‹ Le surnaturel dans les contes populairesChapitre 4 sur 31 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

De tous les documents que recueillent avec tant de soin les folkloristes, les contes sont peut-être les plus intéressants. Ils constituent à eux seuls une des grandes divisions du folklore, qui peut, elle-même, se partager en plusieurs catégories. Pour en faciliter l'étude à ceux qui veulent établir

des points de comparaison entre ces récits, il est indispensable d'établir certaines divisions. On doit en faire trois classes distinctes : 1** les contes mythiques; 2** les fables ou apologues; 3° les facéties. Nous nous occuperons seulement ici de la première.

J'entends par contes mythiques ceux où il est question de choses merveilleuses ou surnaturel-

les ^ Un acte mythique est un acte qui est au-des sus des facultés humaines. Le personnage qu accomplit un pareil acte est un personnage mythî que. Le lieu où se passe Tévénement est un liei mythique, c'est-à-dire un lieu extra-terrestre (ai moins à Torigine du récit) et qui conserve le plu souvent dans la narration quelque caractère mer veilleux. Les contes mythiques méritent une explî cation spéciale; c'est cette explication que je m< propose de développer.

Je me trouve sur ce point en opposition avec lei partisans de la nouvelle école mythologique qu ^'intitule école anthropologique. Ceux-ci me per inettront peut-être de faire des contes précités un< division spéciale du folklore, puisqu'ils traitent d< sujets particuliers ; mais ils n'admettront pas qu'oi Veuille leur chercher une interprétation. Pour eux en effet tous les contes quels qu'ils soient, sont h produitdela fantaisie etde l'imagination humaines ils ne cachent aucun mystère dont on ait besoin Ai soulever le voile. Toutes ces histoires ont été inven tées à l'époque où l'humanité était encore à l'éta sauvage, et l'intelligence humaine, à l'état sauvage

1. What makes mythology mythologîcal, in true éense of th Wordy is what is utterly inintelligible, absurd, étrange, mira tulous (Max MuUer).

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se livrerait naturellement à de pareilles créations. Je ne pense pas que personne se refuse à reconnaître que ces contes datent d'un temps où l'humanité n'était pas encore civilisée, mais ce n'est pas une raison suffisante pour ne pas rechercher par quel travail de son intelligence l'homme sauvage, dont les facultés ne diflèrent pas des nôtres, les a imaginés. Nos premiers ancêtres ne concevaient pas le monde extérieur comme nous le concevons aujourd'hui, cela est certain. Ils avaient moins de connaissances, parce qu'ils avaient fait moins d'observations ; ils ne pouvaient profiter, comme nous le faisons, de l'expérience acquise par les prédécesseurs, car nous devons toute notre science à ceux qui ont vécu avant nous. Mais le cerveau de l'homme sauvage est le même que le nôtre; la seule différence est, non dans la nature, mais dans le développement et l'intensité des facultés, c'est-à-dire des fonctions.

On répète souvent, il est vrai, que l'homme priniitif a beaucoup d'ifaiagination ^ beaucoup plus probablement que l'homme civilisé ; et l'on est disfosé à croire que cette imagination explique tout, qu'elle peut se livrer à tous les écarts et à toutes

1. Le fait du langage par images; est ici \iota aie \à, q^^^Nàow,

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Je me trouve sur ce point en opposition avec les partisans de la nouvelle école mythologique qui ^'intitule école anthropologique. Ceux-ci me permettront peut-être de faire des contes précités um division spéciale du folklore, puisqu'ils traitent d( sujets particuliers; mais ils n'admettront pas qu'or teuilleleur chercher une interprétation. Pour eux en effet tous les contes quels qu'ils soient, sont h produit de la fantaisie et de l'imagination humaines ils ne cachent aucun mystère dont on ait besoin d( soulever le voile. Toutes ces histoires ont été inven tées à l'époque où l'humanité était encore à l'éta sauvage, et l'intelligence humaine, à l'état sauvage

1. What makes mythology mythological, in true sensé of th< Wo7'd, is what is utterly inintelligible, absurdy étrange, miratulous (Max MuUer).

se livrerait naturellement à de pareilles créations. Je ne pense pas que personne se refuse à reconnaître que ces contes datent d'un temps où l'humanité n'était pas encore civilisée, mais ce n'est pas une raison suffisante pour ne pas rechercher par quel travail de son intelligence l'homme sauvage, dont les facultés ne diflèrent pas des nôtres, les a imaginés. Nos premiers ancêtres ne concevaient pas le monde extérieur comme nous le concevons aujourd'hui, cela est certain. Ils avaient moins de connaissances, parce qu'ils avaient fait moins d'observations; ils ne pouvaient profiter, comme nous le faisons, de l'expérience acquise par les prédécesseurs, car nous devons toute notre science à ceux qui ont vécu avant nous» Mais le cerveau de l'homme sauvage est le même que le nôtre; la seule différence est, non dans la nature, mais dans le développement et l'intensité des facultés, c'est-à-dire des fonctions.

On répète souvent, il est vrai, que l'homme primitif a beaucoup d'ihiagination ^ beaucoup plus probablement que l'homme civilisé ; et l'on est disf osé à croire que cette imagination explique tout, qu'elle peut se livrer à tous les écarts et à toutes

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2 LES CONTES HYTHIQIjES

les *. Un acte mythique est un acte qui est au-dessus des facultés humaines. Le personnage qu accomplit un pareil acte est un personnage mythique. Le lieu où se passe l'événement est un lieu mythique, c'est-à-dire un Heu extra-terrestre (au moins à l'origine du récit) et qui conserve le plus souvent dans la narration quelque caractère merveilleux. Les contes mythiques méritent une explication spéciale ; c'est cette explication que je me propose de développer.

Je me trouve sur ce point en opposition avec les partisans de la nouvelle école mythologique qui s'intitule école anthropologique. Ceux-ci me perinettront peut-être de faire des contes précités une division spéciale du folklore, puisqu'ils traitent de sujets particuliers; mais ils n'admettront pas qu'on teuilleleur chercherune interprétation. Pour eux. en effet tous les contes quels qu'ils soient, sont 1( produitdela fantaisie etde l'imagination humaines ils ne cachent aucun mystère dont on ait besoin dt soulever le voile. Toutes ces histoires ont été inventées à l'époque où l'humanité était encore à l'étal sauvage, et l'intelligence humaine, à l'état sauvage.

1. Whal makes niylkology mythological, in true éeme of thi Word, U vikat w utlerly inintelligible, absurd, étrange, miraeuUnu (Max Muller).

se livrerait naturellement à de pareilles créations. Je ne pense pas que personne se refuse à reconnaître que ces contes datent d'un temps où l'humanité n'était pas encore civilisée, mais ce n'est pas une raison suffisante pour ne pas rechercher par quel travail de son intelligence Thomme sauvage, dont les facultés ne diflèrent pas des nôtres, les a imaginés. Nos premiers ancêtres ne concevaient pas le monde extérieur comme nous le concevons aujourd'hui, cela est certain. Ils avaient moins de connaissances, parce qu'ils avaient fait moins d'observations ; ils ne pouvaient profiter, comme nous le faisons, de l'expérience acquise par les prédécesseurs, car nous devons toute notre science à ceux qui ont vécu avant nous. Mais le cerveau de l'homme sauvage est le même que le nôtre; la seule différence est, non dans la nature, mais dans le développement et l'intensité des facultés, c'est-à-dire des fonctions.

On répète souvent, il est vrai, que l'homme primitif a beaucoup d'ihiagination ^ beaucoup plus probablement que l'homme civilisé ; et l'on est disf osé à croire que cette imagination explique tout, qu'elle peut se livrer à tous les écarts et à toutes

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les ^ Un acte mythique est un acte qui est au-dessus des facultés humaines. Le personnage qui accomplit un pareil acte est un personnage mythique. Le lieu où se passe Tévénement est un lieu mythique, c'est-à-dire un lieu extra-terrestre (au moins à l'origine du récit) et qui conserve le pluâ souvent dans la narration quelque caractère merveilleux. Les contes mythiques méritent une explication spéciale; c'est cette explication que je me propose de développer.

Je me trouve sur ce point en opposition avec les partisans de la nouvelle école mythologique qui ^'intitule école anthropologique* Ceux-ci me permettront peut-être de faire des contes précités une division spéciale du folklore, puisqu'ils traitent de sujets particuliers; mais ils n'admettront pas qu'on teuille leur chercher une interprétation. Pour eux, en effet tous les contes quels qu'ils soient, sont le produit de la fantaisie et de l'imagination humaines ; ils ne cachent aucun mystère dont on ait besoin de soulever le voile. Toutes ces histoires ont été inventées à l'époque oii l'humanité était encore à l'état sauvage, et l'intelligence humaine, à l'état sauvage,

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se livrerait naturellement à de pareilles créations. Je ne pense pas que personne se refuse à reconnaître que ces contes datent d'un temps où rhumanité n'était pas encore civilisée, mais ce n'est pas une raison suffisante pour ne pas rechercher par quel travail de son intelligence l'homme sauvage, dont les facultés ne diflèrent pas des nôtres, les a imaginés. Nos premiers ancêtres ne concevaient pas le monde extérieur comme nous le concevons aujourd'hui, cela est certain. Ils avaient moins de connaissances, parce qu'ils avaient fait moins d'observations; ils ne pouvaient profiter, comme nous le faisons, de l'expérience acquise par les prédécesseurs, car nous devons toute notre science à ceux qui ont vécu avant nous» Mais le cerveau de l'homme sauvage est le même que le nôtre; la seule différence est, non dans la nature, mais dans le développement et l'intensité des facultés, c'est-à-dire des fonctions.

On répète souvent, il est vrai, que l'homme primitif a beaucoup d'ifaiagination ^ beaucoup plus probablement que l'homme civilisé ; et l'on est disposé à croire que cette imagination explique tout, qu'elle pieut se livrer à tous les écarts et à toutes

1. Le fait du langage par images; est ici hors de la question.

les fantaisies. Cette supériorité des sauvages, au point de vue imaginatif, me semble avoir été jusqu'à présent plus affirmée que démontrée; c'est IJÎ une opinion qui mériterait un examen sérieux, et je crains qu'elle ne soit précisément basée sur l'existence des récits surnaturels dont il est ici question. Quoiqu'il en soit, cette imagination ne saurait être désordonnée ; elle doit avoir ses règles et ses limites. L'intelligence humaine a ses lois, comme tout ce qui existe : toutes ses perceptions lui viennent de l'extérieur, et elle ne travaille que sur les matériaux qui lui ont été fournis par l'observation. On est donc autorisé à se demander comment elle a pu concevoir des idées en dehors de l'observation, et surtout des idées en opposition avec l'observation.

Je chercherai la solution de la question dans l'étude des contes des peuples aryens, c'est-â-dire des peuples qui parlent les langues qu'on est convenu d'appeler aryennes. Je ferai remarquer incidemment que ces contes ne témoignent guère d'une imagination exubérante chez leurs auteurs. On s'est aperçu depuis longtemps que ces histoires sont toutes les mêmes, qu'elles se ramènent facilement à un petit nombre d'idées mères, que l'on retrouve dans chacune d'elles les mêmes éléments combinés en

proportions diverses et en ordres variés. Les développements ou les modifications que le temps y a introduits par suite de leur transmission orale ne portent que sur les détails et laissent généralement reconnaître le fond originaire. Ce sont des broderies sur des thèmes toujours les mêmes et, si imagination a créé les contes, il faudrait admettre que cette imagination s'est tout à coup éteinte ^près leur création chez les peuples qui les ont emportés avec eux dans leurs courses errantes ; cependant ces peuples sont demeurés encore pendant de longs siècles à l'état barbare, puisque no tamisent toute l'Europe centrale et septentrionale s était pas encore civilisée au commencement do ûotre ère.

L'uniformité du sujet des contes prouve encore ^ueles faits qui en constituent le fondement n'ont pas été arbitrairement choisis et qu'ils devaient ^voir, pour leurs inventeurs, une importance ca- . pitale. Il serait autrement impossible de comprendre qu'on se fut complu à les répéter aussi souvent et sous tant de formes. Les contes mythiques sont 'es productions oîi l'imagination a du avoir le Joindre rôle. On peut donc en chercher une autre explication.

Puisque tous les récits aryens se teç>^<iTDJùVfôvi\>^

Texplication des uns entrainera forcément celle des autres. Nous pouvons donc limiter le champ de notre examen. Il importe seulement de choisir parmi les contes ceux qui paraissent avoir subi le moins d'altérations, et dans lesquels nous aurons plus de chances de distinguer le mythe qui en a constitué le point de départ et nous pourrons plus sûrement Tinterprêter. Je prendrai pour sujet de mon étude les contes germaniques recueillis par les frères Grimm. Ils sont beaucoup moins altérés que les contes recueillis sur le sol de la France et la raison en est simple, les Allemands étant parvenus à la civilisation plus tardivement que les Gaulois. — Je laisserai au lecteur le soin de faire des rapprochements avec le folklore des autres peuples aryens; ce sera chose facile. En outre, dans les contes des frères Grimm, mon attention se portera seulement sur ceux qui me paraissent contenir des éléments surnaturels. Il y en a la moitié dans ce cas.

Quelques mots, avant d'aller plus loin, pour mieux préciser ce que j'entends par un conte mythique ou plutôt par un fait mythique. Je ne range pas dans cette catégorie les histoires qu'on appelle plus spécialement en français des fables et, dans les contes qui ne sont pas des fables, je ne regarde

pas comme mythiques les conversations des animaux entre eux, ni leur intervention accidentelle lorsqu'ils ne sont pas d'autres êtres transformés ou qu'ils ne font aucune action surnaturelle. L'homme primitif a cru toute la nature animée, a prêté aux bêtes ses idées et ses sentiments ; c'est là un fait universel et je remarquerai, en passant, que ce fait a été expliqué et n'a pas été seulement attribué à l'imagination. Il caractérise ce qu'on a appelé l'état fétichique. Je n'ai pas à insister sur ce point. Mais lorsque Ton raconte, par exemple, qu'un être humain s'est transformé en animal, nous sommes alors dans le domaine du surnaturel. La différence qu'il y a entre le civilisé et le sauvage, c'est que le civilisé ne croira pas à cette transformation, tandis que le sauvage pourra y ajouter foi. Le sauvage, ignorant absolument les lois naturelles, n'a aucun motif de rien croire impossible; Je pense cependant que, la première fois qu'il entendra parler d'une pareille métamorphose, il éprouvera un sentiment d'étonnement, parce que le fait est en dehors de toute observation. Il me semble donc difficile qu'il puisse Fimaginer spontanément.

On a déjà interprété les contes aryens. On a comparé Cendrillon à l'aurore, ainsi que le petit Chaperon-rouge; on a assimilé le petit Poucet à

THermès grec qui, lui-même, est le crépuscule personnifié. — La vache noire qui avale le petit Poucet, le loup qui mange le petit Chaperon-rouge sont des représentations de la nuit qui fait disparaître la lumière ; et on a cru retrouver, en un mot, dans les personnages du folklore, des personnages de la mythologie aryenne. Je n'ai pas la prétention de rien inventer; je ne ferai que généraliser cette idée, en m'efforçant de lui donner plus de précision. Les récits mythologiques et les histoires du folklore sont en effet identiques ; les mêmes faits surnaturels se rencontrent dans les uns et dans les autres ; l'origine du merveilleux qui s'y révèle doit donc être la même ; j'espère d'ailleurs le prouver par la discussion qui va suivre. La seule différence qui existe, et elle est intéressante à noter, c'est que dans la légende mythologique les personnages et les lieux portent des noms déterminés, tandis que généralement, dans le conte, ils restent anonymes. Je reviendrai sur ce point.

Je me propose donc ici d'établir l'assimilation du conte et du mythe. Mais, de même que j'ai limité mon examen des récits folkloriques à ceux recueillis par les frères Grimm, je me bornerai dans mes comparaisons, à la mythologie hellénique. J'ai expliqué, dans l'ouvrage que j'ai publié

sur la Nature des dieux, comment je comprenais Torigine des divinités grecques et de leurs légendes. J'appliquerai aux contes le même mode d'interprétation.

Je crois que les dieux, les demi-dieux, les personnages qui jouent le rôle du héros dans le mythe sont des personnifications de la lumière; je crois que le mythe a eu d'abord pour objet de raconter la conquête de la clarté diurne disparue pendant la nuit, ou la victoire de la lumière sur l'obscurité. Le lieu de l'action était en dehors de la terre, dans le ciel. Postérieurement, le sens originaire du récit fut oublié ; le théâtre des événements fut transporté sur la terre, les personnages devinrent des personnages humains. On ne put cependant enlever aux lieux et aux êtres tous leurs caractères. Ils conservèrent des traces suffisantes de leur nature primitive qui ne permettent pas de les confondre avec des mortels ordinaires ou avec les pays que nous habitons. C'est là ce qui constitue le côté surnaturel de la légende, à l'aide duquel on peut remonter à l'idée qui lui a donné naissance. Or ce surnaturel se retrouve à la fois dans le mythe et dans le conte, et il s'y montre précisément sous les mêmes formes, C'est qu'en effet, les héros du conte sont d'anciens diôux

descendus sur la terre et leurs exploits, comme ceux des héros grecs, n'ont d'autre but que de délivrer la lumière de la prison où la retient momentanément l'obscurité. .

Pour démontrer ce que j'avance, je n'aurai pas besoin de discuter chaque récit en particulier, je ne discuterai même complètement aucun d'eux.

En prenant un conte isolé, on peut facilement se tromper sur la détermination des détails qu'il faut mettre en saillie ; les traits qui méritent d'appeler l'attention sont ceux que l'on voit répétés dans un grand nombre de contes, cette répétition devant faire supposer qu'ils se rencontrent déjà dans les récits les plus anciens. J'examinerai donc seulement les faits généraux, m'occupant exclusivement de ce qui est surnaturel, laissant de côté tous les incidents qui ne sont que des reproductions des événements ordinaires de l'existence humaine et dont l'introduction est certainement due à l'imagination des narrateurs. Ces incidents peuvent nous donner d'intéressants renseignements sur les mœurs de la population qui a donné au conte la forme sous laquelle il a été recueilli, ils ne nous apprennent rien sur son sens originaire. Je mettrai donc à part tous les éléments mythiques, et je chercherai à interpréter chacun d'eux

séparément, sans préoccupation dçs combinaisons multiples et variées dans lesquelles on les a fait entrer. Ces combinaisons sont postérieures à la formation du mythe qui est toujours simple au début; elles sont le résultat des modifications lentes, mais continues, que la tradition orale a apportées à la narration dans le long cours des siècles qui se sont succédés depuis le moment de la création des thèmes primitifs.

Je traiterai successivement des personnages, des lieux et des actions mythiques.

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