DANSES ET JEUX
chèvre tannées que le tambourineur frappe à tour de bras, sans souci du tympan des spectateurs.
Le gaboussi, sorte de théorbe à trois cordes, est moins bruyant ; il est fait d'une moitié de calebasse munie d'un manche et tendue de parchemin; on en pince comme d'un luth.
La grande distraction des Anjouanais est le jeu, jeu de cartes et d'échecs. Les femmes indigènes ont pour passe-temps favori le mrâantsou, notre jeu de dames, qui se joue sur un damier à compartiments hémisphériques où les pions sont remplacés par les fruits desséchés du n'tso.
Mais ce sont là divertissements tranquilles qui le cèdent en intérêt aux exercices violents tels que le moringué et la course de taureaux.
Le moringué est le vulgaire pugilat de nos lutteurs forains, le combat à coups de poing des fêtes de barrière où les « amateurs » seraient remplacés par des noirs musculeux, où le refrain-rengaine des tam-tam discords tiendrait lieu des flonflons de bastringue.
Les courses de taureaux sont de simples exercices d'adresse. Un indigène s'avance en dansant au-devant du taureau auquel il présente une écharpe de cotonnade voyante. L'animal, retenu jusque là par une corde, est lâché tout à coup au
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milieu de la place des fêtes. Les spectateurs l'excitent jusqu'à ce qu'il se jette sur son adversaire ; il s'agit pour celui-ci de l'éviter, de l'affoler et de le terrasser.
Ces courses, somme toute peu intéressantes, font la joie des insulaires qui ne manquent point une occasion de s'offrir ce spectacle.