Maorés, nom indigôiic des habitants de Mayolte
« la maison d'un gentilhomme où nous fûmes « défrayez.
« Je fis marché de 203 bœufs, 30 moutons, «10 boucs extraordinairement gras, et 600 poules ; -« d'une partie de riz qui n'était pas encore nette, « de millet, de fèves approchant des fèves de « haricots. Je donnai 12 réaies de 8 pour chaque <( bœuf, une barre de fer pour 3 bœufs, un miroir « de Nuremberg pour un, une sonnette d'épervier « pour un autre. Je donnai au roi une main de « papier pour un bœuf qui aurait coûté en Hollande -« 90 livres. Ces bœufs ont de grosses bosses sur le « dos
« . . .La reine est nommée Mollana Alachorra; $on mari a dominé sur toutes les isles de Comore. »
A la mort de Moigné Fani, sa femme Djoumbé Fatina se fit proclamer sultane.
Les annales dWnjouan deviennent alors confuses jusqu'au règne d'Alimah qui entreprit la construction de la Grande Mosquée de Moutsamoudou(1670).
La fin du xvii^ siècle et la première moitié du xviu'* furent marquées par les grandes incursions malgaches. C'est la plus sombre période de l'histoire d'Anjouan. Les Sakalaves ravagèrent le pays, dévastant les campagnes, brûlant les villes, vio-
114 LE SULTANAT d'aî^JOUAN
lant les femmes, emmenant captifs les malheureux insulaires, les tuant s'ils résistaient.
Sidi Amadi, petit-fils d'Alimah, réussit à repousser les attaques des Malgaches, mais, sur la fin de sa vie, il fut à son tour vaincu par Fennemi de FEst qui mit à sac Domoni, sa capitale.
Cheik-Sélim, qui lui succéda, mourut en 1797, laissant la couronne à son fils Ahmed encore en bas âge.
Spéculant sur la jeunesse et Finexpérience du nouveau souverain, Allaoui, oncle d'Ahmed, provoqua une émeute dans le but de renverser le Sultan légitime: le jeune prince n'échappa que par miracle aux poignards des révoltés. Allaoui voyant sa cause perdue s'enfuit à Zanzibar, mais il en revint deux ans après, détrôna Ahmed et garda le pouvoir jusqu'en 1820.
C'est sous le règne d'Ahmed qu'Anjouan reçut un convoi de trente-deux t» jacobins » impliqués dans FaiTaire de la machine infernale de la rue Saint-Nicaise, et condamnés à la déportation. Dirigés d'abord sur Seychelles, ils y furent si mal reçus par les colons de Mahé que le gouvernement décida qu'ils seraient transportés aux Comores.
Le babouviste Rossisrnol, ex-commandant en chef de Famiée des côtes de la Rochelle, était au
nombre des proscrits. Ces malheureux n'ont pas laissé trace de leur passage àAnjouan; il est probable que les Arabes, chez qui ils étaient logés, les empoisonnèrent. Lors de la visite que le général Linois fit à Ahmed, en août 1804, aucun ne survivait. Linois avait charge de remettre deux canons au Sultan dans le but d empêcher toute tentative d'évasion dé la part des exilés. Précaution superflue ; la mort avait prévenu les intentions du Premier Consul.
Allaoui, successeur d'Ahmed, eut pour héritier au trône. Abdallah P^
Le règne de ce prince fut rempli par les longues luttes qu'Anjouan eut à soutenir contre l'aventurier malgache Ramanétaka.
A la mort de Radama, roi des Hovas, Ramanétaka, son cousin et son partisan, fut chassé de Madagascar avec les siens. Ayant entendu vanter la générosité et la puissance d'Abdallah, l'exilé et sa famille, en quête d'un abri sûr, vinrent solliciter l'hospitalité du Sultan d'Anjouan et lui demander aide et protection contre les entreprises de leurs ennemis.
Abdallah reçut les Malgaches fugitifs avec bienveillance et les considéra comme ses hôtes.
Ramanétaka était hova, c'est-à-dire ingrat.
voleur et fourbe, aussi reconnut-il Thospitalité du Sultan en fomentant sourdement la révolte contre lui. Des mécontents il fit ses partisans et déclara ouvertement la guerre à son hôte. Vaincu à Anjouan, il ne se découragea point et alla porter ses armes sur un autre point du domaine d'Abdallah, à Mohéli. Il s'empara de cette île qui allait devenir désormais Tenjeu de la partie engagée entre le Sultan et lui. Mais, tandis qu'il formait l'ambitieux projet de s'emparer d'Anjouan et d'en chasser le souverain, Abdallah, dépossédé de Mohéli, préparait de son côté la revanche.
Vainqueur du sakalave Adrian Souly, chef de Mayotte, qui avait refusé de s'unir à lui contre le sultan d'Anjouan, Ramanétaka se disposait à attaquer Moutsamoudou avec sa flottille armée, quand Abdallah prenant brusquement l'offensive, débarque à l'improviste à Mayotte, surprend et met en déroute les contingents mohéliens et mahorés.
Le hova, vaincu, réussit à s'échapper et à ramener à Mohéli les débris de son armée (1835).
Abdallah, maître de Mayotte par droit de conquête, confia le gouvernement de cette île à Adrian Souly et vint, l'année suivante, porter la guerre à Mohéli (février 1836), mais un cyclone dispersa ses vaisseaux et fit échouer le navire qui le portait.
V Pris les armes à la main, il dut assister à la mise à mort d'un grand nombre de ses partisans et, jeté ensuite en prison, sur Tordre de Ramanétaka, il mourut lentement de faim dans son eacliot.
Adrian Souly rallia les quelques troupes sorties sauves du désastre et les ramena à Anjouan.
AUaoui, fils d'Abdallah, fut alors proclamé Sultan malgré les intrigues de son oncle Salim qui s'était créé un parti à Anjouan et à Mayotte.
La guerre civile ne tarda d'ailleurs pas à éclater. Salim, qui tenait la campagne avec ses partisans, investit Moutsamoudou où s'était retranché le Sultan légitime. Grâce aux contingents mahorés qu' Adrian Souly lui envoyait de Mayotte, Allaoui put tenir pendant quatre ans contre son rival.
Mais le gouverneur de Mayotte ayant eu à réprimer une insurrection qu'avaient provoquée les agents de Salim, le Sultan fut privé des secours qu'il recevait de l'extérieur .
Sur ces entrefaites, Salim conclut un traité d'alliance avec le roi de Mohéli qui lui envoya des renforts. Malgré sa longue résistance, Moutsamoudou devait enfin céder à l'action combinée des troupes de Salim et de Ramanétaka. Pendant une nuit, les assaillants escaladèrent les murs de la ville et pénétrèrent dans la citadelle.
Allaoui put fuir par boutre jusqu'à la Grande Comore, mais redoutant la vengeance de son oncle, il passa à Mozambique. Un navire anglais le recueillît, Temmena à Calcutta et de là à Maurice, où il mourut en 1842.
Salim prit le pouvoir. Les Anglais qui paraissaient, à cette époque, avoir jeté leur dévolu sur les Comores, Tincitèrent à s'opposer à la réunion de Mayotte à la France en arguant des droits de suzeraineté des sultans d'Anjouan sur l'île voisine. Il protesta vivement, en effet, contre la cession par Adrian Souly de cette prétendue partie de son domaine, mais le ministère Guizot eut le bon esprit de ne point prendre garde à ses récriminations et de passer outre (1841).
L'usurpateur eut pour successeur son fils Abdallah II que les Anjouanais ont appelé le Grand. Comme son père, il fut longtemps aussi à la dévotion des Anglais.
Ambitieux et amoureux de progrès il voulait améliorer la situation de son petit royaimie,. en moderniser les institutions. Pour satisfaire son désir de réforme, il s'adressa tout d'abord aux Anglais en la personne de M. Sunley, consul de Sa Majesté britannique à Moutsamoudou. M. Sunley
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était établi depuis plusieurs années * à Pomoni où il avait obtenu du Sultan une importante concession lorsque son ji^ouvernement le chargea de le représenter auprès d'Abdallah 11 ; il s'ac([uitta avec intelligence de la mission qui lui avait été confiée, installa un dépôt de charbon à Pomoni pour les vaisseaux de guerre anglais, et il aurait sans doute réussi l'i implanter d'une fa^on durable l'influence britannique dans l'île s'il n'avait été obligé de se démettre de ses fonctions dans les circonstances suivantes qui méritent d'être rapportées.
Livingstone, le fameux explorateur, étant venu recruter aux Comores les porteurs ([ui lui étaient nécessaires pour gagner la région des grands Iîk's, reçut du concessionnaire de Pomoni, un (Calédonien lui aussi, une hospitalité tout écossaise.
Or, il advint qu'au cours de ses promenades dans l'île, Livingstone apprit ([ue son hôte n'avait pour travailleurs que des esclaves, venus en grande partie de la (Cote orientale d'Afri(pie sur des boutres spécialement aifectés à ce genre de transport.
A cette nouvelle inattendue, le sang puritain du doux missionnaire ne fit ({u'un tour et, à peine avait-il quitté Anjouaii (ju'il adressait au Foreign