‹ Le surnaturel dans le théâtre de ShakespeareChapitre 99 sur 102 · Acte I, scène · texte numérisé non relu

Acte I, scène

réveille le dieu du jour et avertit, par ce signal. L'esprit : Tesprit vagabond, soit dans la mer, soit ians le feu, dans la terre ou dans l'air, s'enfonce ians sa retraite, et ce fantôme vient de nous don- Qer la preuve que ce qu'on dit est vrai. »

A quoi Marcellus répond : « En effet, le spectre s'est évanoui au cri du coq. Quelques-uns iisent qu'au temps de cette saison solennelle où la naissance du Rédempteur est célébrée, Toiseau de l'aube chante tout le long des nuits ; et l'on dit qu'alors nul esprit ne peut errer dehors ; [jue les nuits sont salubres ; qu'aucune planète a'a de malignes influences ; qu'aucun maléfice Qc peut prendre ; que les charmes des magicienaessont sans force et sans pouvoir, tant ce temps 5st sacré et plein de grâce céleste ! »

Et Horatio : « Je l'ai ouï dire ainsi ; je le srois en partie... »

Chose singulière: le poète anglais, regardé par beaucoup comme catholique et qui avait certailement de Taversion pour les puritains, a mis ians son drame une naïve légende populaire se 'apportant à la nuit de Noël que le grand poète lu puritanisme, l'auteur du Paradis perdu^ Milion, a aussi chantée dans une de ses poésies de

jeunesse, et où il chasse de leur domaine, lai veille delà naissance de Jésus, les divinités païennes dont il fait des anges déchus ^

Dans répilogue de la Tempête qui est aussi son adieu à la poésie, Shakespeare proclame que la foi religieuse est une bien plus grande force que toute espèce de magie. 11 y dit entre autres : « Maintenant tous mes charmes sont anéantis, et je me trouve réduit à mes propres forces. Il me faudra mourir ici en proie au désespoir, si je ne suis secouru par la prière dont le trait pénétrant ouvre le sein de la clémence et la force de tout; pardonner. »

Il est vraisemblable qu'en écrivant la Tempête et surtout en créant son personnage de Caliban, Shakespeare, qui apparaît d'ailleurs comme le représentant de la poésie et de la conception religieuse plus pure des peuples du Nord par opposition à la poésie et à la conception de la vie des peuples romans fortement paganisée par la Renaissance *, a voulu exprimer sa conviction que le juste est capable par la noblesse de sa vie,

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