‹ Le sultanat d'AnjouanChapitre 43 sur 46 · Depuis I8ir · texte numérisé non relu

Depuis I8ir

Office un rapport indigné sur les actes de son accueillant compatriote.

M. Sunley fut informé de cette façon toute particulière de reconnaître une hospitalité largement offerte par une demande d'explications émanant de la chancellerie de Londres. Il répondit en adressant sa démission à son gouvernement.

Dès lors, les intérêts anglais n'étant plus représentés auprès du Sultan, Tinfluence britannique diminua dans l'île.

Au reste, Abdallah avait, depuis quelques années déjà (1871), attaché à sa personne en qualité de secrétaire un médecin américain, M. Wilson, et, si'inspirant des avis de ce nouveau conseiller, avait, à l'égard des Anglais, changé sa ligne de conduite.

M.. Wilson, en habile homme, sut capter à son profit les grâces du Sultan qui lui concéda le beau cirque de Patsy. Mais, si adroit qu'il fût, le conseiller intime devait perdre à son tour la situation prépondérante qu'il avait acquise à Anjouan et voir la France hériter du poste de confiance que lui avait assigné le Sultan.

Abdallah, prince autoritaire, éprouva, dès le début de son règne, le besoin de s'appuyer sur les blancs contre ses ennemis de l'intérieur .

A peine était-il couronné qu'un compétiteur au

trône, Moigné AUaoui Housséni, pénétrait, à la tête de factieux, dans le Palais des Sultans e menaçait de mort le jeune souverain { iSoi). Abdallah ne dut qu'au dévouement de ses proches d'échapper à ce danger ; il se vengea d' AUaoui Housséni en le faisant décapiter.

Près de trente ans plus tard, vers 1882, le Sultan ayant signé avec TAngleterre une convention aux termes de laquelle Tesclavage devait être aboli à Anjouan dans un délai de cinq années, le frère d'Abdallah, Témir Mohammed, partisan de l'ancien état de choses, se fît le chef des mécontents et, de Sima, où il avait établi ses quartiers, se porta sur Moutsamoudou. Il se heurta aux Makois esclaves qui coml)attaient avec le Sultan, pour l'émancipation, et fut défait à la première rencontre. Il ne se tint pourtant pas pour battu et releva par deux fois l'étendard de la révolte, mais deux défaites successives l'obligèrent à se rendre à merci. Abdallah lui pardonna.

Cette longue guerre avait affaibli le Sultan. 11 ne se sentait plus assez d'énergie pour lutter encore avec succès contre ses ennemis et plus il vieillissait, plus il voyait son autorité discutée par les partisans de Mohammed qui, pour vaincus qu'ils étaient, n'avaient cependant pas désarmé.

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Une C(;cil6 absolue et incurable vint encore ajouter h Ha (lélreHHe morale.

(i oHt alors (|u'ayant ])er(lu toute confiance dans ceux qui avaient été hvh fidèles, ne sentant plus, dans son entounif^e même, (|ue lassitude et trahison, il demanda h la France de le protéf^cr.

M. (lervilIe-Héache, comnuuidant de Mayotto, agréa au nom du (gouvernement français la proposition du vieux Sultan (*1, le 21 avril 188(), était sifj^né le traité de ])rotectorat (|ui fut confirmé Tannée suivant(; par un décret du Sultan, en date du i:; octobre 1887.

Un résident français, M. Troupel, fut aussitôt accrédité au])rés de la personne d'Abdallah.

liCS représentants de la France eurent dès lors pour lifi^ne de conduite politi(|ue la substitution d^ notre influence à celle des Arabes par la diminu-« tion prof^ressive des pouvoirs du Sultan au profit de lautorité du Résident .

(icia n*alla point sans dilUculté, et M. le D' Ormiéres, i\ (pii revient tout le succès de cette entreprise, n'obtintce succès (ju'îi forcede prudence, de sa^'acité et créner^j^ie.

Une fois même les choses faillirent tourner au trafjfi(|ue. Le llésident ayant soumis à la signature du Sultan un décret aux termes duquel la direction

des affaires intérieures du Sultanat était confiée au représentant de la France, Abdallah refusa de signer.

M. Ormières insistant, les fanatiques du parti arabe se portèrent sur la résidence, arrachèrent le pavillon français et le lacérèrent.

Pareille insulte ne pouvant rester impunie, le Résident se retira à Mayotte où il alla demander l'appui d'un navire de guerre.

Sur ces entrefaites, le vieil Abdallah mourut, empoisonné, disent les uns, étranglé, suivant les autres.

La mort du vieux roi mettait en présence deux prétendants au Sultanat, le lils et le frère d'Abdallah, Saïd Salim et Saïd Othman.

Tandis que les Makois couronnaient Toncle, les habitants de Moutsamoudou intronisaient le neveu. Les partis s armèrent dansTattente des événements.

L'offensive fut prise par les Makois qui pillèrent Moutsamoudou et obligèrent Salim et les Arabes à se réfugier à Domoni. Saïd Otliman poursuivit son rival sur la côte Est, saccagea Domoni, fit massacrer les habitants notables de cette ville et s'empara de Salim et de ses fidèles qu'il ramena à Moutsamoudou. Quelques jours après, les Arabes terrifiés le reconnaissaient Sultan.

Cependant le vaisseau réclamé par M. Ormières pour venger Tinjure faite au pavillon français était arrivé dans les eaux d'Anjouan.

M. Papinaud, gouverneur de Mayotte et représentant du Protectorat des Comores, ayant fait faire des ouvertures de paix aux belligérants, et ses. propositions pacifiques ayant été repoussées par les. Makois, le « Boursaint » ouvrit le feu contre la citadelle de Moutsamoudou. Ce n'était là qu une simple démonstration. Un mois après, tous les vaisseaux de la division navale de l'Océan Indien» s'étant donné rendez-vous à Anjouan, fermèrent la baie du Nord et assurèrent le débarquement des troupes d'infanterie de marine sous la protection, de leurs canons.

Salim se rendit bientôt ; quant à Saïd Othman. il tint la campagne pendant deux mois, et ne se livra que lorsqu'il fut à bout de forces et de ressources.

Déposé aussitôt, il fut exilé avec Salim à Obock,. puis en Nouvelle-Calédonie ; les indigènes furent désarmés, et Saïd Omar, prince anjouanais qui avait rendu de grands services à la France dans les» Comores, fut intronisé Sultan d' Anjouan devant nos troupes et le peuple assemblé (1891).

L'union était désormais consacrée du drapeau tricolore et du pavillon des Sultans ; le Coq gaulois

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«ymboli(jue s alliait h la main emblémalique, à l'étoile et au croissant dVVnzouan*.

A Moutsanioudou, un monument a été élevé récemment à la mémoire des soldats français morts pendant lexpédition de 1891.

Les 1*5 et *H) mai 1891, Saïd Omar signait deux ■décrets ({ui consacraient le principe deTabolitionde l'esclavage h Anjouan et le 8 janvier 1892 il confirmait solennellement le traité de Protectorat de 188(5. Il mourut l'année suivante (1892).

Son (ils Saïd Mohanniied l'a remplacé. Le Sultan actuel est, comme son père, tout dévoué à la cause française. C'est à lui que les amateurs de décorations exoti({ues doivent l'institution de l'ordre royal de l'étoile d'Anzouan, et les philatélistes la •création des fameux timbres du « Sultanat ».

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