Voir les passages plus haut
2. W.Scott, ouv. cité, p. 164 et suiv. Wurth,ouv.cité, p. 300. Anders, ouv. cité, p. 112.
n'étaient pas des personnes réelles, vivantes, mais des figures symboliques^ réflexes des pensées de Macbeth ou nées de l'imagination surexcitée des personnages du drame ; cette hypothèse est exclue par le fait même qu'elles paraissent et parleût, lorsqu'elles ne sont vues d'aucun des personnages en scène. Le public pour lequel Shakespeare écrivait et qui avait vu maintes fois des personnes condamnées à mort pour sorcellerie, n'aurait pas compris pourquoi le poète symbolisait le destin ou la tentation sous la figure d'une sorcière ^ ? 11 faut convenir toutefois que les sorcières de Macbeth semblent composées d'éléments quelque peu hybrides et disparates, qu'elles contieanent des énigmes insolubles et des contradictions inexplicables, ce qu'on peut aussi attribuer au
1. Ceci est démontré d'une façon péremptoire par Gustave Rûmelin dans ses Shakespeare-Studien, Stuttgart, 1874; p . 82-85. Voir encore à ce sujet : Gervinus, ouv. cité, III, p. 301 et suiv. Mézières,ouv. cité, p. 388. Wurth, ouv. cité, p. 299. Spalding, ouv. cité, p. 87 et suiv. Walter Bormann '.Shakespeare' s scenische Technik u. dramat. Kiinst. Shak. Jahrb. XXXVII, p. 202. Lucy, ouv. cité, p. 16. Dans la Quarterly Review de 1890, p. 104, un article anonyme intitulé : Shakespeare'^ Ghosts^ Witches and Fairies. Paul Gyulai, ouv. cité, p. 22.
fait que cette tragédie n'est peut-être pas parvevenue jusqu'à nous dans son intégrité ; on est frappé en effet de son peu d'étendue : c'est une des plus courtes des pièces de Shakespeare, et le manque de proportions entre les parties induit à penser qu'il s'en est perdu plus d'une scène ^
Plusieurs écrivains ont déjà fait observer que la seconde apparition des sorcières lorsque, sur le champ de bataille, elles barrent, pour ainsi dire le chemin aux chefs victorieux pour les saluer et prédire,sans y être invitées, un glorieux avenir à Macbeth, elles sont au nombre de trois et que le poète, suivant du reste en ceci la chronique de Holinshed d'où il a tiré son sujet, les appelle à plusieurs reprises « Sœurs du Destin »(weird sisters) : toutes ces choses ne concordent point avec l'idée qu'on se faisait alors des sorcières. Ces traits rappellent plutôt les Parques ou les Walkyries des Germains ou mieux encore les Nornes de la mythologie Scandinave qui étaient aussi trois sœurs : Urda, Verandi ou Varanda et Skulda et tenaient en leurs mains le passé, le présent et l'avenir. Quelques critiques vont jusqu'à déclarer