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De Grenoble à Briançon, par le chemin de fer

218 kil. Trajet en 7 h. 40 et 8 h. 25. Prix: 24 fr. 50, 16 fr. 55, 10 fr. 85. De Grrenoble à Gap: 136 kil.: 4 h. 45 à 5 h. 45; 15 fr. 30, 10 fr. 35, 6 fr. 70. De Gap à Briançon: 82 kil.; 2 h. à 3 h. 25; 9 fr. 20, c. fr. 20, 4 fr. 15. - A Gap, par la Mure, v. R. 31.

De Grenoble, une ligne de tramway (v. p. 197, u" 2) suit le beau cours St-Av.dré, avenue de 42 m. de large, à quatre rangées d'arbres séculaires, qui s'étend en ligne droite jusqu'à Pont-de-Claiv (v. ci-dessous). A 300 m. du pont, la ligne se bifurque: à dr., sur C'iai.r (11 kil. de Grenoble; hôt.), situé au pied du plateau de St-Ange (à Yiilard-de- Lans par le col de l'Arc, v. p. 216); à g., sur Varces (12 kil. 6) et Vif (17 kil.; V. ci-dessous).

Grenoble, v. p. 196. Cette ligne, celle de Marseille jusqu'à Veynes (110 kil.), est très curieuse sous le rapport des ouvrages d'art et des pays qu'elle traverse. Elle laisse à g. celle de Chambéry et remonte quelque temps la vallée du Drac. Belle vue à g. sur la chaîne de Belledonne et les montagnes de la rive g. de la Romanche, eu particulier sur le Taillefer et la Pyramide (p. 227). Très beau coup d'œil en arrière sur le massif de la Grande-Chartreuse, dominé, à dr. et à g. du St-Eyuard, par la Dent de Crolles et le pic de Chamechaude. A dr. de la voie, le Moncherotte (p. 206).

8 kil. Pont-(le-Claix (rest. Grattier, Eeymondon suce, 4 ch.), hameau qui doit son nom à un ancien ^joy// en dos d'âne d'une seule arche de 46 m. , construit en 1611 sur le Drar; à côté, un autre pont, (lu xix^ s., à voûte surbaissée de 52 m. — Tramway, v. ci-dessus.

Plus loin, à g., à Jnrrie, le château de Bonrepos, du xv« s., dont la chapelle renferme de remarquables peintures du temps. Puis un petit tunnel et le confluent du Drac et de la Bomanr^ie.

14 kil. Jarrie-Vizille, stat. à 3 kil. de Yizille que dessert le Iramway du Bourg-d'Oisans (v. p. 226).

Le chemin de fer traverse ensuite la Romanche, et l'on revoit à dr., en arrière, le massif de la Grande -Chartreuse qu'on aura encore longtemps en vue. A g., une tour, reste du château de Champ (xiie-xiii« s.). — 19 kil. St-Georges-de-Commiers (316 m.: hôt. des Voyageurs ou Chervin, 9 ch. à 2 fr., rep. 2.50).

Ligne de la Mure et route de Corps et Gap, v. R. 31.

La grande ligne traverse plus loin le vaste lit du Drac, à côté d'un pont suspendu (à g.; 295 m. d'alt.). Tunnel. — 21 kil. Vif (319 m.; hôt. du Xord), à 1500 m. à dr. ; tramw. , v. ci-dessus.

v»fiS lIl.B.H-2. Carte, p. 69. LK M0NE8TTER. De Grenoble

On pont faire de Vif, avec un guide, l'ascension de la Grande- Moucherolle (2289 m. ; v. p. 216), par les Saillants (1 h. ; omn.), Prélenfrey (1 h. V2)' ^^"^ l'on peut coucher, et le col des Deux-Sœurs; le sommet est à env. 4 h. de Prélenfrey. De Vif à Villard-de-Lans par le col de l'Arc, f) h. ; v. p. 216.

Ensuite vient la *partie la plus curieuse de la voie, qui va s'élever rapidement (25 mm. par m.) à l'extrémité d'une chaîne de collines entre les vallées du Drac et de la Grasse, en formant deux boucles. D'abord un petit tunnel et un viaduc courbe de 26 m. de haut, appuyant à gauche. On aperçoit la suite de la voie à une grande hauteur du même côté, puis à droite. A g. en bas reparaissent, à la fin de la première boucle, le viaduc, Vif, le Drac et St-Georges. *Vue superbe dans la même direction sur les montagnes déjà nommées. On se retrouve dans la vallée du Drac. Sur l'autre rive, dans le haut, la ligne de la Mure (v. p. 259). On quitte définitivement la vallée par la seconde boucle, où il y a un tunnel de 1148 m., au sortir duquel on a à dr. la magnifique vue qu'on vient d'avoir à gauche. Enfin encore un viaduc, et la voie se redresse. A dr., le massif de la (Ti-ande-Moucherolle (p. 216), qui se présente, surtout après la stat. suiv., comme un bastion gigantesque au-dessus de la vallée de la (xresse, et plus loin le (xraud-Veymont (v. ci-dessous). — 33 kil. St-Martin-de-la-Cluse (622 m.). Plus loin, quatre tunnels. Belle vue à dr. en arrière.

43 kil. Le Monestier-de-Clerinont (846m. ; hôt. : du Liond'Or, 10 ch. de 2 à 4 fr., rep. 2.50, p. 6 h H; de la MovrheroUe), station estivale fréquentée, dans un vallon de prairies et de forêts de sapins. Source minérale. Sports d'hiver.

Du Monestier-de-Clermont k Gresse: 18 kil. de route desservie par un courrier. 3 kil. St-Paul-lès-Monestier: 9 kil. Fas Passet. — G-resse (1178 m.; aub.: Terrier^ Mouttet, p. 4 à 5 fr.) e.st un village entouré de prairies et de forêts. Belle vue vers le Graiid-Yeymovt qu'on gravit de là en 4 h. (v. ci-dessous).

Une autre route relie le Monestier à Mens (19 kil.; p. 269; voit, publ.), au S.-E., par le col du Fan [t kil.), le pont de Brion (9 kil.), .suspendu à 126 m. au-dessus de l'Ebron, Cornillon-en-Trièves (15 kil.), et enfin Oriol, où il y a des eaux minérales.

Puis un tunnel de 836 m., à la sortie duquel on aperçoit un instant, à dr., le mont Aiguille (p. 269). A g., le Trièves, vaste plateau raviné, au delà duquel se voient les montagnes du Dévoluy (V. p. 270). A dr. encore le Grrand-Veymont et le mont Aiguille. — 48 kil. St-Michd-les-Portes (819 m.), stat. à 2 kil. 5 à l'E. du village (hôt.: du Soleil-Levant, des Touristes).

Guides: à St-Michel-les-Portes, Eug. Chabot, Prosper Chômât, Alfr. Dumas, Cas. Joubert: à la Bâthie-d'Ambel, Sylvain Maurice.

Le Grand- Veymont ou Vehemont (2346 m.), point culminant de la chaîne calcaire du Vercors (Grande-Moucherolie, v. p. 216), peut se gravir d'ici sans difficulté, en 4 h. '/a '-^ 5 h. Guide, 6 ou 7 fr. On gagne à l'O. le vallon de la Feltas, y tourne au S.-O., laisse k g. Fellas (r)elle vue du mont Aiguille), passe à Freychinet et monte au col de la Fouille (env. 1880 m.), d'où l'on gagne le sommet, au N,, en 1 h. 1/2 • ^ "f très étendue, intéressante surtout vers la Grande-Moucherolle et le mont Aiguille. On

à Briancon. MOXT ATriUILLE. Carte, p. 69. III. R. :i->. O69

peut redescendre, sans allonger beaucoup, à la stat. de Cl^dles (v. ci-dessous), par Pellas et Trésanne. au S.-E.. ou encore sur Ch'e.'^se (p. 268).

Le mont Aigtiille '2097 m.) est une masse calcaire de forme allongée, aux parois à pic. dont le sommet, une table inclinée de 900 m. de long, est revètii d'une belle prairie. Considéré autrefois, sous le nom de ■mont Inaccessible, comme une des sept merveilles du Dauphiné. il fut escaladé en 1492 par Ant. de Ville, courtisan de Charles VIII. avec plus de dix compagnons, y compris un -• escbelleur» et un prêtre. En 1834 seulement un habitant de Trésanne réussit à y remonter. Depuis 1878, le C. A.F. y a fait poser des câbles, et l'ascension est considérée maintenant comme une école d'escalade. Elle demande toujours une tête et un pied sûrs, un guide (20 fr.) et une corde: deux caravanes ne doivent pas monter à la fois. Il faut env. 3 h. 1/2 jusqu'au pied des escarpements, par Ptllas (v. ci-dessus), et 1 h. V> ^^ là au sommet, le long d'une fissure qui coupe la paroi verticale haute de 350 m. La vue du point culminant (petite croix) est très impressionnante.

Après St-Michel, à g., le massif de l'Oisans (Roche de la Muzelle, Aig. d'Olan etc.). l'Obiou et le Grand-Ferrand (p. 270). Cinq tunnels, puis un viaduc de 4ô m. de haut, d'oii Ton a une belle vue; deux tunnels, trois viaducs, le troisième aussi de 45 m. de haut, et un tunnel de 630 m. La voie fait de grands circuits. Vues à g. eu arrière et à dr. sur le mont Aiguille qui âuit par se présenter comme une haute muraille.

57 kil. Clelles-Mens (830 m. ; hùt. de la Gare, rep. 2 fr. 50 et 3». C'ielles est à 1 kil. 5 à TE., sur la route de Meus (v. ci-dessousj.

Le mont Aiifuille (v. ci-dessus) se gravit également d'ici, en 5h. i/a-

De Clelles a la Mure: 32 kil.; voit. publ. trois fois par j. jusqu'à Men-: (2 h.: 1 fr. 50) et. en été, une fois de la à la Mure (2 h. 25; 1 fr. 75): 2 h. V2 d'arrêt à Mens. On traverse la région peu intéressante du Trièves 'p. 268). La route descend par C'ielles (1 kil. 5;, dans la vallée de V Ebrou. qu'elle traverse, et remonte par la gorge de l'un de ses affluents. - 14 kil. Mens (798 m.: hôt. : (lu Lion-d'Or. rep. 2 fr. 50; Jotibei-t). petite ville qui possède une école modèle protestante d'instituteurs. Une route de 31 kil. la relie à l'E. à Corps i.la Salette ; p. 262, 26.S). Du même côté, le Châtel ou Bonnet Je Calvin 1942 m.; belle vue panoramique^, dont l'ascension demande 4 h. Route du Monestier-de-Clermont, v. p. 268. Au S.-E. se dresse l'Obiou tp. 262;. dont l'ascension est dangereuse de ce côté.

- La route de la Mure prend au X. et monte par un grand circuit à l'O. Raccourci de 2 kil. à droite. 22 kil. St - Jean- cV Hé rems 827 m.). On redescend ensuite vers le Drac. le traverse, longe son affluent la Bonne »-t rejoint la route de Corps. — Ai kil. La Mure (p. 260).

De Clelles à Châtillon-en-I>iois, v. p. 344.

Encore trois viaducs, le second de 50 m. de haut et courbe, d'où luu a une très belle vue en arrière. La voie s'élève de nouveau par une rampe qui atteint 25 mm. — 62 kil. Le Pei'cy. Tunnel de 567 m. — 67 kil. St-Mmirice-en-Trièves (981 m.; petit buffet; hôt. des Voyageurs, rep. 2 fr. 50 et 3~i. A Tréminis et à l'Obiou, v. p. 263-262' — Tunnel de 800 m., viaduc de 28 m. de haut, tunnel, viaduc, deux petits tunnels, deux viaducs, le premier de 30 m. de haut, quatre autres tunnels et une gorge boisée, la fin du Trièves (p. 268).

— 75 kil. Col de la Croix-Haute- Lalley (1166 m.l, halte au point culminant de la voie qui redescend immédiatement. Ensuite un viaduc. — 82 kil. Lua-la-Croix-Hante (1014 m.: hôt.: Tourintr-

•270 m. -ft- 32. Carte, p. 69. VKVNE8. r>e Grenoble

Club H. OU Roymond, 15 ch., rep. 3 fr., p. 7 ; de la Poste, 20 ch., rep. 2 fr. 50, p. 5 à 6). A Châtillon-en-Diois, v. p. 344. — Le paysage, encore verdoyant et en voie de reboisement, devient de plus en plus nu et désolé, à mesure que l'on s'avance dans le Dévoluy, massif calcaire à l'E., considéré comme la terre classique du déboisement, avec sa suite funeste d'éboulements et de torrents «à lave», qui ont presque ruiné ce «pays le plus pauvre et le plus triste de France». Ses points culminants sont TObiou (2793 m.), le Clrand-Ferrand (27(il m.) et le pic de Bure (2712 m.).

Ascensions de VObiou et du pic de Bure, v. p. 262 et ci-dessous. — Le Grand-Ferrand (2761 m.) se gravit de Lus en 8 h. On va d'abord par le vallon du Trabuëch ou de la Jarjatte jusqu'aux granges des Forêts ou à la Baraque (env. 1300 m.), où l'on peut arriver en voiture en 1 h. Vaj puis on monte sous bois, par une prairie et des éboulis, au petit lac de Ferrand (2 h. ; env. 1950 m.); de là on gagne le col de Charnier on de Ferrand (Va h.; 2180 m.), à dr. du Petit-Ferrand ou Tête de Lauzon (2594 m.); on va passer entre les deux Ferrand (Ih.; env. 2550 m.), et il reste encore 1 h. 3/4 d'escalade pénible par la casse ou le clapier de cette montagne crétacée, qui ressemble à une ruine et se termine par une grande plate-forme. *Yue splendide, surtout au N.-E. jusqu'au Mont-Blanc et à l'E. sur le massif du Pelvoux. En partant d'Agnières, l'ascension est moins longue (v. p. 262).

La voie descend dans la vallée du Bnëcli qu'elle traverse. — 89 kil. St'Julien-en-Beanchêne, ou mieux Bochaine (922 m. ; hôt. : des Alpins ou Kougier, 24 ch. de 1 fr. 50 à 2, rep. 2.50; Bermond, mêmes prix). A 5 kil. au N.-E. de là (bonne route), les ruines de la eharireuse de Durbon (1240 m.), près d'une belle forêt. — Plus loin, à g. de la voie, des murailles de rochers, avec des ruines. Deux ponts. — 95 Idl. La Faurie (840 m.). Tunnel et pont. — 103 kil. Âsjjres-sar-Buëch (761 m. ; hôt. Malaterre, 10 ch. à 1 fr. 50, rep. 2.50). A dr., la ligne de Die (v. p. 344). Pont et tunnel. La voie tourne au N.-E. dans la vallée du Petit-Buëch et laisse à dr. celle de Marseille, dont les trains vont toutefois jusqu'à Yeynes.

llOkil. Veynes (814m.; hôt.: buffet-hôt. Terminus, de la comp. du P.-L.-M., 16 ch. dep. 2 fr., rep. 3, bon; Dousseli/i, rep. 2 fr. 50; de la Gore), ville de 2358 hab., située un peu plus loin. Lignes de Digne et de Marseille, v. Pt. 36 et 50; ligne de Die, v. cidessus et p. 344-343.

De Veynes à Cor])s, v. p. 262. — Route de voitures au S.-E. à ChâtiUonle-Désert (env. 3 b.; 1822 m.), d'où l'on fait, en 2 h. 3/^, l'ascension du pic de Séûze ou Céûse (2019 m.). Vue étendue; belle flore. On en peut redescendre sur la Roche-dts-Arnauds (v. ci-dessous).

La ligne de Gap continue de remonter la vallée du Petit-Buêch, au S. du Dévoluy. Vue surtout à dr. Pont sur la Béoux. A g., le pic de Bure (v. ci-dessous); à dr., le pic de Séiize (v., ci-dessus). — 116 kil. Montmaur (874 m.), à 2 kil. à g., avec un vieux château.

Le pic de Bure (2712 m.), point fulminant de la montagne calcaire A'Aurouze, se gravit de la station en 6 h. à 6 h. 1/2? avec un guide (garde forestier des Sauvas), par le plateau de Bure, d'où l'on a déjà une belle vue.

122 kil. La Roche - des - Arnauds (936 m.; hôtel). A g., la

à Briançon. GAP. CaHe, p. 69. — ///. R. 32. 271

montagne de Charance (1902 m.) et, plus loin, Chaillol-le-Vieux (p. 266). — 126 kil. La Freissinouse (975 m,). Puis un viaduc de 52 m. de haut, à deux étages, un petit tunnel et une forte descente. Belles vues à droite.

136 kil. Gap. — Buvette. — Hôtels: des Négociants, rue Carnot, 14 (45 ch. dep. 2 fr., rep. 2.50 et 3, p. dep. 8.50, omn, 50 c); dti Nord, rue Carnot, 11, recomm. (28 ch. dep. 2 fr. 50, rep. 2.50 et 3, p. dep. 8, omn. 50 c). — Poste et télégraphe, rue Carnot, 26. — Syndicat d'initiative, rue Carnot, 30.

Gap (739 m.), le Vapincum des Romains, ville de 10823 hab., chef-lieu du départ, des Hautes-Alpes et siège d'un évêché, sur la Luye, affluent de la Durance. Elle était jadis plus importante, mais elle a beaucoup souffert des guerres de religion, elle a été ravagée par la peste en 1630 et incendiée en 1692 par Yictor- Amédée II de Savoie.

L'avenue de la Gare aboutit tout droit à l'avenue d'Embrun qui borde la Pépinière, promenade publique. Dans celle-ci s'élève le musée départemental (1906), qui doit être ouvert à partir de sept. 1910, les dim. et jeudi de 2 h. à 5 h. (en hiver, de 1 à 4).

Eez-de-chaussée: deux salles de zoologie; une salle de sculpture, avec le monument de Lesdiguières (p. 265), par Jacob Richier (1613), orné de quatre bas-reliefs intéressants, apporté à Gap lors de la Révolution, et en face, le sarcophage de la femme de Lesdiguières; une salle de minéralogie, géologie, paléontologie et malacologie. — 1" étage: collection de céramique (vestibule); deux salles de peinture; une salle de gravures; une salle d'archéologie (ethnographie, monnaies); une petite salle de géographie. — Dans les annexes: la bibliothèque Olphe-Galliard et des herbiers.

On suit, à g. en sortant du musée, l'av. d'Embrun qui conduit à la place Ladoucette, ornée de la statue de Ladoucette, ancien préfet des Hautes-Alpes (m. 1848), marbre par E. Marcellin.

La rue Carnot, la principale, contourne de là à g. la vieille ville, aux rues étroites et tortueuses ; à dr., au u'^ 26, le bureau des postes. La rue de l'Odéon, plus loin à dr., conduit à la place St-Arnoux, où s'élèvent, à g., Vane. évêché, affecté auj. à des services militaires, et à dr.. la cathédrale, V Assomption, église somptueuse reconstruite depuis 1866 sur les plans de Laisné. On en remarque les colonnes de marbre, surtout les quatre colonnes monolithes du chœur.

Du chevet de la cathédrale, on arrive, à g., puis à dr. par la rue du Mazel, à une petite place où est la statue, par Schrœder, du sculpteur J.-E. Marcellin (1821-1884), de Oap.

La rue Elisée ou la rue de France reconduisent à la rue Carnot.

Le Puy-Maure (903 m.), au X., offre un beau coup d'oeil sur la ville et les vallées et montagnes environnantes. On y va en V2 h. par le cours Victor-Hugo et le chemin de Charance.

De Gap à Corps (la iSalettej, la Mure, etc., v. R. 31; à Barcelonnette, etc., R. 35.

A 14 kil. au S. (voit, publ., en 1 h. V4, 1 fr. 60; voit, partie, 10 et 20 fr. ; 10 kil. 5 à pied, par Châteauvieux), sur la route de Gap à Sisteron (56 kil.; p. 287), se trouve Tallard (hôt. des Négociants), bourgade sur la rive dr. de la Durame, où l'on visite un *chdteau en ruine, en majeure partie des xve-xvi« s. et incendié en 1692. L'ensemble est très pit-

Baedeker. S.-E. de la France. 9* édit. 18

272 III- H- ^^- — C'arte, p. 69. GAP. De, Grenoble

toresque et il y a encore de belles parties, assez bien conservées, surtout la chapelle et la salle des gardes. S'adresser au gardien, à dr. à l'entrée. Ancien parc dit la Garenne.

De Gap a Remollon: 20 kil. de route, voit. publ. en 2 h. 1/2, 1 fr. 50. — 11 kil. Jarjayes. — 15 kil. Valserres (G62 m.). 2 kil. plus loin, la route se confond avec celle de la vallée de la Durauce; à 8 kil. de là, à l'O., Tallard (p. 271). — 20 kil. Remollon (675 m. ; hôt. Barnéaud), d'où l'on peut visiter, à 200 m. en amont de l'église, de beaux groupes de pyramides de terre ou «colonnes coiffées», dites Mmijoujes ou Demoiselles., et, à env. 4 kil. au N.-E., derrière le village de Théus et dans le vallon du torrent de Vallaurla, un assemblage remarquable de ces pyramides, dit Salle de Bal des Movjoujes. Remollon est à 17 kil. de Prunières (v. ci-dessous).

145 kil. La Bâtie-Neuve-le-Laas (855 m). La Bâtie-Neuve (hôt. Vve Paret), à g., a un anc. château en ruine des évêques de Gap. Correspond. (1 h. ^2 5 ^ ^^'- ^^) po^^ Notre-Dame-du-Laus, pèlerinage qui doit son origine à des apparitions de la Yierge en 1664, dans un vallon au S. (hôtelleries).

152 kil. Charges (858 m. ; hôt. des Alpes), à g., bourg d'origine antique, l'anc. capitale des Caturiges, ruiné par toute sorte de conquérants et un grand incendie; on n'y voit plus que quelques vestiges de monuments gallo-romains.

A 5 h. V2 au N.-E. de Chorges, le Eoc de Chabrières (2405 m.), au pied duquel se trouve, au N.-O., un remarquable lapiaz (v. p. 141) dit Ovca)ie de Chabrières; guide nécessaire.

Puis une forte descente, des viaducs, le premier de 46 m. de haut, et deux tunnels, entre lesquels on aperçoit à dr. la Durance.

159 kil. Prunières (736 m. ; hôtel). Voit. publ. pour KemoUon (v. ci-dessus) et pour Seyne (v. p. 289). Vallée de l'Ubaye, Bareelonnette (correspond.), etc., v. R. 35.

Ensuite deux viaducs. La voie court sur la rive dr. de la Durance. Montagnes toujours ravinées. A dr., le Grand-Morgon (v. ci-dessous); à g., le mont St-Guillaume (p. 273).

165 kil. Savines (766 m.; hôt. Tavan; guides), bourg sur la rive g., au N. du Grand-Morgon (v. ci-dessous).

A env. 4 kil. à l'E. de Savines (6 kil. au S.-O. d'Embrun) se détache au S. de la route nationale une route carrossable (4 kil.) menant à l'anc. abbaye de Boscodon, dont il ne reste qu'une église du xii* s., près d'une belle forêt. 1 h. V2 plus loin, au S., la. f07itaine de V Ours. — L'ascension du Graîid-Morgon (2326m.), belle montagne au S. de Savines, demande env. 6 h., avec un guide. Un peu plus loin au S.-E. est le j^ic Martin- Jean (2098 m.).

Puis un pont à treillis sur un torrent et deux tunnels, de 857 et 959 m. Beau coup d'œil à dr. sur Embrun.

174 kil. Embrun (871 m. ; hôt. : deFrance & Thouard réunis, place Eugène-Barthelon, recomm., 25 ch. de 2 fr. à 2.50, rep. 2.50, p. 7 ; de la Poste)., ville de 3752 hab., chef-lieu d'arr. des Hautes- Alpes et anc. place forte, déclassée en 1882, sur un rocher dominant d'env. 70 m. la rive dr. de la Durance et au S.-E. du mont St-Guillaume (p. 273). C'est VEbrodwmm des Romains, dont Adrien fit la métropole des Alpes Maritimes, et un ancien archevêché.

à Briançon. MOXT-DAUPHIX. Carte, p. 69. — III. R. 32. 273

Elle fut ravagée plusieurs fois par les barbares, fut longtemps eu lutte au moyen âge avec ses archevêques, auxquels l'empereur Conrad III avait accordé en 1147 le titre de prince, fut prise et rançonnée par Lesdiguières en 1585 et bombardée et prise de nouveau par Yictor-Amédée II de .Savoie, en 1692. On y a élevé en 1909 un monument à la mémoire du poète et député Clovis Hugues (1851-1907), œuvre de sa veuve et de Tarchitecte Faivre. — Club Alpin Français, section d'Embrun.

L'édifice principal est l'anc. cathédrale Xotre-Damej au delà de la place. Elle est du xn^ s., avec un beau clocher restauré, une façade du xiu^ s. et un curieux portail latéral au X., précédé d"uu porche à colonnes en marbre rose, reposant sur deux lions et deux hommes assis; il a été construit sous l'influence de l'art lombard. L'intérieur n'a rien de bien remarquable, sauf le bufl:'et d'orgue, du xv« s., suspendu à un pilier, et le maître-autel, de la fin du xvm^ s., en mosaïque, avec des anges sous les traits de Louis XYI et de Marie-Antoinette. La sacristie renferme une Vierge donnée par Louis XI et de magnifiques ornements des xvi^-xath^ s.

Il subsiste à côté de l'église une grosse tour carrée à créneaux (xi^ s.). — Un peu plus loin, une terrasse plantée d'arbres, audessus de la vallée de la Durance (vue).

Le mont St-Guillaume (2*528 m.), au X.-O., se gravit en 5 h. V2 '-^ 6 h., par une route de voitures jusqu'à C'aleyère (Ih. ; env. 1150 m.), puis par un chemin muletier qui tourne k l'O. et mène à la chapelle St-Guillaume {i h. ^J2; 2544m.), pèlerinage fréquenté le 2edim.de juillet. Le sommet est encore '/4 d'h. plus loin, mais la vue y est moins belle.

— L'ascension de la Tête de l'Hivernet (2823 m. ; à 6 h. 1/2 d'Embrun) se fait par le hameau de Chalvet (1167 m.) et le refuge de V Aiguille (3 h, ; 1773 m.), au C. A. F.

D'Embrun a Cosdamixe-Châtelard (vallée de VUbaye): 44 kil., route de voit, escarpée et parfois mauvaise, d'abord à l'E. par la vallée du Vrécoiix, où sont le Villard, C'haraprond, Praveyral, (Jrévoux (14 kil.) et la C'halp (1670 m.); puis au S. par le tunnel du Parpaillon (26 kil.; env. 2570 m. d'alt.), de 468 m. de long, sous le col de ce nom env. 2775 m.), entre le &rand-C'o/iibal ow Lombard (2996 m.; ^/^ d'h. de là;, auX., et le Grand - Parpaillon (2879 m.); puis par la vallée du Parpaillon, où l'on passe à Ste-Anne (39 kil. ; 1744 m. d'alt.}. — Condamine-Châtelard, v. p. 285.

Encore un viaduc, uu petit tunnel et un viaduc courbe. Belle vue à droite. — 180 kil. Châteauroux. Deux autres petits tunnels.

— 186 kil. St-Clément. A 3 kil. 5 au X^'.-E. et à la même distance au S. de la stat. suiv., les sources minérales de Plan-de-Phasy. avec un petit établissement primitif. On traverse la Durance, à l'embouchure du Gruily et un bras de cette rivière. Belle vue à dr., sur Mont-Dauphin. A g., la Pointe de Fouran (2650 m.).

191 kil. Mont-Dauphin- Guillestre (895 m.; hôt. de la Gare), Mont-Dauphin est une petite place forte, sur une colline escarpée formée de conglomérats (env. 1045 m.), qui domine le confluent de la Durance et du Guil. Sa population n'est que de 230 âmes, non compris la garnison. Les fortifications sont dues à Vau-

274 HLR. 32. -Carte, p. 69. BRIANÇON.

ban (1693). Belles allées. Vue du massif du Pelvoux. — Pour GuUlesfre et la vallée du Guil, v. p. 278.

La vallée de la Durance se rétrécit de nouveau un peu plus loin.

— 194 kil. St-Cré/pin. — 199 kil. La Roehe-de-Rame (deux hôt.). Près de la gare, une usine de la société «la Nitrogène» pour la liibrication des produits nitreux par l'azote atmosphérique.

A g. s'ouvre la vallée de Frei^i<inieres, où les Vaudois, que la persécution n'épargna pas même dans leurs montagnes , vécurent longtemps dans une extrême misère (v. p. 282). La route qui conduit par Pallon (1 h. 1/4 ^^ I3, gare de la Roche) à Freissinières (2 h.; 1192m.; aub.), domine de très haut les abîmes de Confour-enA^., gorges étroites traversées par la Biaisse, entre Pallon et les ruines du château de Rame. — Ascensions de Freissinières: Pic i^eïix-A'eyf (3222 m. ; ainsi nommé d'après un pasteur protestant, v. p. 278), env. 8 h. à l'O., assez facile, mais très pierreux, par la belle cascade de DourmiUouse (2 h.; de plus de 100m. de haut), formée par la Biaisse; Tête de Vautisse (.S162m.), 7 h. au S.-O.

A 4 h. 1/2 au N.-E. de la Eoche-de-Rame, le lac de V Ascension (2.S04 m.), dans un beau cirque de montagnes.

Puis ou retraverse la Durance. — 205 kil. L'Argentière-la- Bessée (976 m.; hôt.: Gérard, à la Bessée-Basse; de l'Industrie, nouveau, de la Gare, tous deux près de la gare). Correspondance pour Vallouise, v. p. 246. U ArgenUère, à g., doit son nom à des mines de plomb argentifère. Eglise du xv« s., curieuse par ses fresques. A la Bessée, à dr., une grande usine hydraulique d'aluminium.

La voie monte ensuite rapidement, par une rampe de 25 mm., dans un défilé sauvage bordé de rochers à pic et où elle passe dans six tunnels, de 150 à 900 m. Belles échappées de vue, surtout, à g., sur le massif du Pelvoux (p. 231). — 213 kil. Prelles (1152 m.). Encore deux petits ponts, le second sur la Durance. On voit enfin les hauteurs fortifiées qui environnent Briançon. A g., le Prorel et le clocher de Notre-Dame-des-Xeiges (p. 275). Au loin, dans la direction de Briançon, la pyramide du Chaberton (p. 277).

218 kil. Briançon (1204 m., à la gare, p. 275). Omn., 50 c. par pers. et par colis.

Hôtels: *Grand-Hôtel de Briançon, bien situé (vue) entre la ville haute et Ste-Catherine (du l^"- mai au 30 sept. ; 52 ch. dep. 3 fr. 25, rep. 1.25, 3.50 et 4.50, p. dep. 10, omn. 50 c); Terminus-Hôtel du P.-L.-M. & buffet, dans la gare, à 20 min. de la ville haute (50 ch. dep. 2 fr. 50, rep. 4); H. Moderne, place Ste-Catherine, à 10 min. de la gare: H. de la Paix, rue Porte-Méanne, dans le haut de la ville, simple (ch. 2 fr. 50, rep. 2.50 et 3).

— Poste et télégraphe, place des Remparts, à la ville haute. — Autocars et voit. publ. pour le Bourg-d'Oisans (Grenoble) et pour Oulx, v. p. 229 et 277 ; départ de la g^Lve. — Syndicat d'initiative duBriançonnais, à l'hôtel de ville. — Club Aliiin Français: section de Briançon, Grande-Rue, 50.

Briançon (1321 m.), le Brigantio des Romains, est une ville de 7524 hab., un chef-lieu d'arr. des Hautes- Alpes et une place forte de première classe, au-dessus du confluent de la Guisane et de la Durance. De loin, de l'avenue qui y monte de la gare et surtout de la route du Lautaret, elle a un aspect fort pittoresque, et c'est vraiment une forteresse forn)ida])le, commandant parfaitement l'im-

(;Fr\Ni)-AHEA. <'<n-U',p.n:i.-TILB.:i2. -27.-)

portante routt' (ritalie en France jjar le Mout-Geuèvre (p. 277). Les hantenrs environnantes sont couronnées par douze forta, construits de 1722 jusqu'à nos jours, celui de la ville Ait fort du Château. Les plus élevés jouissent de très beaux points de vue, mais il faut une permission du commandant de place pour les visiter, et on n'oubliera pas les conseils de prudence donnés p. xvn.

De la gare , située dans le nouveau quartier du bas, dit de Ste- Catherine, on monte en 20 min., par l'av. de la Gare et l'av. de la République, à la ville haute, entourée d'une triple enceinte de mars, et dont les rues, sillonnées de ruisselets d'eau claire appelés «gargouilles», sont étroites et en bien des endroits si raides que les voitures n'y peuvent circuler. Après avoir franchi la porte (V Euihrun, on arrive à \'a place de la Paix (belle vue;, sui- laquell'^ débouche à g. la Grande-Iîue (|u'on remonte, en laissant à g. le bureau de poste (p. 274), Vhôtel de ville et \'é(/lise. La porte de PigneroL à l'extrémité de lu (!rande-Rue, donne accès au Chainp-de-Mars, par où passent les routes de Grenoble, du Mont-(Jeuèvre et de Xévache (v. p. 231, 277 et 276) et d'où l'on a aussi une belle vue. On repasse par la porte pour prendre immédiatement à g. un chemin de ronde (]ui offre de beaux coups d'œil sur la ville et la vallée. Franchir, au bout de 7 min., la porte à g. l)our descendre au ^pont d'Asfeld, de 1784, qui par une seule arche de 40 m. d'ouverture et à 56 m. au-dessus de laDurance relie la ville aux forts de la rive gauche. Belle vue. On remonte pour redescendre, au delà de la porte ci-dessus, à la place de la l'aix.

Au poiit Baldy, v. p. 277-278; 1 b. à pied; voit, partie. 5 à 10 fr.

Au 8.-0. de la gare, un chemin i;arrossahle monte en 1 h. '/^ au villapi\c Fuy-St- Pierre (6 kil. ; 1559 m.), d'où l'on a une très belle vue générale du bassin deBriançon; voit, partie, 5 à 10 fr. Un chemin muletier mène de là en 2 h. Va ^ Xotre-Dame-deii-Xeiyes (2297 m.), pèlerinage à env. 1 li. du sommet du Prorel (2572 m.: belle vue).

On recommande aussi, comme point de vue aux environs, le sommet dit la C'ruix de Toulouse (1973m.). à 8 kil. au X. (env. 2 h.; voit, partie, 15 à 20 fr.), au-dessus de la redoute des 8alettes, qui est à 1/4 (l'b. de la ville. Encore 2 h. de la Croix au Signal de St-Qhu^rey (2570 m.), en montant au N., par un sentier militaire assez vertigineux dans sa partie supérieure.

Le *Graild-Aréa (2868 m.), cime conique au N.-O. de Briançon, oiïre un panorama magnifique: à l'O., le massif du Pelvoux; au N.-O.. les Grandes-Rousses et, plus près, les Aig. d'Arves et le G-rand-Galibier; au X., la Tarentaise et le Mont-Blanc; au N.-E., la profonde entaille du col de l'Echelle (p. 276); au S.-E., le pic de Rochebrune et le mont Yiso. Suivre la route du col de Granon et du fort de V Olive, qui se détache à dr. de celle du Lautaret à 1 kil. au delà de St-Chaffrey (p. 231). jusqu'à la cliap. St-Joi<eph (2144 m. ; 2 h. V'2 en voit, de Briançou) , située au grand coude avant le col de Granon. Un sentier étroit, dont l'entrée est peu distincte, à env. 250 m. à g. sur le chemin du col de C'ristol, menant à Névache (v. p. 276), conduit de là jusqu'au sommet (2 h. V2)-

Autres excursions de Briançon: dans le massif du Pelvoux, du côté du Monêtier, v. p. 257-258; du côté de Vallouise, p. 246-251; dans les montagnes de la fro^itière, p. 276-278.

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