VILLE DE BRUXELLES
Armes à feu.
Les lois de la guerre inter lisent à la population civile de prendre pari aux hostilités et toutes les dérogations à cette règle pouvant entraîner des représailles, beaucoup de mes concitoyens m'ont exprimé le désir de se débarrasser des armes à feu qu'ils possèdent.
Ces armes peuvent être déposées dans les commissariats de police, où il en sera délivré récépissé.
Elles seront mises en sûreté à l'arsenal central d'Anvers et seront restituées à leurs propriétaires après la fin des hostilités.
Braxelles, le 12 août 1914.
Le bourgmestre, Adolphe Max.
Partout les administrations communales ont pris les mêmes précautions, soit par des proclamations adressées à la population, soit, ce qui est mieux encore, en prescrivant le dépôt des armes à la maison communale ou aux bureaux de police.
Une des premières mesures qu'ont prises les Allemands dans les territoires occupés a d'ailleurs été de répéter la même prescription en l'accompagnant de menaces de mort.
Et cependant cette mesure d'extrême prudence, qui a livré des victimes sans défense à la rage des envahisseurs, est, elle aussi, exploitée contre nous avec une mauvaise foi insigne. C'est le comble de l'ignominie.
Un communiqué de la légation d'Allemagne à Bucarest, reproduit dans Y Indépendance roumaine du 21 août 1914 (3 septembre^, n'impute pas seulement à charge du gouvernement belge d'avoir donné à la population civile des instructions en vue de la résistance et d'avoir organisé depuis longtemps le soulèvement contre l'ennemi qui pénétrerait sur le territoire, « mais spécialement d'avoir organisé des dépôts d'armes où chaque fusil porlait le nom du citoyen auquel il était destiné ». Ce dernier détail ne prouve-t-il pas à l'évidence que les armes auxquelles il est fait allusion sont des armes qui, ayant été enlevées aux particuliers, devaient leur cire restituées? Il n'est pas d'usage dans un arsenal de mentionner à l'avance sur les armes le nom des soldats qui devront les porter...
C'est à de telles contradictions, à de telles absurdités que se reconnaît indubitablement le mensonge.
Tandis que les autorités communales belges, se conformant aux prescriptions du gouvernement, prenaient ainsi les mesures les plus efficaces pour empêcher que les populations civiles ne s'abandonnent au mouvement instinctif de refouler par tous les moyens l'ennemi puissant et féroce qui menaçait leurs foyers, le ministre de l'Intérieur prenait soin de renouveler journellement par la voie officieuse de la presse de tous les partis dans le pays entier, en grands caractères et en bonne place, les recommandations suivantes :