‹ Le Suicide d'une raceChapitre 18 sur 37 · LE GRA^D REMÈDE ZJ · texte numérisé non relu

LE GRA^D REMÈDE ZJ

protestants. L'Italie ne voit-elle pas croître rapidement sa population ; le Canada français si foncièrement religieux, n'a-t-il pas une des plus fortes natalités du monde ? Si la France catholique a moins de naissances que l'Angleterre ou l'Allemagne, est-ce parce que le catholicisme y est trop florissant ou bien parce qu'il lui manque ? Quels sont, dans les pays protestants les éléments les plus prolifiques ? En Amérique, le Yankee, malgré ses formules officielles, est un déiste, dont la vague religiosité ne pénètre ni ses convictions ni ses mœurs ; aussi « le fis unique » est-il, à l'heure actuelle, la règle normale des ménages de l'Union. A côté d'eux, les Canadiens, les Irlandais et les autres émigrés catholiques peuplent les vastes territoires du Nouveau-Monde et en seront bientôt les maîtres. La fécondité chez les différentes confessions religieuses en Allemagne a fait l'objet d'études très spéciales. « Il est incontestable que les unions catholiques sont plus prolifiques que les unions protestantes et les unions juives. Les statistiques sont décisives sur ce point :

Nombre des enfants légitimes en Prusse de 1875 à 1900 (pour un mariage) :

Mariage entre protestants

— — catholiques

— — juifs . . .

— — dissidents .

Le docteur Broesicke, dans son commentaire de la

AaS le Suicide d'une race

publication prussienne de statistique de 1900, résume ainsi les conclusions de ce tableau. « Il est remarquable : i° que la fécondité des mariages catholiques est supérieure à la fécondité des mariages protestants dans toutes les provinces de la monarchie (excepté Hohenzollern) et non pas seulement dans les provinces de l'Est, fortement imprégnées d'éléments slaves ; 2° que les mariages mixtes ont relativement peu d'enfants. »

Le fait indéniable de la grande fécondité des mariages catholiques a été étudié avec quelque passion par les auteurs qui, ne se contentant pas d'une simple constatation, comme Brcesicke, ont recherché une explication. Les catholiques y ont vu l'influence de leur religion. L'un d'eux conclut que « les effets heureux du sacrement de la pénitence enraient avec succès la tendance de limiter le nombre des enfants qui se répand de plus en plus en Allemagne. » La position très catégorique que la théologie et la discipline catholique prennent dans la question de la limitation artificielle de la natalité sont certes une des causes importantes de la natalité favorable dans les familles catholiques. Mais certains écrivains défendent cette vérité avec une ardeur qui les rend aveugles pour l'examen des autres circonstances qui expliquent partiellement le même fait (1). »

Cet aveu de M. A. Dorff est suggestif, et quelles

(1) A. Droff. — Le Mouvement de Li Population en Allemagne. — Réforme sociale, Ier mars 1909.

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que soient les réserves qu'il apporte, il n'en demeure pas moins vrai que le catholicisme a une réelle influence sur la natalité.

Le salut de notre race exige donc la rechristianisation de toutes les classes de la nation.

C'est le devoir de ceux qui gouvernent. Avant qu'ils favorisent la religion catholique, avant même qu'ils cessent de la persécuter, de longues années s'écouleront. Mais un jour viendra où, malgré les passions sectaires qui les aveuglent, ils reconnaîtront, après avoir assisté à la faillite de tous leurs expédients, que la religion seule est notre suprême ressource. Déjà beaucoup reconnaissent, dans l'intimité ou en public, que c'est le grand remède, et cependant, hier encore, ces hommes avaient uniquement confiance dans la science. Ils avouent simplement qu'ils se sont trompés, et ils demandent, avec M. P. Leroy-Beaulieu, qu'on change la direction donnée à l'enseignement public, qu'on revienne aux vieilles croyances et aux mœurs traditionnelles.

En attendant ce revirement de l'opinion les catholiques doivent faire tout leur devoir. La prospérité et même la vie de l'église de France sont en jeu. Plus il y a d'enfants, plus il y aura de fidèles, plus il y aura de prêtres et de religieux. « Aujourd'hui le sacerdoce paraît menacé. Le sensualisme jouisseur et atrocement calculateur se refuse à donner encore à l'Eglise les jeunes lévites dont elle a besoin pour le service des autels. Les diocèses vont manquer de prêtres, les noviciats religieux de recrues, les mis-

sions d'apôtres, parce que les familles n'ont plus assez d'enfants, parce qu'il y a déjà trop de parents égoïstes, toujours prêts à étouffer la vocation dans l'âme de leur fille unique, idole du foyer, de leur fils unique, héritier présomptif de leur nom et de leur fortune. » Les catholiques se résigneront-ils à détruire eux-mêmes les espérances de Dieu et de l'Eglise ? Ils se plaignent amèrement d'être traités en parias dans leur propre pays. Ils attendent un sauveur qui leur rende la liberté. Le sauveur, c'est l'enfant. Minorité aujourd'hui, ils peuvent être dans quelques années le nombre. La race des persécuteurs s'éteint très vite : le vice, l'égoïsme, la jouissance, la tuent; la race des persécutés riche de vertus, de dévouements se multiplie et se perpétue. Que les catholiques de France se souviennent des catholiques suisses. Lorsqu'en 1873, la persécution sévissait à Genève, exilant Monseigneur Mermillod et emprisonnant les curés, les catholiques du canton sortirent de leur apathie. Décidés à sauver leur foi et celle de leurs enfants, ils ne virent pas d'autre moyen d'affranchissement que la conquête de la suprématie par le nombre. Ils se résolurent à être chrétiens logiques et à multiplier les catholiques dans le fief de Calvin. Acceptant franchement le joug si suave du Christ, ils donnèrent joyeusement à Dieu des âmes, et à Genève des citoyens vengeurs des droits méconnus. Aujourd'hui, la Rome calviniste est à moitié catholique et la liberté se trouve pleinement reconquise.

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