriche, qui avait accepté l'idée de Congrès, ne changeât pas d'avis au risque d'être conduite à faire, sans se battre, ce qu'après avoir été battue, elle vient

LÀ YÉNÉTIE DÉLIVRÉE 189

d'être obligée de faire tardivement par la déroute ! Quelle rude leçon pour le gouvernement autrichien, car c'est plus que la perte d'une bataille, c'est peut-être la perte de sa puissance en Allemagne et de son prestige en Europe I

L'Autriche l'a voulu. Elle ne saurait dire que les conseils les plus sympathiques, les exhortations les plus pressantes, presque suppliantes, lui aient manqué en temps opportun.

Choisi par l'Autriche pour médiateur, choisi par elle pour cessionnaîre de la Yénétie, quoique cette fois il fût resté neutre, l'empereur des Français ne peut qu'être flatté de cet hommage qui lui est rendu ; mais le gouvernement victorieux, mais le gouvernement prussien, mais le gouvernement qui a une revanche à prendre, mais le gouvernement italien accorderont-ils l'armistice qui leur est demandé? L'accorderontils avant de savoir parfaitement à quoi s'en tenir sur les réserves qu'il peut abriter ?

La cession de la Vénétie a-t-elle lieu sans condition?

L'Autriche accepte-t-elle les faits accomplis en Allemagne?

Telles sont les questions sur lesquelles il est impossible que le Moniteur j qui a rompu le silence, tarde à s'expliquer.

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