Vital Guinet, Turquie d'Asie, III, p
que les Persans eux-mêmes (ce fut le cas en 1906*) ont recours quand les tracasseries ou les voleries turques dépassent la mesure : on estime à 60 000 francs par mois les sommes distribuées par Tentremise des consulats anglais aux pauvres des quatre villes saintes, Kerbela, Nedjef, Kazmié et Samara.
Comme agents de son influence et de ses charités, TAngleterre a dans ces villes et à Bagdad des princes ou des personnages de Tlnde qu'elle a jugé bon d'expatrier et qui se résignent sans peine, moyennant d'honnêtes revenus, à finir leurs jours en ces Demeures de la Paix — Dahr-es-Salam est Tun des noms de Bagdad. On dit que le total des traitements payés par le consul anglais dépasse chaque année 20 000 livres sterling, 500000 francs «. Ces musulmans hindous tiennent ici, pour le service de l'influence anglaise, le rôle qu'Abd-el-Kader et son clan tinrent si longtemps pour le service de notre influence française à Damas. En 1805, le comte de Kameke proposait à Napoléon de duper les espoirs que tout le chîisme garde en la résurrection de son douzième Iman, Mohammed le Mahdi : un aérostat lumineux, lançant des papiers prophétiques, aurait, durant les nuits sacrées du pèlerinage, préparé les esprits à cette apparition ; un soir, dans le Lieu Saint, le comte eût jailli de la cave où le Madhi s'est jadis enfoncé, et il se fût dressé devant la foule, « resplendissant tout entier d'un feu phosphorique, des étincelles électri-