Et sur l'impôt dos cases
2. Les chefs de village sont collecteurs de l'impôt sous le contrôle de la police.
128 LE SULTANAT d' ANJOU AN
« Traité donnant à la France une certaine quan- « tité d'hectares pour être répartis entre les immi- « grants français qui désireraient s'établir dans le « pays, etc. » (1890)*.
Depuis lors un arrêté local a organisé le travail des indigènes, et l'emploi de la main-d'œuvre a été réglementé.
L'esclavage a fait place au système de l'engagement dont la durée ne peut excéder cinq ans.
L'engagement est un contrat libre entre l'employeur et l'employé.
En compensation du travail de l'engagé sur les plantations, Tengagiste est tenu de donner au travailleur noir un salaire hebdomadaire et une ration de riz, de payer pour lui l'impôt annuel de capitation, de lui fournir le logement, de lui assurer les soins médicaux en cas de maladie.
Le régime des terres a été fixé. Il n'y a pas de concessions gratuites.
Le domaine de la Couronne, dont le représentant du Protectorat a l'administration, est loué aux colons pour une période de trente années, à raison de 5 francs par an et par hectare pour les terres
1. Cf. « Les Iles Comores », Communication faite à la Société (le géographie commerciale de Paris, par M. le D'' Ormières, résident de France aux Comores.
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nues, de 10 francs pour celles plantées de cocotiers.
Plus récemment, le système douanier métropolitain a été appliqué aux Gomores avec certaines modifications favorables aux intérêts des indigènes et des colons.
Enfin, depuis 1898^ Anjouan est une escale de la ligne de navigation de Marseille-Zanzibar-Maurice.
La Compagnie des Messageries Maritimes a tenu à réaliser l'espoir que M. Ormières, dès 1890, traduisait ainsi : « Il n'est pas chimérique d'espérer i( qu'un jour la colonisation ayant pris corps en ces « parages, étant devenue prospère, les paquebots « français s'arrêteront à Moutsamoudou, mettant <( ainsi les colons en communication directe et « rapide avec la mère-patrie* ».
Un courrier bi-mensuel assure le service postal.
Au point de vue administratif Anjouan est une dépendance du gouvernement de Mayotte.
Le décret du 9 septembre 1899 abrogeant celui du 6 juillet 1897 a fait perdre au protectorat son autonomie. L'organisation nouvelle prévoit un administrateur résidant à Anjouan chargé, sous
1. Cf. « Les Iles Gomores », par M. le D»" Ormières [op. cit.).
Tautorité du gouverneur de Mayotte, des services politiques et administratifs des deux îles d'Anjouan et de Mohéli.
Ce fonctionnaire a sous ses ordres un commissecrétaire faisant fonctions de receveur des postes ; un commissaire de police et un employé local préposé du trésor.
Le service de santé est confié à un médecin de 2^ classe des colonies.
En tout cinq fonctionnaires, nombre largement suffisant pour assurer l'administration du pays au mieux des intérêts de tous.
La justice est rendue soit par l'administrateur, juge de paix, dont le rôle est de concilier les parties, soit par le tribunal mixte qui retient les causes graves.
Cette seconde juridiction fut instituée k Anjouan en 1889. Le tribunal mixte est présidé par l'administrateur assisté de deux juges assesseurs, l'un Français, un colon-propriétaire, l'autre indigène, le grand Cadi de Moutsamoudou.
Des gardes de police indigène assurent le maintien de l'ordre public et surveillent le travail des détenus employés sur les chemins et les chantiers.
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