‹ Le surnaturel dans le théâtre de ShakespeareChapitre 46 sur 102 · Acte 1*^5 scène 2; acte V, scène · texte numérisé non relu

Acte 1*^5 scène 2; acte V, scène

santé et même mettre leur vie en danger ; il étaient à même de causer des dommages par le éléments, surtout en déchaînant des tempêtes, d répandre des maladies contagieuses, de jeter de; sorts aux hommes et aux animaux. Pour exécu ter leurs pratiques, ils pouvaient prendre ou faire prendre aux autres la forme qu'il leur plaisait ils pouvaient se rendre invisibles à volonté, s'élever dans les airs et voler sur un manche à bala ou un porc; ils prédisaient l'avenir; trahissaien les secrets d'autrui, donnaient toute sorte d'ingrédients magiques aux gens qui avaient recours à eux. Il s'était formé tout un cycle de légendes au sujet de leurs relations^ leur commerce d'amouil avec le diable et leurs sabbats *.

Bien que les sorciers aient eu à l'origine des] figures différentes dans Fimagination des peuples qui y croyaient, on finit avec le temps par leg| ramener à un type unique, la diversité des noms montrant seule la diversité des origines. A l'époque de Shakespeare, les hommes qui pratiquaient|

1. Démonologie du roi Jacques^ édit. citée, p. 3 et suiv. Reg | Scot, ouv. cité, p. 7-8. W. Scott, ouv. cité, p. 67, 232, 233 et^ 251. Heine Der Doktor Faust, p. 195-196.

ia magie étaient appelés sorciers (sortiarius) ou sorcières (sortiaria), empoisonneurs (venefîcus) ou empoisonneuses, enchanteurs ou magiciennes ; les femmes seules portaient les noms de strixes ou striges, Thessaliennes et Lamies et, chez quelques peuples du Nord, de Haxa, d^où est venu rallemand Hexe \ L^anglais « witch » est d'origine saxonne et signifie « voyant » (wicce-witan). Il est étonnant que depuis la Médée du mythe grec^ il se soit trouvé en tous temps et chez tous les peuples plus de sorcières que de sorciers ; la Démonologie du roi Jacques l'attribue au fait que la femme étant plus faible que Thomme, est aussi plus exposée au danger de succomber aux tentations du diable, ce qui est prouvé par la chute de nos premiers parents ^

C'est au temps de Shakespeare que la violence des persécutions contre les sorciers fut à son point culminant dans les pays catholiques comme dans les pays protestants. Chez les catholiques, la procédure à suivre dans les procès de sorcellerie était

1. Bémonologie du roi Jacques, p. 78, 108, 180. Reg. Scot, Discovery, édit. citée, Épistle XXI. W, Scott, ouv. cité, p. 86 et suiv.

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