ACTE PREMfRR. ^è
crainte. — rien de moi n'est plus à mol, et l'amour, amour d'épouse, amour d'amante, amour de mère, n'est plus que sacrilège, mensonge et ignominie, et vous voule? que jo vous aimel
ALVAREZ
Ah!
MATHILDE
Faites ce que bon vous semblera : menacez, déshonorez, tuez... Grâce à Dieu! il me reste la mort, que vous ne pouvez pas me prendre.
ALVAREZ, fondant en larmes et suppliant.
Mathildel Mathildel pardonne-moi, je t'aime... voilà mon crime, je t'aime au-dessus de tout. Mais» je ne sais pas t'aimer... je te fais souffrir... tu as raison. Mais je souffre tant... pardonne-moi... je ne me plaindrai plus... j'accepterai tout. Oui, cet homme vaut mieux que moi, c'est cela qui me désespère. Mais ne l'aime pas, je t'en supplie... tu ne sais pas jusqu'où peuvent aller les transports d'un amour aiguisé par l'humiliation de sentir qu'il n'est pas partagé!... Dis-moi seulement une fois que tu m'aimes, que tu m'as aimé... que tu m'aimeras encore... Donne-moi une preuve de tendresse... ne pars pas! Et je deviendrai confiant comme Henri I doux comme Henri 1 bon comme Henrj I Tu n'auras plu^ rien à redouter de moi ! Je me tiendrai dans l'ombre, je ne ferai aucun éclat. Tiens... je pleure, Mathilde... je suis à genoux... Ne pars pas encore demain... plus tard... dans un mois... dans huit jours... tu ne peux pas me refuser cela.
MATHILDE
Relevez-vous.
ALVAREZ
Promets-moi ne de pas partir...
MATHILDE
Eh bien! je ne partirai pas.
ALVAREZ
Comment feras-tu?
74 LE SUPPi^ICE D'UNE FEMME,
MATHILDE
Je n'en sais rien... je chercherai... je t'^)uverai ce qu'il faudra. Mais, au nom du ciel, relevez-vous, partez 1
ALVAREZ
Dis-moi que tu m'aimes !
HATHILDE.
Eh bien ! oui, je vous aime I
ALVAREZ
Oh! Mathilde, que je suis heureux I (n tort.)