Mézicres, ouv. cité, 387 et suiv
?éalité^ il évite avec soin tout ce qui pourrait îhoquer la raison ; qu'il s^'efforce de n'offrir au spectateur que ce qui est conforme à la croyance populaire et que nous sommes naturellement por- ;és à considérer comme admissible, et qu^'il ne ait pas du surnaturel l'unique objet de sa fiction.
Le secret de son art est ensuite d'avoir établi m rapport intime entre le surnaturel et l'action )sychologique du drame; d'avoir intentionnellenent laissé entrevoir la possibilité d'une explicaion naturelle du phénomène afin de prévenir les objections des incrédules ; d'avoir enfin, par toues les ressources dont dispose la poésie^ si bien préparé le spectateur à admettre l'incroyable qu'il Le pouvait résister au charme magique de son ,rt ^
Quelques critiques ont cherché à établir un apport entre l'emploi que Shakespeare fait du urnaturel et certaines périodes de sa carrière
1. Goethe : Shakespeare u, kein Ende I. IL G. G. Gervinus : hakespeare ; Leipzig, 1850, t. IV, p. 216 et suiv. Otto Ludwigh: hakespeare-Studien^ Halle, 1901, p. 25 et suiv. Leop. Wirth: ^ramaturgische Bemerkungen zu den Geistersceneii in Shak, Vagôdien (Beitrsegc zur neueren Philologie, Wien u. Leipzig, 902), p. 186 et suiv.
littéraire *, mais on ne peut guère en fournir la preuve que pour ce qui concerne Télément mystique. Le surnaturel se retrouve dans toutes les phases de sa carrière d'auteur ainsi que dans tous les genres qu^il a cultivés, dans les tragédies aussi bien que dans les pièces romantiques, bouffonnes et lés drames historiques ; on en trouve le moins dans les comédies dont le sujet n^estpas emprunté à la fable.
Le surnaturel prédomine dans le Songe d'une nuit d'été, Hamlet, Macbeth eila Tempête; il joue un rôle important dans Jules César, le Conte d'hivei\ Pendes^ Cymbeline, Richard III et la première partie de Henry VI ; en outre, dans nombre de ses pièces, on trouve des passages fortement caractéristiques de l'idée que Shakespeare et son temps se faisaient du monde surnaturel.
Les manifestations de ce monde dans la poésie de Shakespeare peuvent être groupées suivant leur nature. Le premier de ces groupes, le plus riant de tous, est formé des figures du monde de fées de Shakespeare ; le deuxième comprend