‹ Le syllabus base de l'union catholiqueChapitre 12 sur 35 · CI1 I ES SE) RÈTES · texte numérisé non relu

CI1 I ES SE) RÈTES

à mourir de faim el de froid, puisque personne n'aura plus

besoin de travailler pour nourrir ou vêtir ses semblables.

Les Sociétés secrètes sont organisées tout exprès pour mettre à exécution le programme ci-dessus exposé. Sorties de l'enfer, elles vivent dans les ténèbres, au moins tant qu'elles ne se sentent pas en mesure de braver les pouvoirs publics. Cachant leurs projets subversifs à la foule des simples et des agents subalternes, n'initiant que les hommes dont elles sont sûres, elles attirent dans leurs antres par un semblant de philanthropie, imposent à leurs adeptes des secrets et des serments dont la violation est périlleuse. En un mot, elles n'existent que pour la ruine de l'Église et de la société civile.

Les Sociétés secrètes ont été condamnées par le Souverain Pontife Pie IX dès son avènement au Saint-Siège, et bien souvent depuis. Elles l'avaient été déjà par ses prédécesseurs, notamment par Pie VIII, dans l'Encyclique du 2i mai 1829. Ce pape recommande aux Évèques d'en éloigner la jeunesse, et gémit de voir que déjà elles l'ont presque entièrement corrompue, luienlevanl la crainte de la religion, la discipline des bonnes mœurs, la sainteté de la pure doctrine; lui apprenant à fouler aux pieds tous les droits divins et humains : à tel point que les jeunes gens n'ont plus honte d'aucun crime, d'aucune erreur, d'aucune audace; et qu'aux disciples comme aux maîtres on peut appliquer la parole du pape saint Léon le Grand : Ils n'ont pour loi que le mensonge, pour religion que le démon, pour sacrifice que la turpitude (1).

(1) Saint Léon parle des Manichéens, ancêtres des îrancs-maçons. Il les dénonce à son peuple comme les plus cruels ennemis des âmes, recommande de les surveiller, de les fuir, et de lui signaler leurs repaires. Il fait allusion à quelques-uns de leurs crimes, qu'il vient d'apprendre et de faire avouer, mais que la pudeu. ne lui permet pas de dire clairement : — « De quo ne aperlius loquentes castos offendamus ■uiditua.gesiorum documenta suflicnint,quibus pl.enissimc docetur ntdlam

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Les sociétés bibliques, moins forcenées que les sociétés secrètes, aboutissent au même but par des chemins détournés. Renouvelant une tactique des anciennes hérésies, elles s'efforcent de semer partout les livres saints, mais traduits dans toutes les langues contre les règles de l'Église, avec des interprétations, des additions et des mutilations, qui en font des livres dangereux et menteurs. Ces bibles altérées sont vendues à vil prix, ou données gratuitement à tous, môme aux plus ignorants; les pasteurs protestants en jettent dans les pays infidèles des cargaisons énormes et n'en sont pas moins prodigues en Europe, partout où ils en trouvent l'écoulement. C'est leur manière de propager la foi.

Cette propagation delà foi protestante, nous le constatons avec bonheur, est généralement stérile, surtout lorsqu'on la compare à la propagation catholique, qui ne dispose pas des mêmes ressources pécuniaires, mais est soutenue par d'autres dévouements, et reçoit d'autres missions. Chez les peuples catholiques, les sociétés bibliques , grâce à l'argent et surtout aux promesses , glanent par-ci par-là quelques âmes, non pas des plus nobles, mais quelques ambitieux froissés, quelques débauchés, quelques athées qui consentent à se dire protestants, enfin le rebut des catholiques ; si bien que ces sociétés soi-disant apostoliques ont pu être appelées par un de leurs propres journaux le balai des jardins du Vatican, qui nettoie ces jardins des immondices.

Le vrai danger de cette propagation protestante, c'est qu'elle prépare la voie aux doctrines radicales et so-

in hac secta pudicitiam, nullam peuitus reperin caslitaletn; in qulï tex est mendacium, diabolus religio, sacri/icium lûrpitùdo. » (S. Léon, Serra. V de Jejunio X ilensis, cap. iv ; patrol. Migne, tome 54, pages 178-179).

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