‹ Le surnaturel dans le théâtre de ShakespeareChapitre 16 sur 102 · Gervinus, ouv. cité, t. IV, p · texte numérisé non relu

Gervinus, ouv. cité, t. IV, p

cière s'étant mise en courroux contre un des esprits à son service, le génie aérien Ariel, l'a emprisonné dans la fente d'un sapin. Sycorax morte, Ariel a été délivré par Prospero et, pour prix de ce service, il servira son nouveau maître tant que celui-ci ne lui aura pas rendu la liberté ; Ariel accomplit les travaux en rapport avec la magie, et Caliban les gros travaux domestiques. Le sort et les génies de Fair et des eaux au service d'Ariel conduisent vers Tîle de Prospero le navire qui porte à Naples le roi de ce pays, son fils et Fusurpateur du trône de Milan; sur Tordre de Prospero, Ariel soulève une tempête qui engloutit le vaisseau, mais en sorte que tous les voyageurs échappent à la mort et sont jetés sur des points différents de l'île. Ferdinand, le fils du roi de Naples, aperçoit Miranda, en tombe amoureux et, pour obtenir sa main, entre au service de Prospero. Les deux cadets de Milan et de Naples, Antonio et Sébastien, croyant Ferdinand mort, veulent assassiner Alonzo, le roi de Naples, pour faire monter Sébastien sur son trône,mais Ariel détourne le coup et réussit à les attirer tous trois dans le cercle magique de Prospero ainsi que les ivrognes Trinculo et Stephanô, dont la rencontre avec

^laliban constitue rélément bouffon de la pièce. k la fin, toutes les scélératesses sont découvertes 3t confondues; la fille de Prospero monte sur le irône de Naples comme épouse de Ferdinand ; \ntonio rend le pouvoir qu'il avait usurpé et Prospero, ayant rendu la liberté à Ariel et brisé sa baguette magique, rentre à Milan pour y finir ses jours.

Lorsqu'on veut porter un jugement sur la Temoête de Shakespeare, il ne faut pas perdre de vue ju'à cette époque — ainsi qu'il en sera encore juestion plus loin — les classes les plus éclairées croyaient à la magie et au pouvoir des sciences occultes sur certains esprits. Nous autres, nous pouvons considérer les génies de la terre, de l'eau et des airs au service de Prospero comme des personnifications poétiques des éléments, des forces de la nature *, mais en ce temps-là on était disposé à croire, par exemple, qu'un voyage sur mer pouvait être contrecarré par des maléfices %

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