‹ Le Supplice d'une FemmeChapitre 31 sur 50 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

MADAME LARGEY, MATHILDE.

MADAME LARCET.

Boujour, chère, comment allez-vous? Sans reproche, c'est la seconde fois d'aujourd'hui. Eh bien, vous avez donc improvisé une matinée d'enfants?

Mon Dieu! oui. Gela s'est arrangé l'autre jour... une idée...

MADAME LARGET.

Une idée de M. Alvarez... c'est lui qui me l'a dit... Est-ce qu'il a été indiscret?

MATHILDE

En aucune façon... Où donc est Adrienne?

MADAME LARGET.

Jeanne l'a arrêtée au passage et l'a retenue. Jeanne retient tous les enfants qui entrent, et leur fait une distribution royale de jouets. Elle a donné à ma fille un chat qui joue de la mandoline. Les marchands de jouets ne savent plus qu'inventer.

MATHILDE

Est-ce qu'il y a déjà beaucoup de dansieuses d'arrivées?

MADAME LARGET.

Elles arrivent toutes ensemble. C'est moi qui vous renaeTgne sur ce qui se pasise chez vous 1

76 LB SUPPLICE lyUNB PEHHB.

MATHILDB.

Tai été retardée... mais me Toici prét^ à remplir mes devoirs de maîtresse de maison.

MADAME LARGBT.

Un instant! H. Dumont est là qui vous remplace. Laissezmoi le temps de vous dire que vous êtes charmante. Qui estce qui vous habille?... toujours madame Valentln?

Ouf.

MADAME LARGET.

Elle a du goût, je crois que je reviendrai à elle. Moi, c'est StolLley qui m'habille... il habille bien... mais c'est un homme, c^est toujours un peu embarrassant. Du reste, il a tant de goût, et ses vêtements ont tant d'ampleur ! Je ne connais que ses notes, je veux dire ses prix, qui leur soient comparables. Au contraire, elles sont d'une simplicité, ses notes : une robe rose, 1,200 francs, une robe blanche, i,500 francs... Il me rappelle les aubergistes espagaols qui ne vous donnent jamais le détail de votre dépense, mais qui, au moment de votre départ, vous remettent un petit morceau de papier avec ce seul mot : Total, tant. Ahl il m'a montré une robe grise, Stokley, tout à l'heure, qui est une merveille. Il me croyait encore en deuil. Je lui ai dit : Pourquoi ne m'avez-vous pas montré cette étoffe-là il y a ua mois? Mais, il y a un mois, elle n'était pas parue; elle arrive de Lyon.

MATHILDS.

Ce sera pour votre prochain deuil.

MADAME LARGET.

Dieu vous entende I J'ai une tante pour qui j'en ferais bien la dépense : huit cent mille francs d'héritage ! Ce que j'en dis n'est pas pour moi. Une veuve n'a pas besoin de luxe. C'est pour ma fille, que j'aurai à établir dans dix ans!..

MATHILDE

Vous y songez déjà?

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