‹ Le surnaturel dans le théâtre de ShakespeareChapitre 27 sur 102 · Première partie, acte V, scène · texte numérisé non relu

Première partie, acte V, scène

5. Henry IV ^ deuxième partie, acte IV, scène 4 ; Richard 11^. acte II, scène 4.

et des phénomènes naturels. En écrivant Jules César ^ il semble bien avoir eu aussi en vue d'envelopper les spectateurs dans une atmosphère de mysticité par les paroles et les actes de personnages sous rimpression de phénomènes de funeste augure. Le poète avait trouvé dans Plutarque le récit du meurtre de César, et la description des phénomènes surnaturels qui ont précédé la bataille de Philippes, mais il s'en est servi avec art!' pour augmenter l'effet scénique. Ainsi, bien que puisé à une source antique, le propos qu'il prête à Gasca était certainement en parfaite conformité avec l'opinion moyenne de ses contemporains : « C'est aux hommes à craindre et à trembler, quand les tout-puissants dieux, pour signaler leur existence, envoient ces hérauts formidables nous frapper d'étonnement ^ »

Les signes avant-coureurs de la chute du « grand » Jules: pluie de feu, figures flamboyantes, bêtes sauvages se promenant dans la ville, armées se combattant dans les nues, tombes s'ouvrant pour laisser sortir leurs morts, toutes ces 1 choses hantaient tellement Timagination de Sha-

1, Acte I, scène 7.

kespeare que, lorsque, peu après, il écrivit Hûmlet^ sa pièce la plus fortement empreinte de mysticisme, il en met le récit dans la bouche d'Horatio, qui a vu le spectre, comme preuve de la signification funeste de pareils phénomènes *. Cependant les apparitions propres à inspirer la terreur n'annoncent et ne suivent nulle part les événements terribles d'une manière aussi saisissante que dans Macbeth^ la nuit du meurtre de Duncan, lorsque la description des phénomènes est suivie de près de la découverte du crime, lequel fait une impression d'horreur autrement profonde que tous les récits ^

Cet élément se retrouve aussi, mais atténué, dans le Roi Lear et dans Antoine et Cléopâtre. Dans le premier de ces drames, le vieux Gloster parle des éclipses de soleil et de lune, lesquelles — dit-il — ne nous annoncent rien de bon. Bien que ces phénomènes puissent être interprétés de diverses manières, les événements finissent toujours par leur donner raison : Tamitié se refroidit, les amants se brouillent et les liens du sang

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