L'ÉDUCATION
Jusqu'à Tâge de six ans l'enfant anjouanais ne quitte pas le foyer domestique.
Pendant tout le temps de l'allaitement, il reste juché à califourchon sur le dos de sa nourrice, le corps roulé dans une pièce de toile dont la mère se noue les extrémités sur la poitrine ; c'est dans cette gênante posture que le jeune Makois attend Tépoque du sevrage.
Les petits Arabes ont une plus grande liberté d'action ; ils peuvent à leur aise se rouler sur les nattes de la maison paternelle.
A six ans l'enfant dont les parents sont musulmans est envoyé à l'école. Filles et garçons suivent ensemble les leçons du maître, on ne les sépare que lorsqu'ils ont atteint ce que nous sommes convenus -d'appeler l'âge de raison.
L'instituteur, un lettré indigène, leur enseigne le rudiment arabe : l'écriture, la numération, la
lecture du calendrier. Il les initie surtout à la foi musulmane par l'étude du Coran.
Sur des planchettes blanchies à la craie, il trace en caractères noirs avec le kamou * et le niongo ^ une sourate du « Livre » ^ que Télève doit recopier. La copie faite, les enfants chantent en chœur la sourate transcrite jusqu'à ce qu'ils la sachent imperturbablement. Une faute d'inattention de l'élève liii attire un coup de verge ou de férule de la part du maître ; si l'écolier persiste à se distraire, le magister lui attache sa planchette d'écriture derrière la nuque, cela tient lieu ici du bonnet d'âne de nos salles d'asile.
En cas d'indiscipline absolue, l'enfant subit la peine de la chaîne. Une chaîne lui est passée aux pieds et au cou et l'oblige à se tenir courbé. ^ Il n'est pas besoin de dire que l'administration a mis un terme à ces châtiments exagérés et barbares.
' L'élève pris en défaut implore son pardon en se prosternant aux pieds de son maître. Devenu homme il conservera ce geste de supplication et de