‹ Le sultan, l'islam et les puissancesChapitre 65 sur 71 · Voir A.-G. Olivier, Voyage^ IV, p. 430 et suivantes · texte numérisé non relu

Voir A.-G. Olivier, Voyage^ IV, p. 430 et suivantes

« beaucoup de -cuivre en pain des mines d'Asie Mineure, ainsi qu'une grande quantité de vieux cuivre qui est apporté de la Syrie, de la Mésopotamie, de la Natolie et du Kurdistan », des noix de galle, des « plumes à écrire fournies par un roseau qui croît sur le bord des rivières », des chevaux élevés par les tribus arabes, et des marchandises d'Europe venues par caravanes, satins, velours, étoffes en or ou argent de Lyon, draps de France ou d'Angleterre, aiguilles, montres, clous, fers, ambre, verres de Bohème. Bagdad recevait les châles du Cachemire, les sucres et les soies du Bengale, les mousselines de Surate, les toiles de Madras et de Masulipatan.

Au cours du xix* siècle, si l'on excepte les sucres et quelques soieries, drogues et manufactures de France, on peut dire que les importations de l'Inde et de l'Angleterre ont eu une sorte de monopole sur la place de Bagdad; elles approvisionnaient non seulement la plaine des Fleuves, mais aussi, par la route de Kirmanchah, une grande partie de la Perse occidentale. En 1903, le consul anglais écrivait que la concurrence russe commençait à se faire sentir dans cette Perse et que les cotonnades russes enlevaient à Manchester les marchés de Kirmanchah et de Hamadan. En 1905, cette concurrence russe tombait un peu, mais les Allemands apparaissaient et leur commerce était puissamment aidé par les services, dans le Golfe, du Lloyd^ puis de la Hamburg Amerika. Il est impossible de citer des chiffres : aucune statistique n'est tenue et ne saurait être tenue sur ce

marché de Thinterland. On estimait en 1903 que les importations varient de 22 à 25 millions, la moitié venant de l'Angleterre et de ses colonies, un'septième de la France, un dixième de Trieste, un vingtième à peine de rAllemagne*. En 1906, Hambourg fournit lainages, cafés, cuivres, papier, allumettes, etc. ^. C'est un beau début : que va devenir le monopole anglais? Serviteurs du Sultan-Khalife, les Allemands auront contre eux la majorité de la population, qui est musulmane, mais chîite. On sait comment, sous les quatre premiers Khalifes, qui étaient des parents ou des amis de Mahomet, Tunité de Tlslam se maintint; encore aujourd'hui, tout l'Islam vénère ces quatre premiers khalifes racAerfz (directs), Abou-bekhr, Omar, Othman et Ali (632-661). Mais dès le règne d'Ali les discussions théologiques et les guerres civiles mirent aux prises ceux qui voulaient laisser leKhalifat à l'élection populaire et ceux qui voulaient le réserver à la seule famille de Mahomet et de son gendre Ali. A la mort d'Ali, les premiers l'emportèrent et la majorité de l'Islam resta fidèle au Khalifat et à la tradition, sunna : d'où leur nom de sunnites. Mais une minorité de sectateurs, chiites, ne reconnut désormais comme successeurs du Prophète que la descendance d'Ali, ses deux fils Hassan et Houssein et les fils d'Houssein jusqu'à la neuvième génération, — les Douze Imans.

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