L'EXCLUSION DE L'AUTRICHE
Donc, si rAutriche fait bien, si rAutriche a le respect d'ellemême, si l'Autriche a la conscience de la force qui lui reste encore, la condition à laquelle le gouvernement prussien tient le plus sera celle à laquelle le gouvernement autrichien tiendra le moins.
L'empereur François-Joseph laissera le roi Frédéric-Guillaume instituer à son gré sa Confédération du Rhin, à la seule condition qu'à son tour le roi Frédéric-Guillaume lui laisse instituer, comme il l'entendra, sa Confédération du Danube, au risque pour le jeune prince Charles de HohenzoUern d'être obligé de retourner à son régiment, où il n'était encore que lieutenant il y a quelques semaines.
Il n'est pas d'obstacle qui ne soit moyen : que l'Autriche médite cet axiome d'une vérité démontrée par l'expérience, et qu'elle sache en faire son profit.
Qu'à la Confédération du Rhin elle oppose la Confédération du Danube I
Que la résistance de la Russie ne soit pas une considération qui l'arrête. L'Autriche aura avec elle l'Angleterre et la France ; au sein d'un Congrès, il sera facile de trouver dés compensations que la Russie acceptera. Ce sera le dénoûment de la question d'Orient, dénoûment sans lequel la paix de l'Europe continuera toujours d'être précaire.
Jamais occasion n'aura été plus propice; la laisser échapper serait une faute impardonnable.
Ne vaut-il pas mieux prévenir et diriger les événements que de se laisser surprendre et mener par eux?
L'Autriche vient d'apprendre à ses dépens ce que coûte l'imprévoyance politique.
Que la leçon profite à l'Europe !