‹ Le sud-ouest de la FranceChapitre 156 sur 164 · De Perpignan à Bourg-Madame · texte numérisé non relu

De Perpignan à Bourg-Madame

Villefranche-de-Conflent (le Vernet). Le Canigou.

De Perpignam à Ville fr an cJie: 47 kil. de chem. de fer; 1 h. 20 à I li. 5,^; 5 fr. 25, 3 fr. 5.5, 2 fr. .SO. — De ViUefrunche à Bourg-Madame: 56 kil., chem. de fer éleetr.; .3 h. 5 à 8 h. 35; 31 fr. 50 et 5 tr. 05. Cette ligne, exploitée en son entier depuis 1911, est des plus intéressantes, tant par la beauté des paysages que par le nombre et la hardiesse des travaux d'art. C'est la plus haute voie ferrée de France d'exploitation continue (1592 m. au point culminant); elle offre sur un parcours restreint des différences de climat considérables.

On lecommande de ne pas revenir par la même route, mais de passer soit de Mont-Louis à Axât et Quillan, soit de Bourg-Madame à Ax-les- Thermes (services automobiles; v. p. 458-157 et 454-453).

Perpignan, v. p. 461. Le chemin de fer remonte la vallée très fertile de la Tet. Belle vue du Canigou (p. 470), à gauche. — 8 kih

PRADES. C.,p.3(;:i.^l\'.R.7-t. 4r,7

Le Sulei-; 13 kil. St-Féliu-d'Ai'ail; lô kil. f^it-Fél'm-iC Auvoit .

— 17 kil. Jifillas (lu'it. Dflpecli), à ilr., aiic. pluce forte.

2l\ kil. JUe (.ilôt, (lu Midij, ;i ilr., ville de 'MH'd liab., dans une plaine renommée pour ses fruits. — '27 kil. Bouleternère, à g., avec les restes d'un château. La vallée se rétrécit. Deux tunnels.

32 kil. Vinça {262 m.; hût. St-I'ierre), à g., petite ville à 2 kil. au N.-O. de laquelle sont les baini> du même nom ^logement), qui ont des sources thermales sulfurées sodiques.

De lu gare de Viu^ii, une route de 18 kil. (.voit., en 2 h. y.,, 2 fr. par pers., avec minimum de ij fr.) mène au S. à Vdmauya (850 m.; hôt.), où l'on trouve des montures (env. 8 fr.) pour l'ascension du t'itnigov (p. 470). De Velmauya au chalet-hôtel des Uortulets (p. 469), par la maison forestière (v. p. 477), 5 h.; 8 h. par les raccourcis du Prat-de-Cubrtia.

A g., le doulde sommet du Canigou. — 36 kil. jMurifuixanes.

-11 kil. Prades (357 m.; hOt. Malet, bon, 25 ch. de 3 à 4 fr., rcp. 3 et 3.5U, p. 8, omu. 25 c), à dr., ville de 4146 hah. (en 1911) et chef-lieu d'arr. des Pyrénées-Orientales, dans un beau site. i/éylise, des xiii* et xvi* s., est remarquable par ses autels dans le genre espagnol, surtout son maître-autel, par Jos. Sunyer (xiv s.), ouvrage de sculpture grandiose, sinon de bon goût, auparavant :ï St-Michel-tle-Cuxa (v. ci-dessous).

A s kil. au S. de Pra'des, dans la belle vallée de la Taurinija (ascension du Canigou, v. ci-dessous), qui a des mines de fer desservies par un petit chemin de fer, sont les ruines pittoresques de Vabbaye de ISt-Miclietde-Vuru, foudée au i.\" s. ; on remarque surtout les arcades du cloître, en marhre rose et de style roman, l'église, des styles roman et gothique, et le portail de la maison de l'abbé, en marbre, avec sculptures du xi« s.

De Pradea aux bains de Molitg (pron. < molitch >): s kil., route et voit, pulil. dans la saison (1 fr.). — La route quitte celle de Villefrani'lic en dehors de la ville et descend à dr. vers la Tet, qu'elle traverse.

- 3 kil. t'utllar, village au delà duquel ou remonte la vallée de la Gastellanc, uu'on traverse plusieurs fois. — 8 kil. Sains de Molitg (lôO ni. ; hôt.: de l'Etablissement, Auter; maisons meublées; guide, Jean Bruzy), à env. Va h- ^i S. du village de ce nom, dans la gorge de la Castellaue, où l'on a eu peine à trouver de la place pour ses trois établissements thermaux. Ces établissements sont alimentés par 12 sources sulfurées sodiques, dont la température varie de 25 à 38° et dont les eaux s'emploient en boisson, bains et douches, dans le traitement des maladies de la peau et des muqueuses, des rhumatismes, etc.

L'ascension du Canigou peut se faire de Prades (à pied, plutôt du Vernet; v. p. 469) en 8 h. env. : jusqu'à Taurinya, on peut monter en voit. (1 fr. par pers.; minimum 5 fr.), en ^1, d'h.; de là au chalet à pied ou à dos de mulet, en 5 h. Montée continue et exposée au soleil jusqu'à la forêt de Balatg: raccourcis très raides. On fera bien de partir de bonne heure. — On suit la route qui remonte la vallée de la Taurinya, par St- Micliel-de-Cuxa (3 kil.; v. ci-dessus). Au delà de Taurinya (5 kil.; 580 m. d'alt.; guiiie, Jean Limeul; âne ou chev., 8 à 12 fr. par j.), la route, qui n'est plus qu'un chemin muletier, tourne à dr. au-dessous de la maisonnette du chem. de fer minier, pour rejoindre en haut du vallon, au col de Millii-reg (1 h. de Taurinya), la route du Vernet: v. p. 469.

La vallée de la Tet se resserre de plus en plus. Haut viaduc à l'cxtréniité de la vallée de la Taurinya (v. ci-dessus). — 45 kil. Jiiu, avec une usine qui travaille le fer et le niarlire griotte du pays. A dr., le château de Villefranche sur ses rochers rouges. Pont.

468 lr.R.74. C, p. .30.3. LE VERNET. De Perpignan

47 kil. V illefr anche -Vernei. Villefranche - de - Gonflent

(427iii.; lu'it. lihoste, simple), ou se trouve la station, est uue toute petite ville dans un site pittoresque et sauvage, au confluent de la Tet et du ruisseau de la vallée du Vernet (v. ci-dessous). C'est une anc. place de guerre, fortifiée sur les plans de Vauban, et fernumt la vallée de la Tet, très étroite à cet endroit. Elle est dominée par un fort, dit le château, qui commande les deux vallées et qui communique avec la ville par un escalier souterrain de 999 marches. De vastes grottes, qu'on ne peut visiter sans autorisation, servent de casemates et de magasins. On remarque dans la grand'rue deu.\ vieilles tours. Uéglise, derrière la seconde tour, est du xii« s.; elle se compose de deux nefs de dimensions inégales, la plus petite avec deux portails romans, et elle a une tour à créneaux.

Chemin de fbk électr. de Villefranche à Bourg-Madame, v. p. -ITO.

De Villefranche au Vernet (Canigou): (î kil., route et voit. pcbl. de la gare (75 c). Autobus îles hôtels, 2 fr. Voit, partir., ("> fr. Tramway électr. en construction.

Ou prend au S., en deçà de la ville, par la vallée d'abord très étroite, qui descend du Canigou, et l'on revoit bientôt cette montagne à gauche. — 3 kil. ConieiUa-de-Conftent, village sur une colline à g.; sou église romane a un beau portail en marbre blanc et, derrière le maître-autel, un retable aussi en marbre blanc, de 1345. Sur la place, une vieille tour. — An fond de la vallée, la tour de St-Martin-de-Canigou (p. 469).

6 kil. Le Vernet ou Vernet-les-Bains. — Hôtels, ouverts toute l'année, sous la même direction et communiquant en partie directement avec les établissements (v. ci-dessous): *iîr.-H. du Portugal, avec restaur. (liS ch. dep. 5 fr., rep. 1.50, 5 et li, v. n. c, p. dep. 15); *H. du Parc (.53 eh. dep. 4 fr. 50, rep. 1.50, 4 et 5, p. dep. 12); *H. des Bains-Mercader, avec restaur. (GO ch. dep. .3 fr. 50, rep. 1.25, 4 et 4.50, p. dep. 10); *n. Ibrahim- Pacha (47 ch. dep. 3 fr., rep., servLs à l'hôt. du Parc, 3.50 et 4, p. dep. 9); H. de la Préfecture, H. des Cotumandants (appartements meublés). — Villas et chalets meublées.

Etablissements (ouv. toute l'année de (! h. du m. à (1 h. du s.): bains, 1 fr. 25 à 5 fr. : f/ouche.^, 1 à 3 fr. BuvetteK, 30 o. par jour; abonn. de 30 j., 7 f r. ; abonn. pour la saison, 12 fr.

Postes et télkgkaphes, à l'hôt. de la Poste, en face de l'hôt. Mercader.

Casino (ouv. du l''''.jui)i au 30 sept.), à côté du ftr.-H. du Portugal; entrée, 50 c; abonn. de 7 j. 2 fr. ,50, de saison 6 fr.

VoiTiTREs pour excursions, à 2 chev. 20 fr. la journée, à 3 chev. 30 fr.

Guide: Jacques Nou, à Casteill (p. 469); pour d'autres, s'adresser à l'établissement (faire prix d'avance). — Chevaux de selle: ^ jfr. l'h., 10 fr. la '/2 journée, 15 fr. la journée.

Le Vernet (6.')0 à 700 m.) est un vieux village dominé par son église et un ch<âteau restauré; il est connu par ses eaux thermales et occupe un beau site, dans un oii'qne de montagnes dont le côté E. est formé par l'extrémité d'un contrefort du Canigou (p. 470). Ia'S établi.s.setnenf.s thermaux sont au fond du einpie, un peu au delà du village, dans un très beau parc à végétation méridionale, sur

il Buury- Madame. r,E VKKNET. t'.,p.:iO:i. IWR.T-I. 469

les bonis du Cady. Il y en a trois, bien aménagés et avec tout le confort moderne: les Bains des Commandants, contenant une piscine romaine d'eau sulfureuse courante, à côté de l'hôt. de ce nom et reliés par une galerie avec le Gr.-H. du Portugal, les thermes de Vernef, de construction plus récente, à côté de l'hôt. Ibrahim- Pacha, ces deux sur la rive g. du Cady; les thermes Mercader, à l'hôt. de ce nom, sur la rive droite. Les eaux sont fournies par 10 sources sulfurées sodiques divisées en deux groupes: six sources de la rive g. du Cady (8 à 66°), et quatre sources de la rive dr. (39 à 42°), moins minéralisées et moins excitantes. Elles s'utilisent eu particulier contre les rhumatismes chroniques et les affections des voies respiratoires, d'autant plus que le climat du pays permet aux malades d'y séjourner même en hiver. Le Vernet est fréquenté par une société généralement choisie, où prédominent les éléments fraui;ais et espagnols en été, les éléments anglais le reste de l'année. — Belle vue de la terrasse du sa/ia/or««//i, transformé eu jardin d'hiver, sur le contrefort du Canigou (750 m.), au-dessus des maisons du bas.

KxcrRsioK intéressaute au S., en 1 h., par L'asteill ('/a h.), aux ruiner* restaurées de Vabbai/e de St-Martin-de-C'unigou (1055 m.), dont l'église est de style byzantin (xi» s.), avec des colonnes monolithes en marbre blanc.

L'ascension du Canigou se fait de préférence du Vernet: 6 h. (22 kil.) par la route jusqu'au chalet-hôtel cies Cortalets, 4 h. '/» à 5 h. jusqu'au même endroit par le sentier décrit ci-dessous, et 2 li. du chalet au sommet. Voit, partie., 26 àiJO fr. par jour; guide (pas nécessaire), 7 fr. 50, 14 fr. pour deux jours. Ou commande d'ordinaire les mulets à Tauriuya (p. 4tj7 ; téléph.); on les trouve alors au col <les Millières. — On conseille de partir le matin de bonne heure, de déjeuner au chalet, de monter au sommet vers le soir et de revenir ('oucher au chalet, d'où l'on pourra admirer le lever du soleil au-dessus de la mer. La descente pourra se faire alors à la fraîcheur du matin. — La route passe par t'orneilla-de- C'onflent (3 kil. ; p. 468), Fillols (5 kil.) et le col de MilUères (6 kil. ; ohem. de Brades, v. p. 467), puis monte en nombreux lacets (raccourcis raides) sur l'arête séparant les vallée.s de Fillols et de Prades, et entre dans la belle forêt de Baiatg, ou elle passe en corniche au-dessus de la vallée supérieure de la Taurinya (beaux coups d'œil sur cette vallée et celle de Prades). Un chemin muletier conduit du Vernet à J'illols directement en hO min. par le col de la Trvuge ('/a h.). Les piétons prendront plutôt le sentier qui passe par le col de Jouel (^U d'h.) et laissant Fillols à g. dans le bas, rejoint la route au bas de la montée en zigzag (suivre les tils téléph.; plaques indicatrices). — A 3 h. env. du col des Millières, la route atteint la mnigon forestière de Baiatg i,17 kil.; 1800 m. d'alt. ; pas de provisions), et 5 kil. plus loin (raccourci, dit «chemin des Sourdes >■, sur la rive dr. du torrent; ^/^ d'h.), le chalet-hôtel des Cortalets (2150 m.), ouv. généralement du 15 juin au 15 sept., bon (21 lits à 3 fr., rep. 1, 4.50 et 4.50, v. c. ; téléphone), du C.A.F., situé sur une sorte de col boisé, A vue déjà très étendue.

L'anc. itinéraire, plus long et un peu monotone, par la vallée de Cady, c.-à-d. du côté S., en contournant le massif à l'O., demande 7 à 8 h. du Vernet au chalet-hôtel et se recommande plutôt pour la descente; on peut aller à cheval jusqu'à env. 1 h. du sommet (10 fr.; guide autant). — On passe par le col de Joii (2 h. ; 1128 m.), la maison forestière de MuriaiUe» (1 h. Va) Pt les Conques de Vady. On parvient au chalet-hôtel en contournant le sommet par un sentier du C.A.F., établi sur les tian<'s du Barbet (p. 470). On pourrait aussi monter directement au pic par une cheminée. - Les itinéraires de Velmunya et d' Amélie-les-Bai us au Canigou (v. p. 467 et 477) se fout mieux aussi à la descente.

470 IV. R. 74. ~C., p. 36.1. OLETTE. De Perpignan

Du chalel-hôtel, un chemin mulptier de i kil. luènp au sommet en 2 h. On passe par le Grand-Dtuni), à 4(i0 m. du clialet, par la fontaine de la Perdrix (belle vue), à 900 m. ])lus loin, et atteint au liout de 400 m. la crête que l'on suit jusqu'au sommet. L'escalade du pic par le glacier et la brèche Durier (1 h. '/2 env.) est dangereuse à cause des chutes de pierre.

Le *CailigOU (2785 m.), qui se termine par une plate-forme de 8 ni. de long sur 3 de large, est la dernière des hautes montagnes à l'E. des Pyréenées. Il forme un massif énorme de calcaire grisâtre, dont les contreforts rayonnent jusqu'à 12, 15 et 20 kil. de distance à vol d'oiseau et forment, vers le sommet, des arêtes fort escarpées au K. et à l'E. Souvent considéré autrefois comme le point culminant des Pyrénées, le Canigou a été escaladé en 1285 par Pierre III d'Aragon. *Vue superbe qui embrasse surtout, du S.-E. au N.-E., par-dessus les Albères et les Corbières, les côtes de la Méditerranée depuis Barcelone jusqu'au delà de Montpellier, situé à plus de KjO kil. en ligne droite; au N., les Corbières et la plaine jusqu'aux montagnes de l'Aveyron à l'O., les montagnes de l'Ariège et au S. celles de la Catalogne. Les principales cimes environnantes sont: le ]»iig Harhet (2748 m.), à l'E., où l'on arrive facilement par la crête et dont la vue est plus dégagée du côté de la plaine; ]e jniig Sec (2600 m.) et le jnc des Treize- Vents (2703 m.; p. 478), au S.; enfin le Quasémi (2422 m.), à l'O.

Le CHEM. DE FER ÉLECTR. DE VxLLEFRANCHE A BgURG-MaDAME

(v. p. 466) remonte la belle vallée de laTet. Vue géuéralenieiit à dr. jusqu'au viaduc Séjourué. — La ligne traverse la Tet dont elle suit la rive droite. — 5 kil. Serdinya (527 m.), avec un vieux pont \nitoresque, point d'arrivée d'un câble aérien desservant des mines de fer. Viaduc. — 6 kil. Joncet, où se voit à g. un autre câble et un funiculaire minier; à dr., sur la rive dr., deux tours crénelées, restes du château de Lahastide. Ou traverse la Tet.

10 kil. Olette (607 m.; hOt. : de la Fontaine, Gaillarde) ,bourg à dr. de la gare. En amont, à dr., deux vallons intéressants, dont la voie traverse les torrents réunis à leur embouchure dans la Tet. Pont sur la Tet. — 12 kil. Nyers (662 m.). Puis un pont en pierre et trois tunnels; beaux coups d'œil sur les versants à pic de \à gorge de Thuès, où il n'y eut longtemps qu'un chemin avec des escaliers ou «gratis» (lat. «gradus»). Vue sur le village de Canaveilles, perclié à 932 m. d'alt. sur la rive g. de la Tet. — 14 kil. Tiiuès-les-Baiiis- Canaveilles (789 m.). La station dessert les modestes bains des Gi'ails de C'anaveille, alimentés par dix sources d'eaux sulfurées sodiques (35 à 54°), et les Graiis à' Olette ou bains de Thtiès (env. 750 m.), établissement assez confortable possédant 42 sources d'eaux sulfurées sodiques très abondantes (27 à 78°). Ce sont des eaux excitantes qui s'emploient en particulier dans le traitement des rhumatismes, des névralgies et des maladies des voies urinaires. — La vallée est toujours encaissée entre de hautes montagnes. — 16 kil. Thuès (816 m.), halte desservant Thuès-entre-ValU, à g. dans le haut, et Thuès-de-Llar, à dr. sur la rive gauche.

Sur la rive dr., la gigantesque coupure des gorges de Carança, dclilé très pittoresque surtout dans ses deux premiers tiers, que parcourt un sentier forestier de 6 kil. de long, dont le prolongement conduit au lac de Carança (env. t; h.; 22(it> m.). Les bons marcheurs peuvent de là gagner, par le cul de ?i'eiifiiulx, VermiUtge de Niiria (p. 472), en Espagne.

,( l}i'in-i/-M,i<l,iwf. .AIONT-I.OITÎS. C..P.3G3.- 1V.R.-4. 471

l.;i \i)ii' traviTsc Ir (U'-liourlu' des <forj!;t'S dt- CaiUMijii, puis ci-liii (l'une autre j;tii'^<' prol'oudf, l't passe sur la rive <ç. tie la Tet jtar le *viiiduo Séjourné, ainsi nom nié de son constructeur. C'est un viaduc à 1<) arches, lonj^'de 239 m., qui comprend deux étages à l'endroit où il Iraucliit le torrent, à G5 m. de hauteur. Vue à gauche. Trois tunnels. — 20 kil. Fontpédrouse (1050 m.; hôt.). Dans la belle et profonde vallée de la Tet (beaux coups d'a-il), la voie passe avant et après la station de Sauto (23 kil.; 1222 m. d'alt.) sous plusieurs tunnels et sur des viaducs, et repasse sur la rive dr. par le *pont Gisclard, pont suspendu rigide, le premier de ce genre en France, hardiment jeté à une hauteur de 80 ni. au-dessus d'un ravin sauvage. Long de 253 m., il comprend une travée centrale de 15(5 m., deux travées latérales de 39 m. chacune et une travée auxiliaire de 19 m. Son créateur, le commandant Gisclard, a trouvé la mort en 1909, au cours des essais (nioiiunient, ])ar Rixens, érigé en 1912, en face du pont). Plus loin, vue i\ droite. — 25 kil. Planés (1372 m.), avec une curieuse église sur plan triangulaire. nionunient roman attardé (xv« s.). Deux viaducs et deux tunnels.

28 kil. Mont-Louis (1511 m. à la gare; hôt.: de France, 50 ch. dep. 2 fr., rep. 3 et 3.50, p. dep. (>; des Pyrénées, 45 lits, ch. dep. 2 fr., rep. 3, p. dep. G), anc. capitale de la Cerdagne française (v. p. 472), toute petite ville composée de huit rues droites et place forte créée en IGtSl par Vaubaii, mais qui a ])erdu de son importance. Elle est située à 15G5 m. d'alt., sur un plateau fertile se terminant à pic à l'E. et au N. et escarpé au S., mais dominée par d'autres hauteurs, eu particulier le pic de la Tausse (2038 m.; très beau panorama), au N.-E., où il y a un fort que dessert une route stratégique. La fraîcheur du climat fait de Mont-Louis un séjour d'été fréquenté par les Espagnols. L'hiver y est rigoureux. La rue qui monte de la porte de France, par où l'on entre, jiasse à une petite place où se trouvent le très modeste monument du général Dagobert (1736-1794) et l'église. Plus haut, la citadelle, qu'on peut traverser pour voir l'autre côté de Mont-Louis.

La Vite qu'on a an S. de Mont-Louis sur la vaille et les montagnes de la frontière, est hien dégagée, mais assez uniforme. Ijes versants des montagues sont encore en partie Ijoisés, mais les sommets sont nus, sans neige en été, et, sur une douzaine qu'on a devant soi, la ditîérence entre le plus petit et le plu» grand (Puignial; v. p. 473) est de moins de 200 m. Au N., la vue est liornée surtout par le pic de la Tausse (v. oi-dessua). — Défense de prendre des photographies.

A 8 kil. à ro. (voit, partie., S fr.), l'ermitage de Pont-Romeu («fontaine du Pèlerin»; 1777 m.), pèlerinage et séjour d'été dans lu lielle forêt du même nom. Du calvaire voisin, on a une vue magnifique sur la Cerdagne (v. p. 472). On est hébergé à bon compte par l'ermite («paborde». prévôt): grand hôtel en constr., à 3 kil. do la stat. d'Odeillo-Font-Romeu (p. 472). L'église a une Vierge noire ancienne sans valeur artistique et une belle Vierge moderne, par Oliva. Les pèlerinages, dont le i>rincipal a lieu le 8 sept., sont dans cette contrée des fêtes curieuses pour l'étranger, toujours aci'ompagnées de danses et autres divertissements.

472 lV.Ii.74. C.,p.S6H. ERMITAGE DE NURIA.

A 14 kil. au N.-O. de Mont-Louis, par uue lioniie route oarrossalile, ae trouve, dans un site grandiose, l'immense réservoir des Bouillouses (2020 m. d'alt.), qui peut contenir 13 millions de m. c. d'eau et alimente aveo 450 m. de chute l'usine électrique du chemin de fer. Son mur de retenue a 363 m. de long. On peut y aller par Font-Romeu (p. 4T1), en 4 h., et revenir par la route directe, en 3 h. — Piiy de Carlitte, v. p. 453.

De Mont-Louis à Formigu'eres, C'arcanières-E.tcoiiloubre et Qiiillaii (service autom.), v. p. 458-457.

De Mont-Louis a Bourg-Madame, par la route de la Solane (chem. de fer, v. oi-dessous): 27 kil. Cette route pittoresque et riche en points de vue passe par Bolquère (4 kil. 5) et OdeiUo (9 kil. ô; stations, v. ci-dessous). Targassonve (13 kil. 5) et le chaos de ce nom, fantastique accumulation de roches, puis par Angonstri7ie (20 kil. 5) et Villeneuve- des- Escaldex (21 kil. 5), à 1 kil. au S. des Escaldes (p. 474), et rejoint à Ur (24 kil.) la route d'Ax à Bourg-Madame (v. p. 454).

De Mont-Louis a l'ermitage de Nuria (Espagne) : 6 h. V2 à fi h., course intéressante, surtout pour ceux qui ne connaissent pas le peuple espagnol et ses pratiques de dévotion; mais il faut se résigner à une mauvaise nuit à l'hôtellerie et il est bon d'emporter des provisions. 11 y a un sentier assez fréquenté, qui prend à g. de la \-ieille route à lu t'abanasse, village à 1 kil. au S. de Mont-Louis. On gagne de \k Eyiie (1 h. '/i! gare, V. ci-dessous) et on en remonte la vallée, l'une des plus riches des P)Ténées par sa flore; on la quitte au Pla de la Bagovdc («plateau où l'on boit»; 1 h. V2J 2272 m.), pour monter au col de Nuria fl h. '/i; env. 2500 m.), entre le j///'c d'Eijne (278(5 m.), à g., et le pic de Nuria (2788 m.). i'i droite. Belle vue du coté de la Cerdagne, mais montagnes et vallées nues et tristes au sud. On redescend dans cette direction en 1 h. à l'ermitage, qu'on voit seulement peu de temps avant d'y arriver. L'ermitage de Nuria ou Nossa Senhora de Nu}-ia {iSOG m. ; hôtellerie, v. ci-dessus) est un pèlerinage célèbre dans toute la Catalogne, à voir surtout aux fêtes de la Vierge et à celle de iSt Gilles (l"' sept.), son fondateur, à qui est attribuée la Vierge noire en bois de l'église (vers 700). C'est aussi de ce saint que proviendrait le vase eu cuivre appelé <• oulle» (marmite), dans lequel les pèlerins mettent la tête (comme les Bretons entrent dans le four rie St-Jean-du-Pouldour), pour obtenir la guérisou ou la préservation de toutes sortes de maux et en particulier de la stérilité. Il y a encore une clochette do l'an 018, qu'ils sonnent dans le même but.

Au delà de Mont-Louis, la ligne franchit le col de la Pei'cJte (1577 m. ; belle vue), dépres.sion peu marquée qu'on aperçoit déjà de Mont-Louis, et où les Espagnols furent battus par les Français en 1793. — 30 kil. Bolquère- Eyne, où la ligne atteint son point culminant (1592 m.; v. p. 466) ; Eyne, v. ci-dessus. On redescend ensuite à la stat. à^ Odeillo-Font-Romeu (35 kil.; 1533 tu.), desservant l'ermitage de Font-Romeu (p. 471), traverse en tunnel le roi Riyat (1488 m.) et débouche dans la plaine de la Cerdayne.

Le nom de Cerdagne s'applique géographiquement à la vallée supérieure du Sègre, affluent de l'Kbre (Espagne); c'est une sorte de conque d'une altitude moyenne de 1200 à 1500 m., entourée de trois côtés de hautes chaînes de montagnes que des routes traversent par les cols de Puymoreiis (p. 153) au N.-O., Rigat et de la Perche (v. ci-dessus) au N.-E., et de Tosas (p. 474) au S.-E. La France ne possède qu'un tiers env. du pays, qui physiquement se rattache tout entier à l'Espagne.

Belle vue, au S.-O., sur la Sierra del Cadi. — 43 kil. Estavur (1327 m.), sur le Sègre, village remarquable par une église romane du xii« s. et des mines de lignite.

Une route de 2 kil., contournant au N. la montagne que couronne le château, mène à Llivia, centre d'une enclave espagnole d'env. 10 kil.

HOTTRG-MADAME. C.,p.:tos.- IV.R.u. 47.1

earrës, avec un millier d'iKiMtaiits. C'est la Jiilia Liria des Kouiuiiis et ee fut jusqu'au ii» s. la capitale de la C'erdapie (v. p. 472); la localité est iiiainteiiant saus iiiipoitanco et très sale. Klle a le titre de ville, et c'est même ce qui l'a fait exclure de la cession de 33 villages de la Cerilagne à la France par l'Espagne, dans le traité des Pyrénées (1659). On y voit les ruines du château des comtes de Cerdagne, du \iv s., détruit en 1-179 par ordre de Louis XI, roi de France. L'église, de la 2' moitié du XVI* s., est richement décorée dans le goût espagnol; elle contient les archives de la ville. Commerce d'articles pour contrebande en France, d'autant plus facile que le pays est plat et qu'on peut passer partout la frontière. — Un chemin neutre, qui parcourt env. 1600 m. sur le territoire français et croise (4 kil.) la route d'As à Bourg-Madame (v. i>. 454), relie Llivia au pont de la Kaour (4 kil. 4), sur la frontière espagnole.

Le cheniiu de ter contourne l'enclave de Llivia (vue à dr.) et franchit le Sègre. — 45 kil. ISaillagouse (1302 m.; hôt. Joseph Plauès), également sur le Sègre. Eglise romane. Monument du sculpteur Oliva, par Belloc (1902).

Le Puigmal (2909 m.), sur la frontière au S.-E., se gravit d'ici facilement en t; à 7 h. On passe par le pittoresque village de Llo {^U d'\\.; 1624 m.), le cirque de la Culasse (2 h. 3/4), le col de Llo (1 h. 3/4; 2658 m.) et le pic de Sègre (1 h.; 2795 m.). Vue étendue au S. et vers la mer. - Du col de Llo, on peut descendre au S.-E. à l'ermitage de Nuria (p. 472).

J^a voie ferrée passe ensuite au.\ stations d'Krr (47 kil.), de fSte-Léocadie i-i^ kil.) et d' O.sséj a {52 ki\.; 1254 m.; hôt. Puig), village industriel et qui a des villas appartenant îi des Espagnols, (îrande culture de fruits. — La ligne se termine à

56 kil. Bourg-Madame (1143 m.; hôt. Salvat, 27 ch. à 2 fr., rep. 2.5U et 3), petite bourgade moderne commerçante et la dernière localité frau(;aise, au couHuent du Sègre et de la Raour. Celleci, où mène la grand'rue, forme la frr)ntière. Douanes de chaque côté «lu pont.

Puyeerda, en espagnol Puiycerdd (1190 m.; omu. de la gare, 50 c.; hôt.: Europa, sur la grand'place; Tixaire, en deç^à), sur une colline («Puy Cerda», mont de Cerdagnej, à 10 min. à l'O. de Bourg- Madame, est une curieuse petite ville espagnole de 2500 hab. et un séjour d'été fréquenté par la haute société espagnole (v. ei-dessous). C'est la capitale de laCerdagne espagnole (v. p. 472), fondée au xii* s., jadis fortifiée et plusieurs fois prise par les Fram;ais. Elle intéressera ceux qui ne connaissent pas l'E.spagne, par ses vieilles maisons aux nombreux balcons, ses églises décorées dans le goût propre au pays, et naturellement aussi sa population. Elle est surtout à voir le dimanche. On entre, vers le haut, à g., par une vieille porte d'où l'on arrive à une rue transversale et par là, à dr., à la Plaza Mayor, la grand'place, que décore une statue rff Cabrinety, défenseur de la ville contre les carlistes en 1873, et où se tient le dim. uu curieux marché international. — De là on va, par la première rue à dr. en arrivant, à Vt^yliae Santa Maria, qui n'a de curieux à l'extérieur qu'uue Jolie porte latérale, mais dont l'intérieur est à voir, pour .su disposition et .sa décoration. — La rue qui longe cet

474 IV. n. 74.-0. ,3).3G3. PUYCERDA.

édifice h dr., conduit ii une jjlace où il y a un petit obélisque h la mémoire des défenseurs de la ville. Au fonii de cette place, un beau caaino. — H y a un peu plus loin derrière un quartier neuf, composé de villas de riches Barcelonais, avec un second casino, autour d'un étang artificiel datant de 1310, formé par un canal dérivé du Carol (p. 454). — Revenu au premier casino, on retourne dans la direction de Bourg-Madame en passant devant l'église iSt- Dominique, du xv s., qui a un beau porche gothique; près de là, une curieuse caserne. A remarquer enfin, dans la chapelle de Notre- Dame-de-Gracia, deux beaux tableaux sur bois du xv* s.

C'est à Puyceida que sera la gare internationale du chemin de fer transpyrénéen (v. p. 453).

De Bourg-Madame à Av (service autom.), par l'Hospitalet, v. p. 454-153.

— De Puycerda à la Seo-de-Urgél, v. p. 455.

De PiTTCERDA A RiPOLL (BuTcdone): ('>1 kil. de route; dilig. en 8 11., 12 et 10 fr. Le transpyrénéen (v. p. 453) reliera Puycerda à RipoU en passant eu tunnel sous le col de Tosas. — On passe par le col de Tosax (22 kil.; env. 1800 m.), d'où la vue est splendide; puis par Ribus (pron. <'rilies'>>; hôtels), à 25 kil. de là et que précède une belle gorge de 2 kil. de long. Ensuite vient une belle route où sont les bains de iî/6«s (3 kil.).

— Ripoll (079 m.; hôt. de l'Univers) est une jolie ville de 4900 hab. et le centre d'un bassin houiller important, au continent du Fraser et du Ter, et célèbre par sa magnifique *église, d'une anc. abbaye de bénédictins, fondée au ix« s., achevée au xvi« s. et restaurée de 1879 A 1893. On en remarque surtout la facjade, avec clocher de l'époque et toute couverte de sculptures. La lourde nef centrale date des ix<'-x« s., le transept et l'abside du xF s., les tombeaux, les chapelles latérales et les autels de marbre, des siècles suivants. Le chœur est du xvi' s. Le cloître roman, à deux étages, est remarquable. — Ripoll est relié par un chemin de fer à Barcelone (108 kil.).

De Bourg-Madame aux Escai.des (pny de Carlitte): 7 kil., route et voit. publ. dans la saison (1 fr.), par Ur (3 kil.; p. 454) et Villeiieiivedesi- Eftcaldes (5 kil. 5; p. 472). — Les Escald.es ou Encaldas (Aguas caldas, « eaux chaudes » ; 1350 m. ; hôt. à l'établiss. thermal) sont un hameau français possédant dix sources d'eaux sulfurées sodiques et bicarbonatées sodiques ou ferrugineuses (17 à 42"), surtout fréquentées par les Espagnols des contrées voisines. L'établissement est bien organisé et entouré de promenades ombragées, qui offrent de beaux points de vue. Uuide-muletier, Jean-Durand, do Dorres, <à V4 d'h. à l'ouest.

Puy DE Caklitte. C'est des Escaldes que se fait le mieux, en 5 h., au N., l'ascension de cette montagne. Elle n'offre guère de difficulté et peut s'effectuer en partie à dos de mulet. On monte d'abord au N., puis un peu à l'O., vers les pâturages de la Coma Armada ('/a h.). De là, en passant un canal d'arrosage, à un col à g. de la C'usteilla (1 h. '/<; 2089 m.). Ensuite on traverse le désert de Carlitte, tout parsemé d'étangs, à l'E. du pic; on passe à la baraque-refuge de l'étang Liât (1 h. 1/4; 2150 m.), où l'on peut trouver un gîte chez les frères Aymar, pêcheurs et bons guides; puis à une source ('/a h.), et 1/2 h. plus loin on arrive à la base du pic, jusqu'où peuvent aller les mulets. De là, '/-i h. d'escalade pénible jusqu'au col de VctrUtte (2000 m.), et 20 min. sur la crête, qui est très étroite. Le puy de Carlitte ou C'ariit (2921 m.) est le plus haut sommet des Pyrénées orientales, dont il otïre un magnifique panorama, depuis les Pyrénées centrales jusqu'à la Méditerranée et des plaines du Languedoc aux sommets les j)lus éloignés t]c la Catalogne. -- Descente du côté de V Honpifalet (A's), v. p. 453. Pour les descenti-s sur Formi'iuères ou Moiit- Louis, V. p. 453.

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