Edrisi, trad. Jaubert» I, p
Ces dififérences de pays créent des oppositions d'intérêts et des rivalités de peuplades. Néanmoins, tout au long de la bande, règne d'ordinaire^ une sorte de paix arabe : la communauté de langue, de mœurs et de religion, la pratique de l'hospitalité envers le voyageur et de la protection envers le fugitif tempèrent un peu les furieuses habitudes de brigandage et de vengeances. Quoique précaire et pleine d'embûches, cette paix arabe a toujours permis la circulation des marchands, tout au moins les échanges de tribu à tribu, qui finissent par transporter à chaque extrémité les produits de l'autre bout.
Aden, au temps de la prospérité et de l'indépendance arabes, était la tête de cette route sur l'océan Indien :
La ville d*Aden est petite, mais renommée à cause de son port de mer, d'où partent les navires destinés pour le Sud, rinde et la Chine. On y apporte de ce dernier pays des marchandises telles que le fer, les lames de sabre damasquinées, les peaux de chagrin, le musc et Taloès, les selles de chevaux, la vaisselle de terre, le poivre odorant et non odorant, la noix de coco, le cardamome, la cannelle, le galanga, le musc, les myrobolans, Tébène, récaille de tortue, le camphre, la muscade, le clou de girofle, les cubèbes, diverses étoffes tissues d'herbes, d'autres riches et veloutées, des dents d'éléphant, de Tétain, des rottangs et autres roseaux, ainsi que la majeure partie de Faloès amer destiné pour le commerce *.*
A l'autre extrémité, les caravanes aboutissaient à quelque port du Sinaï ou de la Palestine, suivant que