Die Technik des Bramas, Leipzig-, 1876, p
veille ux sur la scène moderne qu'en tant qu'il y figure sous les formes reçues dans les croyances populaires et lui assigne un rôle à part dans les pièces bouffonnes.
Le critique hongrois distingué, Zsolt de Beôthy limite très rigoureusement Temploi du merveilleux, car il n'admet les apparitions de spectres dans la tragédie que comme les hallucinations d'un esprit troublé par la passion surexcitée K
Les concitoyens de Shakespeare semblent avoir partagé sur ce sujet les idées de leur grand poète que de pareilles théories dramatiques ne gênaient point. Walter Scott s'efforce de démontrer ' que la croyance à la possibilité des apparitions surnaturelles est unie à la croyance en l'immortalité de Tâme et qu'elle peut parfois rendre esclaves d'hallucinations communes non seulement des individus mais des foules. Bucknill, analysant les visions qu'on trouve dans les pièces de Shakespeare, établit que le drame a le droit de tenter la description de Tétat d'âme d'un homme placé en
1. A iragikum (Le tragique), Budapest, 1885 ; p. 299 et suiv.
2. Letterson Demonology and Witçhcraft, London (4« édit.)? 1898; p. 11-45.
face d'un phénomène surnaturel ^ Il est indubi-' table qu'en reconnaissant ce droit au drame, on lui ouvre un vaste champ de possibilités qui, autrement, resterait inexploité. Bucknill compare fort justement ces possibilités à la sensation qu'éveille en nous le tremblement de terre, lorsque nous sentons que le sol, qui nous avait toujours paru solide, oscille sous nos pieds : c^'est la sensation que nous éprouverions en voyant pour un instant se déchirer le voile qui nous cache l'inconnaissable.
Gustave Freytagfait, du reste, justement observer que les règles de la technique du drame ne sauraient être immuables et éternelles ^ Quoique l'effet produit sur la génération actuelle par les pièces de Shakespeare montre, même pour ce qui concerne le rôle du surnaturel dans le drame, que le génie créateur du poète triomphe des changements de conception littéraire, néanmoins pour comprendre pleinement sa poésie, surtout par rapport à la légitimité de l'emploi du surnaturel,
1. John Gliarles Bucknill M. D. : The Psychology of ShakespearCf London, 1859; p. 4-6.