‹ Le sultanat d'AnjouanChapitre 44 sur 46 · I. : — Les réformes · texte numérisé non relu

I. : — Les réformes

Quel peu organisé que soit encore Anjouan au point de vue administratif, quel réfractaire qu'il soit demeuré à la francisation malgré les tentatives constantes faites dans ce sens auprès des indigènes depuis tantôt quinze ans, j'ose affirmer qu'il n'est pas une autre de nos possessions où les efforts des colons français aient été couronnés d'un pareil succès.

Au reste, il n'y a pour s'en convaincre qu'à consulter les chiffres de la production actuelle et les comparer h ceux de l'année 1886, date de l'établissement du Protectorat. A cette époque le rendement en sucre de la propriété de Bambao — pour ne citer qu'un exemple — était de 70 tonnes à peine, il dépasse aujourd'hui 450 tonnes.

Ces résultats étonnants sont dus surtout à l'énergie et à l'activité de nos compatriotes qui ont, ici.

l'influence française 127

donné une preuve de plus du sens colonisateur de la vieille race française. Il ne faut pas non plus oublier qu'une large part de ces résultats heureux revient à l'autorité administrative de notre jeune colonie qui etit la bonne fortune d'avoir pour rési^ dents des hommes tels que le distingué D^ Ormières. C'est en effet, je le répète, à M. Ormières que revient l'honneur de la pacification et de la première organisation. Il fut l'inspirateur du Sultan Abdallah dans toutes les réformes qu'entreprit le vieux souverain et ces réformes furent nombreuses :

« Loi abaissant les droits d'entrée sur les pro- « duits français à 2®/o, et par contre les élevant à « 15 ®/o sur les marchandises des autres nations ;

« Loi interdisant le déboisement des forêts ;

« Loi obligeant à respecter cent mètres de bois « sur chaque côté des rivières et autour des sources;

(( Loi contre les incendies ;

« Loi sur l'impôt de capitation *. Cet impôt était (( des plus arbitraires. Il frappait inégalement les « villages et en frappait quelques-uns deux et trois (( fois dans la même année. Il est maintenant égal « pour tous et la perception n'en a lieu qu'une « fois par an ^.

Page 1