‹ Le surnaturel dans le théâtre de ShakespeareChapitre 101 sur 102 · Othello^ acte V, scène · texte numérisé non relu

Othello^ acte V, scène

Dans la lutte que le bon et le mauvais génie se livrent ainsi pour la possession de Tâine d^un homme, la victoire change souvent de parti ; les heures du jour sont propices à l'un et celles de la nuit à Fautre. Le jour est à Tamour divin : voilà pourquoi seules les fées bienfaisantes ne craignent pas les premières lueurs de l'aube *- ; par contre^ la nuit appartient au génie du mal. La nuit dont Shakespeare peint les horreurs d'une manière si saisissante, « la nuit où le mal est déchaîné » % la nuit qui prive l'homme de la vue et met un bandeau sur les tendres yeux du soleil compatissant ; c'est alors « quand le laboureur se repose dans son lit des travaux du jour, que les monstres de la nuit épient leur proie », que l'assassin, au teint hâve et flétri, s'avance à pas silencieux comme un fantôme vers son crime, ainsi que fît autrefois le ravisseur Tarquin » \Gar « les dieux seuls peuvent nous garder des revenants et des esprits »*; la nuit, les tombes s'ouvrent laissant échapper des vapeurs empoisonnées qui se

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