‹ Le surnaturel dans les contes populairesChapitre 8 sur 31 · Callimaq. Hy. Apollon · texte numérisé non relu

Callimaq. Hy. Apollon

Tautre couleur de lune, la troisième brille comme les étoiles (65-193). Le nombre trois revenant à chaque instant dans le conte, il a fallu imaginer trois vêtements. Un seul convient réellement à la jeune fille, c'est la robe couleur du soleil; mais tous les trois gardent le souvenir de son origine céleste.

Aschenptittel (Cendrillon) porte des robes d'or et d'argent, des pantoufles de soie et d'argent, des souliers d'or (21) (cf. Héra yu;i^90'KklCko^, Aphrodite àpY^poT^eÇa). — Rottkapchen (le petit chaperon rouge) a une robe de soie, des souliers d'argent, une couronne d'or (26), (cf. Héra, ^^puaocrrâcpavoc). — D'autres héroïnes ont des souliers rouges (47), des souliers à rosettes rouges (71), une pantoufle ornée d'une étoile (111), une jarretière d'or (11), des souliers brodés de perles (169). — L'une montre des joyaux et une agrafe d'or (60), l'autre une agrafe d'or et un collier de corail (168) ; celle-ci une chaîne d'or (47) ; celle-là des anneaux d'or (17-65).

De l'or partout. Chez la princesse du palais d'or (6), tout est en or, tables, sièges, plats, vases àboire, et le prince qui veut lui plaire n'imagine pas autre chose que de faire fabriquer par ses joailliers des oiseaux et autres animaux en or pour les lui oflrir.

Sans aucun doute, les princesses réelles peuvent

être belles et elles se parent généralement de bijoux et d'ojets précieux; mais il est impossible de méconnaître le caractère fabuleux de certains détails dans les citations précédentes. Les bras d'argent, les cheveux d'or, les cheveux qui sont en même temps d'or et d'argent appartiennent au monde surnaturel. L'enfant d'or et la fille inondée d'une pluie d'or sont des êtres mythiques. Je n'insisterai pas sur la couleur impossible des robes de Peau d'âne. Je ferai remarquer seulement l'importance que le conte parait attribuer à la chevelure et à la chaussure. Dans la mythologie grecque, les épithètes divines se rapportent fréquemment aussi à ces deux objets. Je ne crois pas qu'on ait donné jusqu'ici l'explication de ce fait qui semble singulier. La chaussure notamment est la partie de l'habillement dont il est fait le plus souvent mention et elle est quelquefois la seule. Il faut un motif mythique pour que l'attention se porte de ce côté avec tant d'insistance.

Le héros est la première chose vue.

Un trait particulier du conte trouve encore son explication très simple si le héros personnifie la

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lumière et plus spécialement la lumière matinale.

Dans le conte 88, par exemple, un père, en quête d'un objet merveilleux que lui a demandé sa plus jeune fille, trouve cet objet au pouvoir d'un lion et ne peut l'obtenir de cet animal qu'en promettant de lui livrer le premier être vivant qu'il verra en rentrant chez lui ; or c'est précisément cette plus jeune fille, l'héroïne, qui s'offre la première à ses i*egards et qui deviendra la propriété de la bête féroce. Quelle en est la raison? C'est que le mythe primitif devait, en parlant de l'aube, la désigner comme étant la première chose que l'on voit. Quand la nuit va faire place au jour, avant que les objets terrestres se distinguent nettement, on aperçoit d'abord une région du ciel qui s'éclaire. La lumière est la première chose créée, car on peut dire que sans elle rien n'existerait. Elle est donc la prenîière chose vue et de même l'héroïne (irpa)To<; yàp è<pàv6r), disent Ics orphiqucs en parlant d'Éros) est celle qui apparaît la première.

Hans le hérisson (conte 108) indique son chemin au roi égaré à la condition que ce roi lui donnera la première personne qu'il verra devant son palais en rentrant chez lui, et cette

personne est la princesse que Hans épousera.

Dans le conte 92, un petit homme noir (le diable) demande à un marchand ruiné, en échange de la richesse qu'il lui promet, le premier être qui se frottera contre ses jambes quand il rentrera dans son logis. C'est encore son fils, le héros de Thistoire,

qui sera livré au démon. Ici le narrateur ne dit plus « la première chose vue » ; la forme est légèrement modifiée, mais il est évident que l'origine de l'idée est la même.

Dans le conte 181, une Wassernix demande au meunier, en échange de la fortune, le premier être qui naîtra dans sa maison. C'est encore le héros, la lumière matinale, c'est-à-dire la première chose créée.

La répétition d'incidents analogues conduit à en chercher l'origine dans le mythe primitif.

La mythologie grecque présente quelques traits analogues. Idoménée, roi de Crète, en danger de faire naufrage, promet à Posidon le premier objet qu'il verra en abordant dans son royaume. — L'oracle d'Apollon ordonne à Xuthos, le fils d'Hellen, de reconnaître pour son fils le premier enfant qu'il rencontrera en sortant du temple. Cet enfant est Ion, le héros qui devient l'ancêtre de la race Ionienne. Mais ces incidents n'ont pas une suite

qui permette de déterminer le caractère précis des personnages *.

La famille du héros.

Il est souvent question du père et des frères du héros. Le père a presque toujours un rôle très insignifiant et ne paraît guère qu'au commencement du récit. Il a tantôt trois, tantôt sept, tantôt douze fils. Ces nombres sont ceux qui reviennent fréquemment dans la mythologie. Trois est le nombre sacré par excellence et une douzaine des contes germaniques connaissent trois frères. Dans un seul (129) on en voit quatre; mais, exceptionnellement, Thistoire n'a pas de héros à proprement parler ou plutôt il y en a quatre, les quatre frères s' étant distribué la

1 . La Bible renferme également un récit qu'on pourrait être tenté de comparer avec les précédents. Pour s'assurer la victoire contre les Béni Ammon^ Jephté promet à lahvé la première personne qui franchira le seuil de sa maison pour venir ail devant de lui. Mais on doit remarquer ici une différence importante. La fille de Jephté est réellement sacrifiée à lahvé, tandis que rêtre dont Texistence est menacée dans le conte aryen né meurt pas et devient le héros de la légende. Je ne vois dans l'histoire biblique que la coutume barbare, bien connue chez les peuples sémitiques, de sacrifier des enfants à la divinité et souvent les premiers nés. lahvé est le dieu du ciel ; les êtres mythiques auxquels les enfants des contes de Grimm sont livrés; représentent les puissances des ténèbres.

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besogne à faire. — Tous ces frères sont en génén ,i inutiles à l'action. 1

Quand ils sont au nombre de trois, ils servent satisfaire à l'apparente nécessité de raconter troi j^ tentatives pour arriver à un but. Les deux frères di héros tentent l'aventure les premiers et échouen forcément puisqu'ils n'ont aucune faculté surna-Lj turelle. Dans quelques contes, ils continuent de sel.^ mêler à l'action, deviennent les ennemis du héros cherchent à se débarrasser de lui lorsqu'il a réussi dans son entreprise et à se substituer à lui en ^'attribuant la gloire de ses succès. Ce sont là des détails que le mythe primitif ne devait pas connaître. Ces frères ne sont pas des personnages mythiques. S'ils appartiennent réellement à la famille du héros, ils ne devraient pas être ses adversaires.

Le cas de deux frères se présente également.

Tantôt ils se ressemblent (85) et nous rappellent les jumeaux de la mythologie grecque, tantôt ils ont des caractères ou des natures opposées (4-60).

Au lieu de frères, le héros peut avoir une sœur.

L'héroïne a souvent deux sœurs, quelquefois onze. Elles pourraient disparaître du récit sans qu'il en résultât aucun changement.

La seule remarque à faire au sujet de ces frères

^w>u de ces sœurs, est que le héros et l'héroïne sont Itoujours les derniers nés. Le héros épouse toujours -4la plus jeune des princesses et, contrairement à ce *^|qui se passe dans les sociétés humaines^ il devient -^liroi à la mort du père. Deux fois seulement, dans ^^fla collection de Grimm, il s'unit à l'aînée. Evidem- ^"tment le narrateur de ces contes a adopté la solution ^^lla plus naturelle, sans savoir qu'il se mettait ainsi ^^'^len contradiction avec la forme première du récit '^^ et altérait le mythe. Dans le conte 133, où le héros ^ ^ est un ancien soldat blessé et retiré du service, on ^ "^acru devoir expliquer son choix en disant qu'il se ^^^ trouve trop âgé pour aspirer à la main de la plus jeune.

Ce caractère du héros se retrouve chez les Grecs. ^^1 Hèraklès est né après Eurysthée ; Kronos est le dernier né des enfants d'Ouranos et c'est lui cepen- ^*| dant qui est assez fort pour mutiler son père. ^^l Mais le sens que nous attribuons au mythe en '^1 fournit l'explication. Si le héros est le plus jeune, c'est qu'il représente la lumière crépusculaire, le petit jour, je dirai même le plus petit jour puisqu'il est la première lueur qui frappe les regards. Hermès reste toujours petit et Eros est le plus jeune des dieux. La même raison justifie la taille du petit Poucet.

Dans le conte, le père aime toujours ses enfants. Il n'en est pas de même de la mère qui souvent les persécute et les chasse de la maison. On peut être alors certain qu'elle n'est pas la véritable mère. Comment cette ennemie du héros s'est elle introduite dans la famille ? La mère du héros était morte et le père s'est remarié. Si le héros est une héroïne, la nouvelle épouse amène parfois avec elle une fille d'un autre lit qui a tous les caractères opposés à ceux de l'héroïne, et qui travaillera avec sa mère à rendre celle-ci malheureuse, à la faire disparaître, même par des moyens violents.

La belle-mère est un des personnages importants du récit; Elle est connue des auditeurs, aussi nettement que le tailleur ou le petit Poucet. Elle n'a pas de nom particulier puisque ces noms manquent dans le conte. Mais on la met souvent en scène sans aucune préparation, sans nous avertir que le père a été marié deux fois. Elle semble une partie naturelle du drame. Elle est en effet un personnage mythique ; mais il faut la considérer comme étrangère réellement à la famille du héros. Elle n'est pas de la race des dêvas, elle fait partie de la race opposée et doit être rangée parmi leurs ennemis, dont nous allons parler tout à l'heure*

La seule question embarrassante qui se présente

ici est de découvrir comment l'ennemi du héros est devenu sa belle mère. La veuve qui épouse un veuf manifeste souvent, il est vrai, des sentiments malveillants à l'égard des enfants que son mari peut avoir d'un premier lit, surtout lorsqu'elle est mère déjà; s'il y a des raisons pour que l'ennemi soit un membre de la famille, on comprend que ce rôle ait été attribué à la belle mère ; mais ces raisons ne sont nullement apparentes. A quelle époque la légende a-t^elle connu la belle-mère? J'inclinerais à croire, bien que je ne puisse en apporter aucune preuve, que nous avons ici un des résultats de l'influence du langage sur la pensée, que l'être mythique qui persécutait le héros recevait une épithète qui est devenue plus tard le nom de la belle mère, et que, le moment venu où la langue lui donna ce dernier sens, la belle-mère s'introduisit dans le conte et y amena les modifications qui devaient en découler naturellement; Il n'y a d'ailleurs de belle mère au sens indiqué, dans les sociétés, que lorsque la monogamie est suffisamment instituée.

Connait-on la belle-nière dans la nlytholdgié

grecque? Ino persécute les enfants d'Athanias et de sa première femme, Néphélè. Il y en a certainement d'autres exemples.

Hèra persécute, dit-on, Hèraklès parcequ'il est lé fils de son mari et d'une rivale. Mais ce détail de la légende a certainement été imaginé très postérieurement à la formation de cette légende. Déesse olympienne, Héra n'a jamais pu être l'ennemie d'un dêva. Nous devons supposer que la notion de la belle-mère existait déjà dans le mythe ; on chercha donc une belle-mère à Hèraklès et comme les infidélités de Zeus justifiaient la jalousie d'Hèra, les Grecs la choisirent pour remplir ce rôle.

Les ennemis du héros.

Il nous reste à parler des autres personnages que le conte met en scène. On peut les ranger en deux catégories : les ennemis du héros et ses auxiliaires. Ils sont tous des êtres mythiques ; le héros devant accomplir des actions surnaturelles ne peut être aidé ou contrecarré dans ses entreprises que par des êtres capables de pareilles actions. En outre, le drame se passe en dehors de la terre, dans des régions où l'homme ne saurait habiter, ni même pénétrer. Si le conte nous parle de personnages réellement humains, ces personnages ne doivent être que des comparses sans importance qui peu-

vent disparaître du récit sans le modifier et dont l'intervention est due à l'imagination amplificatrice du narrateur.

Je laisserai pour le moment de côté les auxiliaires du héros; ils sont de la race des dêvas et j'y reviendrai seulement en parlant des exploits héroïques. Occupons-nous de ses adversaires. Je n'ai pas besoin de dire que je ne considère pas comme tels le roi qui, pour ne pas donner au héros la main de sa fille, lui impose des exploits qu'il juge impossibles, ni la princesse qui, ne voulant pas l'épouser, le soumet à de semblables épreuves. Il s'agit là do détails ajoutés incidemment pour expliquer les aventures dans lesquelles le héros est engagé.

Les ennemis du héros personnifient la nuit, ou les nuages, comme producteurs d'obscurité, ou les eaux, puisque les eaux et les nuages ne font qu'un. C'est à la nuit que les dêvas font la guerre et réciproquement.

Nous retrouvons dans le conte les géants^ que nous connaissons par la mythologie grecque. A leur sujet, toute explication serait superflue. Ils sont reconnus depuis longtemps comme des personnifications des nuages qui livrent bataille aux dieux olympiens.

La nixe des eaux, être mythique qui vit dans la profondeur des lacs, tend des embûches au héros et cherche à l'entraîner dans son empire (71). Elle représente l'élément liquide, et comme les nymphes antiques, n'était d'abord autre chose que la nuée.

Mais, avec le moyen âge, l'ennemi des de vas ou des dieux subit quelques changements. Il est alors représenté par le diable, qui n'est d'ailleurs que le prince des ténèbres et une personnification de la nuit. Le diable a pour subordonnés toute la race des sorciers et surtout des sorcières. Voilà les persécuteurs du héros des contes germaniques. Ils sont bien connus des auditeurs et on ne perd pas de temps aies décrire. On dit cependant quelque part que les sorcières ont les yeux rouges et n'y voient pas de loin (15). CâBca nox, disaient les Latins; l'être nocturne doit être l'opposé du dêva et celuici voit tout. Les sorcières sont anthropophages (15) comme lesCyclopes de l'Odyssée.

La belle-mère est de la catégorie dès démons. Le conte dit expressément.qu'elle est une sorcière. Sa fille est noire comme la nuit et n'a qu'un œil (11) ; elle est aussi laide et méchante que sa sœur nominale est belle et bonne. Et tandis que celle-ci sort de la maison de la mère HoUe couverte

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d'or, l'autre en sort couverte de poix (24).

La couleur noire suffit pour caractériser le représentant de la nuit, l'être démoniaque. Dans le conte 92, l'ennemi est simplement désigné comme un petit homme noir. Dans le conte S4, il parait sous la forme d'un charbonnier ; sous celle d'une cuisinière, dans le conte 76.

Le conte 166 met le héros aux prises avec un voleur. Nous avons dit que la faculté de voler ppartenait au dêva, et on pourrait croire qu'il y a ici quelque contradiction. Mais dans le récit dont il est question, le voleur ne vole rien. Si le narrateur a cru pouvoir employer cette expression pour désigner l'être nocturne, c'est que les voleurs travaillent généralement la nuit et peut-être aussi parce que (au moyen âge) ils vivent souvent dans les bois pour échapper aux recherches. Or, nous verrons que le théâtre des mésaventures du héros est toujours une grande forêt sombre.

Le rôle que jouent tous ces personnages ne saurait laisser aucun doute sur leur nature originaire. Le narrateur peut se contenter de les représenter comme un vieil homme ou une vieille femme. Leur âge est encore en opposition avec celui du dêva qui est toujours jeune.

Pour en finir avec les formes sous lesquelles se

montre l'ennemi, nous devons encore parler des nains. Le rôle de ces êtres est ambigu; tantôt ils viennent au secours du héros, tantôt ils sont ses adversaires. Sans insister ici plus qu'il n'est nécessaire sur le caractère de ces êtres surnaturels, il suffira de rappeler que le moyen âge les considérai! tantôt comme bienfaisants, tantôt comme malfaisants. Leur petite taille, qu'on doit rapprocher de celle du Petit-Poucet, prouve qu'à l'origine ils faisaient partie de la famille des dêvas. Le christianisme qui classa parmi les démons toutes les divinités polythéiques, les fit passer dans le camp opposé.

Les animaux,

A côté des êtres à figure humaine, des animaux viennent prendre part à l'action. Les uns sont les auxiliaires, les autres sont les ennemis du héros. Les premiers n'appartiennent pas au mythe. Je rechercherai plus loin comment ils se trouvent mêlés à la légende ; les ennemis, au contraire, sont des êtres mythiques et des personnifications de la nuit. Ils sont identiques à ceux de la mythologie grecque.

Bien qu'ils aient tous le même sens, on peut, si

on a égard à leur apparence, en faire deux classes. Pour les uns, rien ne fait supposer que leur forme diffère de celle des animaux terrestres dont ils portent le nom ; les autres sont des animaux fabuleux.

Parmi ceux-ci, nous citerons en première ligne le dragon. Pareil aux monstres de l'antiquité classique, dans le conte des Deux frères (60), il dévore toutes les filles du pays. Il a sept têtes, à l'instar de l'hydre de Leme. La fille du roi va lui être sacrifiée, comme l'Andromède grecque, quand le héros vient la délivrer. — Dans le conte 91, les trois princesses sont au pouvoir de trois dragons qui ont quatre, cinq et neuf têtes. — Cadmus et Jason ont combattu le dragon. Les mythographes s'accordent généralement pour le regarder comme une représentation de l'eau et du nuage. Le sens qu'il faut lui attribuer est certain; le conte 121 identifie complètement le dragon et le diable.

L'antiquité classique connaît aussi le griffon qui tient la place du dragon dans les contes 88 et 165. Le griffon gardait l'or des Arimaspes, comme le dragon gardait la toison d'or ou la pomme d'or des Hespérides.

Un troisième animal fabuleux est la licorne (20).

Si nous passons aux animaux réels, nous trouvons :

Le sanglier. — Le vaillant petit tailleur (20) doit se rendre maître du sanglier sans le tuer, de même qu'Hèraklès dut rapporter vivant à Eui-ysthée le sanglier d'Erymanthe. — Le sanglier du conte 28 ravage les campagnes et détruit les troupeaux, comme celui que tua Méléagre.La main de la princesse est promise au héros qui en délivrera la contrée.

Le lion, — Il joue le rôle du dragon comme gardien de la fontaine qui donne la vie (97). Hèraklès lutte contre le lion de Némée et Alkathoos épouse la fille du roi après avoir tué celui de Mégare.

hQ taureau (contes 163 et 197). — Les mythographes ont déjà reconnu dans cet animal une personnification de l'eau. Le taureau de Crète et celui de Marathon que combattit Thésée étaient des créations de Poséidon, c'est-à-dire du dieu des eaux.

La vache noire. — Dans les Védas, la vache représente l'eau ou le nuage. Si celle du conte est noire, c'est qu'il s'agit du nuage obscur qui est la nuit. En avalant le héros (37-4S), elle le fait disparaître ou le rend invisible. Nous sommes certainement en présence d'un fait mythique, car le héros est avalé et non dévoré ; il reparaît ensuite pour le dénouement.

Le renard, qui avale également le héros (45).

Le loup. — Il avale encore les lumineux, le Petit-Poucet, le petit Chaperon-rouge, les petits chevreaux (5, 26, 37). — Le musicien du conte 8 s'en débarrasse par la ruse.

L'ours. — Le tailleur du conte 114 réussit à s'en rendre maître.

Les chats et les chiens. — Dans le conte 4, des chats et des chiens noirs tourmentent le héros. Faut-il prendre seulement leur couleur en considération pour en faire des représentants de la nuit? Cette particularité pourrait suflSre, mais le chien qui garde l'entrée de la tour oîi est enfermée la princesse (IH) rappelle Cerbère qui garde l'entrée de l'enfer hellénique. — Le conte 33 parle de chiens auxquels il faut de temps en temps donner quelque être humain à dévorer. Ces animaux sont ainsi assimilés aux monstres de la mythologie grecque. Le narrateur a soin de dire, il est vrai, que ce sont des chiens sauvages ; est-ce lui qui a ajouté l'épithète?

Ailleurs, le récit met en scène des bêtes féroces (121) sans en désigner l'espèce. On peut supposer qu'elles appartiennent aux catégories sus-nommées, et que la dénomination spéciale a été oubliée ou a semblé inutile.

D'autres animaux jouent un rôle indécis; on

est incertain s'il faut leur attribuer un sens : que. Nous devons être très satisfaits de recoi dans presque tous ceux qui prennent part à 1 l'idée première qu'ils représentent et de coi que les éléments du mythe se sont conserva lement jusqu'à nous.

Quant aux formes animales sous lesqu héros est momentanément caché, elles sero cutées plus loin.

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