‹ Le Suffrage des Femmes en PratiqueChapitre 26 sur 50 · HONDURAS ANGLAIS · texte numérisé non relu

HONDURAS ANGLAIS

Hommes Femmes Total

Population 1911 29.374 20.084 40.456

Suffrage municipal féminin clans la ville de Belisè. 1911

Le gouvernement de Honduras, dans une lettre datée 12 décembre 1911, m’informe que dans l’année précédente un Conseil électif a été constitué, et le droit de vote est donné aux femmes qui sont imposées. Son Excellence ne voit aucune raison de supposer que de l’extension du suffrage dans les affaires munb cipales ne sera pas un avantage pour la communauté.

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Electorat municipal sans Péligibilité accordé aux femmes 1872 Electorat et éligibilité au Parlement donnés aux femmes 1907

Vote municipal. — En 1863 déjà, au moment où la Finlande commençait à renaître, le droit de vote municipal fut accordé aux femmes dans les campagnes. La Diète de 1872 l’accorda aux femmes contribuables des villes (1). Gomme le « cens » est relativement élevé le nombre des électrices communales est peu important. Pendant la Diète de 1897, le sénateur Léo Mechelin présenta une pétition demandant pour les femmes le droit d'éligibilité communale. Cette proposition fut acceptée par les quatre Etats, mais rejetée par le gouvernement sous prétexte que les femmes n’étaient pas mûres. Depuis-, un projet encore pendant demande l’égalité complète des sexes au point de vue municipal. De sorte que la législation finlandaise présente, entre autres, cette anomalie qu’une femme peut siéger à la Diète en qualité de député, mais qu’elle ne peut pas être conseillère m u ni ci pale.

Vote ecclésiastique. — On ne fait plus aucune distinction de sexe, depuis 1896, en matière de vote ecclésiastique.

Vote politique. — Les débuts du mouvement suffragiste remontent à une trentaine d’année.En 1884 la question du vote

(1) En Finlande l’organisation des villes est dilïérente de celle des communes rurales.

des femmes fut discutée pour la première fois à la Diète à propos d’une pétition présentée par deux membres de la noblesse. Un appel fut ensuite adressé par l’Association féministe, récemment fondée, àdoute la presse et à tous les électeurs, en faveur du droit de vote pour les femmes. Une pétition fut présentée en 1897 à la Chambre des « Bourgeois ».

Cette pétition insistait sur l’injustice dont souffraient les femmes et priait les députés d’abréger le temps où cette injustice subsisterait. Cette pétition ne fut pas votée.

Pendant les dix dernières années du XIX" siècle, les organisations féministes durent laisser chômer le mouvement en faveur du vote des femmes pour fixer leur attention et leurs efforts sur des devoirs plus imminents : l’existence politique de la Finlande était menacée. Il eût été maladroit de demander une réforme quelconque en faveur des femmes au Parlement tel qu’il était alors composé. Cependant, la question fit de grands progrès théoriques grâce aux efforts de Lucina Hagman, présidente des Unions, d’Ida Molander qui trouva le courage de réclamer le suffrage dans ces temps troublés, d’Adélaïde Ehrenrooth, d’Hélène Westermarck et d’autres. L’opinion publique se désintéressait cependant de cette question. En 1899 le coup qui menaçait depuis longtemps la Finlande s’abattit sur elle, menaçant de détruire sa Constitution et son autonomie. Ce fut un temps de servitude et de deuil national où chaque jour apportait de nouvelles douleurs, où ce qui était sacré pour le peuple finlandais, langue, religion, coutumes, tout fut remis en question. Alors retentit dans tout le pays un cri de combat, et le mot d’ordre fut d’opposer une résistance passive à toutes les mesures illégales. La majorité de la nation obéit au mot d’ordre et des centaines, des milliers de femmes de toutes les conditions, qui jusqu’alors avaient combattu pour leurs propres droits, entrèrent dans l’opposition et lui offrirent leurs services qui furent acceptés avec enthousiasme. Une société secrète, qui avait des ramifications dans tout le pays, fut fondée. Les femmes s’en occupèrent activement. Leur sens politique fut éveillé, ainsi que le sentiment de leur responsabilité dans le destin de leur patrie. Le désir de partager cette responsabilité avec les hommes contribua puissamment à augmenter l’activité politique des femmes finlandaises.

La première réunion publique pour le suffrage des femmes eut lieu le 7 novembre 1904 à Helsingfors, peu de temps après l’ouverture de la Diète. L’initiative avait été prise par l’Union des

Sociétés féministes, et environ 1.000 femmes de tous les partis y participèrent. Les femmes de la bourgoisie demandaient pour les femmes le droit de vote aux mêmes conditions que pour les hommes ; les socialistes demandaient le suffrage direct, secret et universel pour les femmes et pour les hommes. On prit une résolution dans ce dernier sens, en terminant. Cette Assemblée fit époque dans le combat assez court qui se livra en faveur du vote des femmes. 11 faut remarquer que c’est à cette occasion que le droit d’éligibUité fut demandé pour la première fois pour les femmes. On reçut des télégrammes de sympathie de tout le pays, où s’exprimait cette conviction que les droits politiques des femmes n’auraient de valeur pour elles que si les droits constitutionnels de la Finlande étaient de nouveau rétablis. Les diverses organisations féministes travaillèrent et préparèrent si bien fopinion publique que lorsque l’heure de la délivrance sonna enfin pour la Finlande, à la suite de la grève nationale de 1905, tout le monde était disposé à reconnaître l’égalité des sexes devant la loi. Tous les partis politiques s’en déclarèrent partisans (les socialistes depuis 1901). Avant la fin de la grève nationale on organisa un meeting sufïragiste comprenant des déléguées venues de tous les points du pays. La même motion fut adoptée avec un grand enthousiasme. Un comité central fut chargé de continuer la propagande et, le 28 mai 1906, la Diète vota cette réforme sans qu’une seule voix s’y soit opposée. Les femmes reçurent définitivement le droit de vote par la réforme électorale du 20 juillet 1906. Cette réforme abolissait l’ancien système des quatre Chcimbres (noblesse, clergé, bourgeoisie, paysans) et établissait une Chambre unique avec 200 députés, nommés au suffrage universel direct et secret et proportionnel. Le 20 juillet 1907, le tsar contresignait, en sa qualité de grandduc de Finlande, cette loi électorale qui reconnaissait aux femmes la plénitude de leurs droits.

Les conditions exigées des femmes pour être électrices sont les mêmes que pour les hommes. Sont élcteurs, dit le paragraphe 5, les citoyens finlandais des deux sexes ayant accompli leur 24® année. Sont exclus : l'^ les militaires en activité ; 2® les mineurs ou ceux qui sont pourvus d’un conseil de tutelle ; S*’ ceux qui n’ont pas été inscrits- sur les listes électorales pendant les trois dernières années ; 4"^ ceux qui, faute de ressources, n’ont pas payé leurs impôts pendant les deux dernières années ; 5° les personnes constamment assistées ; 6% 7% 8% 9% les banqueroutiers, les proscrits, les personnes ayant perdu leurs droits

civils, celles qui ont été punies pour* une fraude électorale, etc.

Le paragraphe 6, dit : « Est éligible électeur, en quelque endroit que se trouve son domicile » ; le paragraphe 8 indique, comme une concession en faveur des femmes, qu’un député peut se désister de son mandat.

L’excédent du nombre des femmes est dans les villes de 240 d 576 pour 1,000 ; dans les campagnes de 22 à 110. Bien que les femmes représentent la majorité des.électeurs, le nombre absolu de celles qui votent réellement est moins considérable que celui des hommes si l’on considère tout le pays. Mais dans les villes où elles sont en grande majorité le nombre absolu des suffrages féminins l’emporte sur celui des sulTrages masculins. D’une façon générale, on vote plus à la campagne que dans les villes.

Les premières élections eurent lieu au milieu de mars 1907. Les candidatures féminines furent passablement nombreuses et se produisirent sur les mêmes listes que les candidatures masculines. Dix-neuf femmes furent élues ; elles travaillèrent avec les hommes des diüerents partis auxquels elles appartenaient, et cette tradition se poursuit. La preuve que les femmes ne se sont pas bornées à défendre les intérêts exclusivement féministes réside, entre autres, dans ce fait que jusqu’ici les bulletins de vote distribués aux électeurs ne portent presque jamais plus d’un nom de femme pour deux noms d’hommes. (D’après le système proportionnaliste adopté en Finlande l’électeur répartit son vote entre trois noms de candidats qui lui sont proposés sur le même bulletin de vote). Cette modération de la part des femmes est d’autant plus remarquable qu’elles collaborent en grand nombre, et avec beaucoup de zèle, aux organisations de partis où le groupement des candidats et l’élaboration des bulletins de vote s’effectue.

Les femmes députées appartiennent à tous les milieux sociaux: institutrices., écrivains, journalistes, couturières, doctoresse en philosophie, fonctionnaire, ouvrière socialiste, paysanne, ouvrière manuelle, etc. La plupart avaient plus de 40 ans et étaient mariées ; trois d’entre elles étaient des femmes de députés ; trois d’entre d’elles ont eu des enfants pendant la durée de leur mandat, sans pour cela manquer aux séances plus de quelques semaines..

Le tableau suivant offre une vue d’ensemble sur la répartition des votes pour la Diète de Finlande de 1907 à 1911.

Un autre tabelau, de même provenance, nous renseigne sur l’activité des femmes députées, dans les diverses commissions de la Diète, le nombre de motions présentées par elles, etc.

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