‹ Le Supplice d'une FemmeChapitre 8 sur 50 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

M AT H I L D E , aprèi une pause marqnéab

Quelle honte! Cette fois, comme toujours, Tégoïste ne pense qu^aux joies qu'il se promet, sans se demander ce qu'elles auront coûté de larmes! Mais ne serait-ce pas une trame qu'il aurait ourdie pour me forcer à le suivre? Qu'importe! je n'en suis pas moins perdue, ou je vais l'être. Que faire? à qui confier mon secret? A ma mère? Mais, l'honnête femme, quel conseil pourrait-elle me donner? Aucun. A mon père? Mais que pourrait-il faire qui imposât silence à un bruit déjà devenu public ? Il me maudirait et ne voudrait plus me revoir... Ne me resterait-il donc plus qu'à fuir? Une femme quitter le mari qu*elle aime pour suivre l'amant qu'elle n'aime pas !... Ah! du moins, si j'aimais celui qui m'a conduite à cette affreuse extrémité, je n'aurais qu'à changer de nom et qu'à emprunter le sien pour vivre

1. Afin que cette compandson puisse servir d'étude, ]*ai tenu à ce que la pièce fût imprimée telle qu*eUe a été représentée, sans y rien changer, sans y rien ^jouter, sans en rien retrancher.

heureuse de son amour et du mien, comme tant de femmes qui ont donné à leur lionte le bonheur pour cercueil... Mais je ne l'aime pas... Le suivre? Plutôt mourirl... Impossible I... Me tuer ne serait qu'une autre manière d'appeler le scandale sur Henri, sur Jeanne, sur ma mère, sur toute ma Irtmille : car m'empoisonner, m'asphyxier ou me noyer, ce serait me dénoncer et perdre en une heure le fruit de tant de jours de souffrances cachées au prix de tant d'efforts... Ainsi ma mort ne m'appartient pas plus que ma vie... Quelque parti que je prenne, le scandale est au bout... Aucun moyen d'y échapper, ni par la mort, ni par la fuite, ni par la séparation, ni par le couvent I Ahl que je suis malheureuse! ahl que je suis coupable I

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