‹ Le surnaturel dans les contes populairesChapitre 3 sur 31 · PRÉFACE III · texte numérisé non relu

PRÉFACE III

quences extrêmes du naturalisme. Le présent travail a précisément pour but de démontrer que les héros de nos vieux contes ne diffèrent pas des héros des légendes religieuses des Aryens et que le fond originaire du récit est la description d'un phénomène naturel qui est le lever du jour après son emprisonnement dans la nuit.

Je ne prétends pas que le conte décrive précisément la naissance de la lumière. Le récit a subi de telles modifications qu'on ne saurait plus y reconnaître la représentation exacte du phénomène. Mais tout ce qui s'y trouve de surnaturel a été emprunté à des mythes qui le décrivaient. Les principaux personnages, leurs aides surnaturels, les lieux où ils se meuvent, sont les personnages, les actes et les lieux dont parlaient ces mythes, et ceux-ci, par conséquent, ont été le point de départ des contes actuels.

Il n'y a que deux explications possibles de la légende : l'évhémérisme et le naturalisme. L'évhémérisme a encore des défenseurs, et M.

Mac Ritchie, dans un très savant ouvrage, (the testïmony of the tradition)^ a récemment tenté

rv ! préface'

d'assigner une existence réelle à la petite race des nains de nos traditions. Le naturalisme n'est pas tout à fait mort, comme le prétendent quelques mythographes. Il ne suffît pas de dire que ses partisans soutiennent des étymologies hasardées ou interprêtent d'une façon erronée certains détails. Tant que la théorie sur laquelle il s'appuie n'aura pas été^démontrée fausse par des arguments décisifs, et surtout tant qu'elle n'aura pas été remplacée par une hypothèse plus certaine, il pourra continuer à s'affirmer et je suis convaincu qu'il triomphera définitivement.

Ch. PLOIX.

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