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N. Verney et G. Dambmann, Les Puissances, etc., p

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dières de nos locomotives. Si jamais l'Allemagne, ayant achevé son chemin de fer de Bagdad, eût poursuivi vers le Golfe et vers les Indes quelques projets hostiles à l'Angleterre, Tinfluence ou la force anglaises eussent trouvé un précieux instrument en ce rac- 'courci de Khaïfa à TEuphrate, puisque Londres n'a pas le raccourci beaucoup plus bref que jadis elle espérait ouvrir entre le golfe d'Alexandrette et l'Euphrate, par la plaine d'Antioche que surveille la garnison de Chypre.

De même, vers le golfe du Sinaï, l'antiquité nous a laissé le souvenir d'une route palestinenne qui, jadis, amenait aux ports de Syrie le commerce de la mer Rouge. C'était au x® siècle avant notre ère : les civilisations de rÉgypte et de la Chaldée et le commerce entre elles florissaient depuis quelque trois ou quatre mille ans. La rade de Saint-Jean-d'Acre, fouettée par les vents du nord, exposée aux razzias de l'intérieur, était délaissée pour les mouillages voisins de Tyr et de Sidon.

Les « Ihalassocrates » phéniciens, les Anglais d'alors, régentaient la mer intérieure jusqu'aux lointaines colonnes dressées par Hercule pour soutenir la voûte du couchant; leurs deux capitales, Tyr et Sidon, étaient les intermédiaires entre les civilisations levantines et les barbaries occidentales. Sidon, au nord, préférait, semble-t-il, les îles et côtes des mers septentrionales, l'Anatolie, la Grèce et l'Adriatique (Ulysse, l'Homme aux Mille Tours, confessait la supériorité de ces « canailles » de Sidoniens) ; Tyr

avait rÉgypte et la Libye, les côtes méridionales. Par rÉgypte, les Tyriens avaient connu le pays des épices : à la solde de Pharaon, ils avaient peut-être entrepris le roulage de la mer arabique. Quelle brouille entre eux et Pharaon survint? Un roi de Tyr, Hiram, voulut monter une concurrence à TÉgypte : une royauté puissante venait de grouper autour de Jérusalem les tribus des Béni Israël; Hiram s'entendit avec les rois juifs, David et Salomon, et Jérusalem détourna vers Tyr le commerce de la mer Rouge que les flottes judéo-phéniciennes attirèrent au fond du golfe d'Akabah. Cette combinaison fit la richesse de Salomon et lui valut la flatteuse visite de la reine de Saba : Guillaume II, pour qui l'exégèse et les vieux textes, Hammourabi, Babel und Bibely n'ont aucun secret, a songé peut-être à cette page de l'Écriture. Ses explorateurs et ses agents l'ont d'ailleurs renseigné.

Un diplomate allemand, que l'on retrouve en toutes les affaires levantines ou africaines qui sont dirigées contre TAngleterre, le baron M. von Oppenheim, a longuement exploré le pays entre la côte syrienne et le golfe Persique : son voyage, exécuté en 1893, nous a valu, en 1899, deux volumes compacts, Vom Miitelmeer zum Persischen Golf, où la minutie de l'information semble trahir quelques méthodiques projets. Aujourd'hui détaché au Caire avec le titre de conseiller de légation, mais sans attributions ni poste définis, M. von Oppenheim doit avoir gardé en mains toutes les affaires « de la Méditerranée au golfe

Persique » : dans V Annuaire diplomatique allemand, le consulat allemand de Bagdad relève, pour la juridiction, de Constantinople, mais pour la politique, du Caire.

D'autres ont recherché quels services la Deutsche Levante Linie pouvait rendre aux ports syriens et aux colonies allemandes en Palestine *. Cette Compagnie hambourgeoise fondée en 1889, voulut au début se borner à des « bazars flottants », qui s'en iraient de port en port étaler leur camelote et ravitailler les dépôts que les sociétés d'exportation, Export^Verband deutscher Maschinenfabrik und Huttenwerke, Deutsche orientalische Exportgeselischaft^ etc., installeraient dans les ports levantins : aux temps homériques, les Phéniciens avaient inventé ce mode de trafic, pour enlever plus commodément les filles et garçons qui venaient admirer à bord leurs « divines pacotilles »; aujourd'hui, ces tournées de bateaux-expositions, dont la promenade du Gottorp sur le pourtour de la Méditerranée islamique fut le plus bel exemple, ne donnent aucun résultat. La Deutsche Levante Linie revint donc aux habitudes de ses concurrentes : elle organisa des services entre Hambourg et les Échelles, braconna dans les chasses anglaises, françaises et autrichiennes, à Salonique, à Constantinople, à Beyrouth. Puis, voulant avoir son domaine propre, elle combina des systèmes de tarifs par rails et par canaux, qui centralisèrent dans ses

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