Id.f ibid,f I, p
Les marins de notre Méditerranée levantine, plus habitués à de périlleux cabotages, se lancèrent de bonne heure par-dessus Tisthme de Suez. La plus ancienne Instruction nautique que nous ayons est un périple de la mer Rouge, gravé sur les ruines pharaoniques de Deir-el-Bahari : c'est le récit illustré des navigations vers les Échelles de TEncens, qu'ordonna au XVI" siècle avant notre ère la reine-pharaon Haitshopsitou. Puis, des temps de Salomon aux temps de Tibère, les entreprises maritimes de Hiram, de Cambyse, d'Alexandre, des Ptolémées et des Césars jalonnent l'histoire de notre antiquité. Mais si de grandes expéditions, organisées par les souverains, convoyées par des vaisseaux de guerre et médiocrement soucieuses de gain immédiat, pouvaient de loin en loin réussir, le commerce quotidien et privé rencontrait ici trop de risques, qu'un périple gréco-romain nous énumère :
Toute cette Arabie, qui s'allonge sur le bord oriental de la mer Rouge, est habitée par des peuples aux idiomes différents. Le Pays Côtier est parsemé de huttes d'Ichthyophages (Mangeurs de Poissons). Le Pays d'En-Haut est occupé, soit en bourgs sédentaires, soit en tribus nomades, par de méchants hommes qui pillent les navires poussés à la côte et réduisent en esclavage les naufragés. Ajoutons les périls dont toute cette navigation est remplie, Tabsence de ports, la rareté même des plages, la mer semée d'écueils, la rive bordée de roches, partout le danger. Aussi tenionsnous soigneusement la haute mer, en évitant cette côte, jusqu'à l'île du Volcan,^ où commencent les peuplades moins féroces, les tribus de nomades et de chameliers *.