Vital Cuinet, Turquie d* Asie j II, p
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Ijh site de Cbaklava, pendant la belle saison, avec ses /;f>ais ombrages et ses frais ruisseaux, a quelque chose de f*-erique. D»-s que les fruits commencent à mûrir, les habil/irils quittent le village pour se transporter dans les vastes vergers d'alentour; là ils se construisent des abris de branchages, qu'on nomme en chaldéen kopi-ana, oii ils séjournent jusqu'en automne pour garder les fruits contre
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les maraudeurs. Mais, comme disent les habitants, ce paradis ressemble à celui d*Adam : le diable y change en amertume toutes ces douceurs. Le joug kurde pèse sur ce pays plus durement que partout ailleurs. Un mir puissant fait sa résidence à Ghaklava et, bien qu'en principe il semble reconnaître l'autorité du gouvernement, c'est lui qui en réalité règne sur la contrée par des agas qui l'oppriment, la désolent et commettent impunément mille crimes, sans que personne ose avoir recours contre eux aux tribunaux : pour une personne qu'on voudrait venger par la voie de la justice, les poignards kurdes en sacrifieraient quatre autres.
Ainsi parle un auteur contemporain, qu'on ne saurait accuser de sévérité à l'égard de la Porte et du régime hamidien : Vital Cuinet *.
Délaissant la route des caravanes et ce pays trop mouvementé des deux Zabs, c'est tout le long du Tigre, sur la rive droite, que le rail doit descendre : Mossoul, Tekrit, Sadié, Bagdad; deux sections de deux cents ou deux cent cinquante kilomètres chacune. Tekrit est juste au milieu.
De Mossoul à Tekrit, c'est la mftme Mésopotamie déshabitée, mais cultivable, qu'aux environs de Nisibis et de Mossoul : des collines, de petites chaînes de montagnes assez abruptes longent et coupent le Tigre et le partagent en biefs que réunissent des sortes d'écluses naturelles ou des rapides. Il suffirait de quelques travaux d'irrigation pour border le fleuve de plantations et de récoltes, de vignobles, de vergers et d'olivettes, sur quelque cent cinquante mille hec-