Brandes, ouv. cité, p. 824 et
:out ce qui se rapporte à Tastrologie, aux présages superstitieux, à la divination^ aux enchantenents et à la magie en général ; le troisième comprendra la démonographie et la sorcellerie ; e quatrième, enfin les songes et les apparitions le spectres.
Nous allons tenter l'analyse d^'un de ses grou- )es, puis nous rechercherons quelle est dans le urnaturel de Shakespeare la part de ses croyances, de ses idées à lui, celle de son imagination de poète ou des concessions qu'il a dû faire au seniiment et aux préjugés de son temps ?
Les féeries de Shakespeare : le Songe d^une nuit d*êté et la Tempête.
Les fées et le monde léger des génies de la terre, des eaux et des airs animent l'action de deux pièces de Shakespeare. L'une est une création de sa jeunesse, Tautre est regardée comme sa dernière œuvre : la première est le Songe d'une nuit (ïété^ la seconde est /a T^m;?^^^. Elles offrent entre elles des ressemblances de détail, mais diffèrent beaucoup par le fond ; de plus^ tandis que dans le Songe d'une nuit d'été le monde des fées tient les hommes sous sa dépendance^ mais leur veut, en somme, du bien tout en leur jouant des tours, dans la Tempête le monde des esprits est aux ordres d'un seul homme dont il exécute les desseins. Cet homme^ Prospero, qui est le représentant par excellence de la symbolique de Shakespeare, peut aussi être regardé sous quel-
ques rapports comme Shakespeare lui-même, et sa baguette magique qu'il casse en deux à la fin de la pièce, c*est la poésie dont l'auteur prend un congé définitif dans cette œuvre.
Il est certain que Shakespeare a emprunté les personnages de ses féeries aux traditions populaires, mais ils se sont entièrement transformés sous ses doigts habiles, et l'on serait tenté de eoir en lui le créateur de ce monde de fées, tant la brillante imagination du poète a su donner de sharme à des figures primitivement grossières. C'est ainsi que Wieland reconnaît avoir emprunté les figures de son Oberon à Shakespeare et non à la légende originale de Huon ^
L^homme a un penchant à personnifier les forces de la nature qui lui sont propices ou contraires. De même que Timagination des enfants aime à prêter aux objets une individualité propre, on retrouve chez presque tous les peuples primitifs les vestiges d'un anthropomorphisme qui voit dans les forces de la nature des personnages supérieurs à rhomme. L^imagination poétique des Grecs avait revêtu ces êtres de figures gracieuses