Acte II, scène 3. Gervinus, ouvr. cité, p
se relâchent entre père et fils \ C'est ainsi qu'il cherche à s'expliquer la trahison de son fils Edgar que, pour son malheur^ il prend crédulement pour un fait, tandis que ce n'était qu'une calomnie du perfide Edmond. Dans Antoine et Cléopâtre^ la veille de la prise d'Alexandrie, un phénomène mystérieux jette Talarme parmi les soldats en faction : ils entendent pendant la nuit une musique dont ils ne savent pas si elle descend du ciel ou si elle monte de dessous terre, si c'est un présage de bonheur ou de malheur ^ ? Shakespeare avait emprunté ce trait à Plutarque. Bien qu'au temps de Shakespeare la science eût déjà engagé la lutte contre les superstitions niaises et souvent funestes, elles n'en continuaient pas moins à trouver crédit dans les couches profondes de la population, et il ne faut pas s'étonner que le poète en ait fait usage dans ses drames comme d'un élément romanesque, quoique, selon toute vraisemblance, il n'y ajoutât pas foi lui-même. Les superstitions qui se rencontrent dans Jules César, telles que la croyance qu'une