‹ Le sultan, l'islam et les puissancesChapitre 54 sur 71 · De Cholet, Arménie, Kurdistaiif Mésopotamie^ p. 26i-3iO · texte numérisé non relu

De Cholet, Arménie, Kurdistaiif Mésopotamie^ p. 26i-3iO

la voie de terre en chargeant sur des bêtes de somme leurs outres dégonflées.

Avec tous ces désavantages, on comprend qu'à cette voie du fleuve, le commerce ait depuis des siècles préféré le long détour des caravanes qui, de Mossoul à Bagdad, comme d'Alep à Mossoul, évitent la plaine et les nomades, et vont au pied des montagnes chercher les villes d'étape, Erbil, Altin-Kupru, Kerkouk, etc. Cette plaine de Chérizor est un coupegorge : ses montagnes limitrophes de la Perse sont le refuge des Kurdes les plus insoumis. Les géographes officiels de la Turquie contemporaine déplorent eux-mêmes l'état où sont abandonnées ces populations « sans maîtres, sans religion, ne connaissant que les besoins de la vie animale », et chez qui ni Dieu ni Satan n'est respecté *.

Cette plaine aux premiers siècles du christianisme avait mérité le nom de BeiiDjerma^ la Maison des Os, à jause des milliers de martyrs qu'y faisaient les incursions de la Perse païenne; sauf les quatre ou cinq siècles durant lesquels le khalife de Bagdad y fit régner un semblant de paix, elle a continué jusqu'à nous de mériter ce nom. La contrée est fertile; de la plaine, inondée l'hiver, aux vallons retentissants de cascades et de rivières et aux montagnes couvertes de forêts, toutes les cultures pourraient s'étager, riz et dattes, vignes et oliviers, céréales et

Page 1