‹ Le syllabus base de l'union catholiqueChapitre 2 sur 35 · I.NÏKODL'CTIo.N · texte numérisé non relu

I.NÏKODL'CTIo.N

La science, on l'étudié peu et mal, mais on l'exploite beaucoup ; on la dénature, on la fausse et on la corrompt, pour l'amener à dire exactement le contraire de ce qu'elle dit quand elle est étudiée sérieusement. Dans le fond, l'on nese soucie pas plus d'elle que de plusieurs autres grandes choses, mais on a besoin de son nom pour en imposer aux naïfs ; les démolisseurs modernes ne montent à l'assaut de'nu'es les croyances respecta/îles et de tous les remparts de l'ordre, qu'en se couvrant d'une épaisse barricade faite d'apparences scientifiques.

Or, la science, comme la vertu, ne serait qu'un mot sur la terre, si Jésus-Christ n'avait envoyé quelques ignorants instruire toutes les nations, et ne leur avait dit: Vous êtes le sel de la terre, vous êtes la lumière du monde. Savants vaniteux et ingrats, inclinez- vous devant les disciples du Christ. Ils sont le sel qui empêche votre monde de se corrompre, ils sont la lumière qui seule empêche votre soi-disant siècle des lumières de rouler dans une nuit complété.

scientifique. Toulesles erreurs, ob?erve judicieusement M. Chesnelong, qui dit par euphémisme « manifestations de la puissance rationaliste» ; — u Toutes ont pris de fausses tnseignes. Le protestantisme s'appela réforme; le jansénisme s'appela moiale; le philosopliisme s'appela raison et tolérance; le jacobinisme lui-même s'appela émancipation et progrès; le rationalisme, hier encore, s'appelait liberté, absolument comme de nos jours le matérialisme s'appelle la science, et comme la négation athée s'appelle la libre-pensée. » (Discours de M. Chesnelong au Cercle Calbohque du Luxembourg, le 5 février 1S77, première partie.)

iV -NTRODUCTION.

Toutes les forces catholiques doivent s'unir pour repousser les attaques de la fausse science. Mais sur quel terrain peut se faire l'union ?

Nous n'hésitons pas à répondre : Sur le terrain du Syllabus (1).

Eh quoi ! n'est-ce pas le Syllabus qui nous divise ? n'est-ce pas lui qui met aux prises ces deux partis catholiques appelés les ultramontains et les libéraux ?

Oui, le Syllabus a divisé quelque chose; et c'est précisément pour cela qu'il peut nous unir. Il a divisé l'erreur d'avec la vérité, les cœurs droits d'avec les tortueux, la nuit d'avec le jour, l'esprit de Dieu d'avec l'esprit du siècle, les théories changeantes d'avec les éternels principes. Il est la ligne de démarcation entre la

(i) M. Chesnelong le disait avec son éloquence entraînante, au congrès catholique de Lille, séance du 19 novembre 1876. 11 montrait que le Pontite n'a rien ordonné de nouveau, mais seulement rappelé et précisé le droit intégral de la vérité immuable. — « Et alors des voix rares et tristement isolées ont été entendues qui disaient : Celte parole est dure ; nous ne pouvons l'accepter. Mais de tous les cœurs fidèles, quelles qu'eussent été les erreurs inconscientes de la veille, est sortie cette acclamation : Rome a parlé, la cause est finie ; nous

sommes catholiques jusqu'au Syllabus Le SyLabus n'est pas une

nouveauté ; c'est, si je puis ainsi dire, une codification d'erreurs toujours condamnées par l'Eglise. »

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cité de Dieu et la cité du monde. Or, quels sont les catholiques qui renonceraient à leurs droits dans la cité de Dieu, pour mendier une part d'héritage dans la cité du monde? Quels sont les catholiques qui, sciemment et avec réflexion, suivraient encore l'erreur, en tournant le dos à la vérité connue et proclamée?

Tant que le jugement infaillible de l'Église n'était pas intervenu, des opinions diverses pouvaient se produire et se soutenir de bonne foi; In dubiis Ubertas. C'est pour les examiner que le concile du Vatican s'est réuni. Là encore, en plein concile, elles ont pu légitimement se défendre ; elles n'ont manqué ni d'organes;, ni de talent, ni de liberté. Opinions libres à l'ouverture de ce jugement solennel où l'Esprit-Saint lui-même prononce, elles sont devenues erreurs parla sentence qui les condamne. Leurs partisans ne sont plus admissibles à nous dire : In dubiis Ubertas, car le cloute a été remplacé par la certitude. Ils doivent dire avec nous : Innecessariis imitas; .et eux et nous, jamais il ne nous est permis de négliger la dernière parole: In omnibus charitas (1).

L'esprit de parti pris n'entre pas dans l'esprit catho-

(1) Je cite cet adage sans lui accorder plus de confiance qu'il n'en mérite. Naguère, dans une lettre adressée au rédacteur en chef de l'Univers et publiée par ce journal le 7 janvier 1877, le regretté Mêr Nardi observait que ce texte ne se trouve pas dans les œuvres f/éninn,KS de saint Augustin, qu'on les doit à un controversiste allemand du temps de la Réforme, et qu'il faut faire des réserves sur le mot In dubiis Ubertas. Quant à la charitas, ajoute-t-il, « jamais je ne vis personnages plus avares de celte charité que ceux qui prétendent en avoir le monopole. »

INTRODUCTION-

lique, Toute intelligence peut se tromper, aucune n'a le droit (Je persister dans l'erreur reconnue. Nous sommes tous amis de la vu: il "■ ; seulement ce que les uns disaient vérité, d'autres le croyaient erreur. QuepouYioas-aous, i;::.' (j ^ms-nous faire? Prêter l'oreille à la voix d; l'Église qui ne se trompe jamais. Cetio voix s'o.< fait entend;',', disant ; M Vérité que tous vous cherchez, la voici ! Vous, mes enfants que l'on appelle uKramontains, elle était déjà dans vos esprits; rendez grâces à Dieu qui vous l'avait d gp travail d.' y (Jre part. Vous, mes

enfants que l'on appelait libéraux, elle entre aujourd'hui dans vos esprits pour les délivrer de quelques opinions erronées; rendez grâces à Dieu de vous avoir éclairés. Et ainsi tous, ceux qui l'ont apprise comme ceux qui la connaissaient, doivent reconnaissance à Dieu; car tous aujourd'hui, dans une môme lumière de la foi, voient la lumière que Dieu jette sur le monde.

A qui sera le plus grand mérite? Peut-être à ceux qui ont dû modifier leur manière de voir. Ce n'est pas une défaite, au contraire. Comme leurs frères, mais avec un effort de plus, c'est-à-dire avec une victoire et un mérite de plus, ils sont les enfants soumis de l'Église de Dieu. Les résistances doivent avoir cessé, elles ne seraient plus permises. Oui, nous le disons tout haut, bien persuadé que cette parole ne blessera aucun catholique : A l'heure où nous sommes, après le concile du Vatican, après les événements qui l'ont suivi, après la

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lumière qui s'est faite, il ne peut y avoir deux camps parmi nous. Plus de libéraux, plus d'ultramontains, mais des catholiques, seulement des catholiques, donnant leur entière et pleine adhésion à tous les enseignements du Syllàbus. Pour moi, je le dis sans détour, si j'avais le malheur de ne pas admettre le Syllàbus et toutes les définitions doctrinales du Saint-Siège, je me dirais en gémissant: J'ai fait naufrage dans la foi. Je ne sais si je mérite la qualification équivoque de libéral ; mais ce que je ne sais que trop, hélas ! c'est que je ne mérite plus le titre de catholique.

Au reste, les attaques de nos adversaires nous indiquent clairement sur quel point doit porter la défense. Qu'attaquent-ils tous les jours, avec toutes sortes d'armes, sinon le Syllàbus'! Lisez leurs journaux, entendez leurs discours : des diatribes enragées contre le Syllàbus. Ils ne le connaissent pas, ils ne l'ont jamais lu, plusieurs d'entre eux ne le comprendraient pas (1) ; n'im-

(i) Même quelques-uns de leurs plus forls. Quand parut le Syllàbus, i! fut traduit par les journaux ainsi que l'Encyclique dont il était pré-

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porte, c'est sur lui qu'ils dirigent leurs coups les plus violents. Ils en parlent avec d'autant plus d'assurance qu'ils n'en savent pas le premier mot.

Même à la tribune de la Chambre des députés, la guerre fut plus d'une fois déclarée au Syllabus. Les orateurs de la gauche, pour ne pas trop blesser les sentiments intimes dupays, déclarent hypocritement qu'ils respectent le catholicisme, « qu'il n'y a pas, dans la majorité républicaine, un seul ennemi du catholicisme, » (C'est vrai ! très-bien ! à gauche) ; mais que, s'ils sont déterminés à ne pas être les ennemis du catholicisme et de la religion, « ils sont en même temps bien décidés et fermement résolus à être les adversaires énergiques de l'empiétement du cléricalisme sur le domaine de l'État (1) » .

cédé. Or Mg' Dupanloup affirme avoir compté, dans la traduction donnée par le Journal des Débals, plus de so'X mte-dix contre-sens.

Autre bévue républicaine, relevée par l'Univers du S janvier 1877. Un M. Julien Lemer venait de publier un livre peu dangereux, intitulé : Dossier des Jésuites et des libertés de l'Eglise Anglicane. C'est la reproduction des Mjnila sécréta et autres documents apocryphes qui traînent depuis un siècle dans la basse littérature. Ce pourfendeur de Jésuites ne pouvait mieux faire que d'exécuter une charge contre le Syllabus. Donc, à la fin de son volume, il reproduit, dit-il, « le fameux Résumé renfermant les principales erreurs de notre temps, qui sont signalées dans les allocutions consistonales, encycliques et autres lettres apostoliques de N. T. S. P. le pape Pie IX. » — 11 continue : « Nous nous abstenons d'y ajouter le Syllabus. dont les doctrines sont dans toutes les mémoires, dont le texte est dans toutes les mains. » — Il ne se doute pas que le Syllabus et le fameux liésumé sont une même chose!... La distraction est si forte, que la République Française elle-même s'en est aperçue et la reproche d'un ton rogue au savant ennemi des Jésuites. Pour sur, il se corrigera dans une seconde édition, si son livre n'est pas enterré dès la première.

(1) Journal officiel du 14 juillet 1476; Discours de M. Edmond Turquet, défendant son rapport sur (Usez contre) l'élection de M. le comte de Mun, qui s'était donné franchement pour le candidat du Syllabus.

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Le cléricalisme énergiquement combattu, le catholicisme respecté et sans doute pratiqué, on sait ce que cela veut dire. Et les mêmes adversaires ne s'en cachent pas. Ils prennent, disent-ils, la défense de Dieu contre le Syllabus.

L'auteur de cette trouvaille mérite de passera la postérité. Il se nomme M. Henri de Lacretelle. C'est en pleine Chambre des députés, dans la mémorable séance du 7 avril 1876, que ce trait de génie lui est venu.

Il s'agissait de la validation, disons mieux, de l'invalidation de l'élection conservatrice de M. Chesnelong. Élection odieusement viciée par la pression cléricale, disaient en se signant les très-innocentes gauches. M. Chesnelong montrait que le clergé est assez menacé par les programmes républicains pour avoir le droit de s'émouvoir et de se défendre. « Dans ces programmes vous demandez la séparation de l'Église et de l'État, ou, pour parler sans euphémisme, la suppression du budget des cultes. Vous demandez l'instruction laïque, c'est-àdire, pour parler net, l'exclusion des congrégations religieuses de l'éducation publique et l'exclusion de renseignement religieux des écoles publiques. Vous demandez le service obligatoire sans exception d'aucune sorte, c'est-à-dire, pour parler clair, sans exception pour

les jeunes séminaristes Attaquez-vous, oui ou non,

la religion? »

C'est pendant que l'orateur catholique flagellait ainsi

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les républicains, en leur prouvant que la persécution religieuse est contenue clans chaque article de leur programme, que M. Henri de Lacre telle poussa cette interruption superbement sotte : « Nous défendons Dieu contre le Syllabusttt »

L'honorable M. Chesnelong, comme chacun sait, fut invalidé par la majorité républicaine, qui craignait sans doute que ce partisan de l'impie Syllabus ne manquât de respect à Dieu dans la dévote assemblée.

Le Syllabus est l'épouvante de nos ennemis; c'est assez dire qu'il est notre force, N'a-t-il pas été une force invincible pour ce jeune orateur catholique qui s'est posé nettement, devant la Chambre et devant la France, corn m 6 le soldat du Syllabus? M. de Mun, je le sais, est armé 'd'une force personnelle, celle de son talent. Mais qui ne voit que ce talent, si beau et si brillant qu'il soit, n'eût pas jeté de si vives alarmes dans le camp des radicaux, s'il ne s'était consacré à la défense du droit de Dieu? Le député catholique, champion intrépide du droit de Dieu, a conquis d'unanimes suffrages ; amis et ennemis se sont écriés d'une seule voix : Cet homme est une force, parce qu'il croit et ne craint point de confesser sa foi.

Groupons-nous autour du Syllabus l Qu'il soit le guidon de toutes lésâmes militantes de l'Église 1

A ceux qui trouveraient cette union impossible, chimérique, nous répondrons : Bien loin d'être impossible et chimérique, elle est plus qu'à moitié faite. Nous sommes

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d'accord sur presque tous les points, et il est à peine concevable que nous ne soyons pas d'accord absolument sur tous, étant tous catholiques.

S'il reste quelque chose à faire, nous le ferons. Il ne s'agit pour personne de sacrifier des principes, mais simplement de nous défaire de quelques opinions erronées. Le Souverain Pontife (1) nous trace admirablement notre ligne de conduite. Méditons ces graves et nobles paroles :

« Je vous bénis, disait Pie IX aux pèlerins français agenouillés îi ses pieds ; je vous bénis, ô très-chers fils, et avec vous je bénis la France ; je bénis ses familles, ses cités, ses provinces, le royaume, afin que dans l'union, dans la concorde et dans l'abnégation de certaines opinions particulières, ennemies du commun triomphe, tous les peuples de ce noble pays se pressent en une belle harmonie pour soutenir les intérêts de l'Église et de la patrie. Il n'est point vrai que la diversité des caractères et des tempéraments puisse être un obstacle à l'union.

« Vous vous souvenez du char mystérieux vu par Ézéchiel, traîné par quatre animaux différents : la férocité du lion marchait en accord avec la raison de l'homme, l'agilité de l'aigle avec la lenteur du bœuf. De telles différences de nature n'étaient point un obstacle à l'unité, à l'accord du pas que tous faisaient ensemble.

(1) Allocution en réponse à l'adresse lue par Mer l'archevêque de Toulouse. Elle a été traduite par Y Univers du 5 mai 1876.

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« Malheur si quelqu'un de ces animaux eût voulu tirer le char conformément à sa propre humeur ! Mais le char marchait régulièrement, parce qu'il était guidé et dirigé par Dieu. Que tous donc, humiliés aux pieds du Seigneur, sacrifient devant lui leurs propres opinions. Alors il inspirera leurs conseils et les guidera à une bonne fin. »

C'est pour aider à cette union si désirable et si nécessaire, que nous publions cette étude sur le Syllabus pontifical, universellement connu de nom, presque universellement ignoré dans sa teneur. Le temps nous semble venu, où bien des malentendus peuvent disparaître devant une explication méthodique, courte, claire, sans autre passion que celle de la vérité, en dehors de tout parti purement politique et de toute question purement personnelle.

Nous offrons notre travail à tous les catholiques, de quelque nuance qu'ils se disent, si toutefois l'on peut admettre des nuances parmi les adhérents d'une même croyance divinement révélée. Nous rappelons à tous que le Syllabus jouit dans l'Église d'une autorité irréfragable,

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absolument indiscutable : non-seulement parce que c'est un acte solennel du suprême Pasteur enseignant toutes les brebis du Christ, mais aussi parce que le Syllabus lui-même et tous les documents pontificaux dont il est le résumé ont reçu la sanction et l'approbation du concile général du Vatican. En effet, que l'on ne perde pas de vue ces dernières paroles de la Constitution dogmatique sur la Foi catholique, publiée dans la troisième session de la sainte Assemblée :

« Comme il ne suffit pas d'éviter la corruption de l'hé- « résie, si l'on ne met un soin égal à fuir les erreurs qui « s'en rapprochent plus ou moins; nous avertissons tous « les fidèles d'observer aussi les Constitutions et Décrets. « par lesquels les funestes opinions de ce genre, qui ne « sont pas expressément énumérées ici, ont été proscrites « et condamnées par ce Saint-Siège. »

Notre travail s'adresse en même temps à nos adversaires de bonne foi. Qu'ils veuillent bien prendre la peine d'étudier les doctrines du Syllabus dans le sens catholique ; ils les trouveront non-seulement admissibles, mais souverainement raisonnables, opportunes à l'état de nos sociétés chancelantes, nécessaires au rétablissement de l'ordre et de la sécurité même matérielle.

Quant aux esprits égarés. qui aiment leurs égarements et ne cherchent qu'à égarer les peuples, nous n'écrivons pas pour eux, mais contre eux. Ils ont des yeux pour ne point voir, des oreilles pour ne point entendre. Il y a

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longtemps qu'un Apôtre les a dépeints comme des hommes habitués à blasphémer ce qu'ils ignorent: Quœcumque ignorant, blasphémant (Épître de S. Jude, vers. 10). Qu'ils restent dans leur ignorance et dans leurs blasphèmes. Qu'ils vomissent leurs confusions comme une vile écume, dit le même Apôtre; ils ne seront toujours que des nuées sans eau, emportées par les vents; des arbres d'automne stériles, deux fois morts, et déracinés; des flots furieux, des astres errants : à qui est réservée V étemelle tempête des ténèbres.

Aux amis et aux ennemis nous présenterons une doctrine tout à fait catholique, et par conséquent tout à fait romaine. Suivant pied à {YiedleSyllabus, dans son esprit et dans sa lettre, nous aurons autant de chapitres qu'il a de paragraphes, et pour les développements nous puiserons sans cesse dans les documents pontificaux, auxquels il renvoie et dont il est le résumé fidèle. Tout notre désir est de l'entendre comme Rome l'entend, d'y voir ce que Rome a voulu y mettre, rien que ce qu'elle a voulu y mettre, tout ce qu'elle a voulu y mettre. Nous sommes catholique comme le pape, ni plus ni moins.

Et en faisant tout haut cette profession de foi romaine, nous ne donnons à personne le droit de suspecter notre patriotisme. Les consciences catholiques prennent leur mot d'ordre à Rome, parce que Jésus-Christ veut qu'elles le prennent à Rome. Rome est la ville où Dieu réside visiblement dans la personne de son Vicaire ; puisque

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c'est là qu'il parle, c'est là apparemment qu'il veut être écouté.

Par suite de cette disposition divine, Rome est devenue pour tous les catholiques la patrie spirituelle, sans que leurs sentiments pour la patrie temporelle en soient affaiblis. Il y a entre les révolutionnaires et nous cette différence, qu'ils n'ont point de patrie et que nous en avons deux. Nous, catholiques français, nous devons à l'Église la vie de nos âmes, à la France la vie de nos corps. Nos corps et nos âmes sont tellement unis que la mort seule les sépare ; ainsi nos deux patries s'unissent en un même amour non moins fort que la mort.

C'est le lieu de rappeler cette épitaphe touchante, qui se lit à Rome, sur le mont Gelius, dans un coin du cloître de Saint Grégoire-le-Grand :

« Gi-git Robert Pechain, Anglais catholique. Il a quitté sa patrie, ne pouvant supporter d'y vivre sans la foi. Venu à Rome, il y est mort, ne pouvant supporter d'y vivre sans sa patrie. »

Nous sommes comme cet Anglais. Nous aimons la France, et nous aimons Rome. Vous nous faites un crime d'aimer Rome? Aveugles, qui ne voyez pas que notre amour de Rome agrandit et consacre notre amour de la France!

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