Ëdrisi, tlrad. Jaubert^ I^ p
les chameliers poussaient jusqu^à la Méditerranée ou que les Méditerranéens refoulaient les Arabes au désert. C*est ainsi que, tour à tour, les échanges entre Arabes et Méditerranéens se firent soit au fond du golfe du Sinaï, sur la plage d'Akabah, où tombent les « escaliers » {akabak, en arabe) de l'Arabie; soit au fond du golfe de Suez, où s'éleva la fameuse Colzoum des Musulmans, qui donna son nom à toute la mer entre Tisthme et Bab-el-Mandeb ; soit enfin sur la Méditerranée, à Gaza. Durant toute l'histoire, ces emporiums prospèrent ou disparaissent, suivant que le caravanier du Hedjaz peut ou ne peut pas y amener ses chameaux. On connaît la fortune des marchés sinaïtiques, Aïlat et Asion Gaber, aux temps judéo-phéniciens, puis Pétra aux temps grécoromains. Aux temps arabes, « Aïlah, est une petite ville fréquentée par les Arabes qui en sont les maîtres; tout près, l'île de Noman est peuplée de misérables Arabes, qui vivent des produits de la pêche* »; mais c'est Gaza « que fréquentent les commerçants du Hedjaz* ».
D'Aden à Gaza, de l'océan Indien à la Méditerranée, le courant commercial emprunta ce trajet du Hedjaz, jusqu'au jour où nos vapeurs enfilèrent la mer Rouge. A égale distance des deux bouts, à 1 200 kilomètres d'Aden et à i 200 kilomètres du Sinaï, la Mecque s'était bâtie auprès du fameux puits Zemzem :