‹ Le sultan, l'islam et les puissancesChapitre 66 sur 71 · Comité de V Asie française ^ 1903, p · texte numérisé non relu

Comité de V Asie française ^ 1903, p

2. Diplomatie and consular ReportSy n"' 3 025,3 235, 4 477, 3 663, 3 873.

Ali, ses deux fils, Hassan et Houssein, et les neuf descendants d'Houssein jusqu'à Mohammed el Mahdi, qui disparut miraculeusement, furent tous assassinés ou empoisonnés, martyrisés par les SunniieSy qui presque partout remportèrent : en Perse et dans l'Inde seulement, Tlslam presque entier reste chîiie, et dans Tlrak, malgré la tyrannie du Khalife sunnite, les quatre cinquièmes des musulmans continuent de vénérer les Douze Imans. Pour les Sunnites^ le pèlerinage à La Mecque donne, seul, le titre de hadji : pour les chîiies, une visite aux tombeaux des Imans a la même valeur, et le bonheur éternel est assuré à ceux qui viennent dormir leur dernier sommeil auprès de ces tombeaux. Aussi, chaque année, de Tlnde, de la Perse et de tout Tlrak, des vivants et des morts arrivent par milliers à Nedjef dont la mosquée possède des reliques d'Ali, à Kerbela, où reposent Houssein et Timan Abbas, à Kazmié, tombeau des trois imans Moussa, Mohammed et Hassan, et à Samara où disparut le Mahdi.

Les souverains chîites de la Perse ont revêtu de feuilles d'or les dômes et les minarets de ces mosquées. Chaque année, de riches Persans y apportent leurs offrandes et les cadavres de leurs proches. Par la « route du Khorassan », dont les Allemands comptent faire leur embranchement de Khanikine, Bagdad voit descendre, chaque moharrem, cent ou cent cinquante mille pèlerins et cinq ou dix mille cadavres, sans compter ceux qui sont introduits en fraude pour ne pas acquitter les droits exigés par la

douane turque. Le consul anglais à Kirmanchah écrit en 1904 :

Le consul turc a délivré 23 000 passeports cette année aux pèlerins qui voyagent à cheval, mulet ou âne ; les piétons, les femmes et les enfants n'ont pas besoin de passeports. On estime de 50 000 à 100 000 le nombre des pèlerins qui empruntent cette route de Kirmanchah ; chaque passeport rapporte 20 piastres au consulat de Turquie , qui reçoit ainsi une moyenne annuelle de 5 000 livres turques (115 000 francs): les recettes ont atteint cette année 8 200 livres turques (190000 francs environ) *.

Chaque cadavre importé de l'étranger, -— ajoute Vital Cuinet=^, — doit acquitter une taxe de 50 piastres. Les cadavres de sujets ottomans ne paient à l'office sanitaire qu'une taxe de 20 piastres. Mais le gouvernement local de Kerbela, de Nedjef et de Kazmié perçoit de son côté un droit d'inhumation [qui varie] suivant la sainteté de l'emplacement choisi : 5 000 piastres pour être enterré dans Fenceinte sacré de Kerbela ou de Nedjef, 2 000 piastres dans la première classe de Kazmié, puis 750, 500, 200, 100 piastres dans les mosquées, chapelles latérales ou bas-côtés, — dernière classe : 31 piastres 1/2 dans la plaine sainte, hors les villes^. Les desservants des mosquées ont le droit de faire payer aux gens riches au moins le double du tarif. Les honneurs funéraires, rendus aux riches Persans, coûtent des sommes énormes : les frais du convoi et de la sépulture du gouverneur de Kirmanchah, en 1889, se sont élevés, dit-on, à 5 000 livres turques (environ 115000 francs).

Ce transit de cadavres entraîne une manutention dont les conséquences sont de terribles épidémies de peste ou de choléra :

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